JEAN-MARC PARENT GRI­SÉ PAR L’AMOUR DU PU­BLIC

Le Journal de Quebec - Weekend - - LE QUÉBEC N’A JAMAIS AUTANT RI - Agnès Gau­det

MON­TRÉAL | En moins de six mois, 108 000 billets du spec­tacle Tor­ture, de Jean-marc Parent ont trou­vé pre­neurs, un ex­ploit rare qui est très ras­su­rant pour l’hu­mo­riste qui exerce son mé­tier de­puis 24 ans.

Pour cer­tains, ces 108 000 billets ne sont que des chiffres. Pour Jean-marc Parent, grand in­sé­cure de­vant l’éter­nel, ces don­nées sont plu­tôt un beau gros ca­deau.

« Il y a 24 ans qu’on fait ça, dit-il, et après tous ces spec­tacles qu’on a pré­sen­tés, comme le mé­ga show au Fo­rum de Mon­tréal avec ses cinq vans de ma­té­riel, des af­faires de fous et même un show à la chan­delle. Après être pas­sé d’un ex­trême à l’autre, les gens se dé­placent en­core pour ve­nir nous voir. C’est très ras­su­rant et gri­sant de sa­voir, qu’à notre âge, on a en­core sa place sur la plate-forme. »

On est loin des 18000 billets ven­dus en 24 heures en 1993 pour ce show du Fo­rum. Loin des quelque 20 ou 30 000 per­sonnes qui se dé­pla­çaient spon­ta­né­ment après l’émis­sion L’heure JPM, dif­fu­sée à TQS, pour re­joindre l’ani­ma­teur à un en­droit pré­cis dans un coin du Qué­bec, loin de mil­liers de per­sonnes qui fla­shaient leurs lu­mières quand l’ani­ma­teur leur de­man­dait. Mais le phé­no­mène Jean-marc Parent dé­place tou­jours les foules, deux mil­lions de per­sonnes au to­tal en car­rière, et la ten­dance se main­tient.

L’AU­TO PLUS FRA­GILE

Au­jourd’hui Jean-marc Parent y va un peu plus mol­lo. Fi­ni les se­maines sur­char­gées de trop de re­pré­sen­ta­tions qui l’ex­té­nuaient. À 49 ans, l’hu­mo­riste a ap­pris.

« Qua­rante-neuf ans, c’est en­core tout jeune, dit-il, mais quand j’ai fait un in­farc­tus (il y a quatre ans)... Au­jourd’hui, je suis plus pru­dent et mes va­leurs sont ré­ali­gnées. C’est comme une course. On sait qu’on peut la ga­gner, mais on sait aus­si que l’au­to est plus fra­gile et on pla­ni­fie mieux, on se fie moins au ha­sard. »

Jean-marc Parent adore ce qu’il fait et il se dit content que les gens ap­pré­cient. Mais il n’ou­blie pas de vivre. Avec l’équipe de Juste pour rire, l’hu­mo­riste s’est en­ten­du pour don­ner trois shows par se­maine, pas plus.

« C’est ten­tant, dit-il. Mais on ré­siste. À la place, on ajou­te­ra un an de plus à la tour­née, si les gens ont en­core le goût de ve­nir voir le spec­tacle. Comme ça, on va mieux res­pi­rer et chaque fois que je vais mon­ter sur scène, je vais avoir vrai­ment hâte. »

PEUR DE PERDRE CHAN­TAL

Cette phi­lo­so­phie, Jean-marc Parent l’en­ra­cine de plus en plus en vieillis­sant. Et les épreuves viennent le confor­ter dans ses pen­sées. Les ré­cents en­nuis de san­té de sa gé­rante et amie Chan­tal Bris­son (46 ans), vic­time de deux « mi­ni ACV », en sont un exemple.

« J’ai dé­cou­vert que Chan­tal était à l’hô­pi­tal, au beau mi­lieu de la nuit, ra­conte Jean-marc, un hy­po­con­driaque as­su­mé. J’ai ré­veillé ma blonde. Je hur­lais. C’était tel­le­ment pa­ni­quant. Mais Chan­tal dans sa mal­chance a été chan­ceuse. À part sa vue qui est en­core brouillée, elle va bien.

« Chan­tal est ma de­mi-soeur, ma meilleure amie, pour­suit-il. On a très peu de vrais proches dans la vie, une poi­gnée tout au plus, un pe­tit cercle d’amis. Chan­tal, ma blonde, mes deux soeurs et quelques amis en font par­tie. »

Quand l’in­ci­dent s’est pro­duit, JeanMarc Parent a sau­té sur son or­di et twit­té plein de mes­sages. Lui qui est sui­vi par 13 000 per­sonnes a vite re­çu des tonnes de mes­sages d’en­cou­ra­ge­ment en re­tour.

« J’étais en mor­ceau, ad­met-il, je pleu­rais. Je me suis confié comme si j’étais juste dans ma cui­sine, en ou­bliant qu’avec le re

bound de Twit­ter, c’est toute la mai­son qui m’en­ten­dait. Plus tard, j’ai eu des doutes, mais quand j’ai vu toute la dou­ceur qui me re­ve­nait en twitt, je n’ai pas re­gret­té. C’était comme une belle cou­verte chaude pour re­cou­vrir Chan­tal. » √ Jean-marc Parent pré­sen­te­ra son spec­tacle Tor­ture jus­qu’au 22 dé­cembre, juste à temps pour les ca­deaux de Noël. Il re­pren­dra sa tour­née à la fin du mois d’avril. √ Des sup­plé­men­taires ont été ajou­tées les 11, 12 et 13 oc­tobre 2012, au Théâtre Saint-de­nis. Pour toutes les dates, voir

jean­marc­parent.com ou sui­vez-le sur Twit­ter et Fa­ce­book. √ Tous les étés, Jean-marc Parent donne aus­si un spec­tacle évé­ne­ment avec le Mer­cedes band qui exige qu’il pré­pare un autre cinq heures de ma­té­riel in­édit.

SPEC­TACLE

TOR­TURE Jean-marc Parent pré­sen­tait son billet pla­tine aux mé­dias cette se­maine pour ses 100 000 billets ven­dus.

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