Dis-moi ton Klout, je te di­rai qui tu es

Le Journal de Quebec - Weekend - - PLANÈTE WEB » » » - Ta­my Em­ma Pe­pin tamyemma.pe­pin@jour­nalmtl.com

Il y a un an et de­mi, je re­ce­vais un cour­riel de Vir­gin Air­lines m’of­frant un billet d’avion pour es­sayer leur nou­veau ser­vice de Toronto à la Ca­li­for­nie. Vous avez été sé­lec­tion­née à cause de votre « Klout », m’avait-on dit. Mon quoi ?

Klout.com est un ou­til qui me­sure votre in­fluence sur les ré­seaux so­ciaux. À l’aide de dif­fé­rentes va­riantes, telle que votre ca­pa­ci­té à sus­ci­ter des ac­tions au­près de vos amis/ abon­nés (ret­weets, com­men­taires, like, liens par­ta­gés), on vous donne un score sur 100. Plus le chiffre est éle­vé, plus vous êtes ju­gé in­fluent.

La se­maine der­nière, le New York Times pu­bliait un ar­ticle af­fir­mant que ce ser­vice avait créé un nou­veau type de VIP aux États-unis. De plus en plus, lors de soi­rées mon­daines, les or­ga­ni­sa­teurs uti­lisent Klout pour sé­lec­tion­ner leurs in­vi­tés. Comme cette sty­liste, Lau­ren Rae Le­vy, qui de­man­dait aux blo­gueurs un score de plus de 50 points afin d’ac­cé­der à son évé­ne­ment au Lin­coln Cen­ter. « Le sta­tut a long­temps été ba­sé sur l’ap­pa­rence, l’ar­gent et la no­to­rié­té, mais les mé­dias so­ciaux sont un nou­veau cri­tère, et Klout es­saie de me­su­rer cette nou­velle forme d’in­fluence de fa­çon claire et quan­ti­fiable », écrit la jour­na­liste Beth Land­man.

Au Qué­bec, tou­te­fois, il semble que nous quan­ti­fions en­core le suc­cès d’un uti­li­sa­teur se­lon son nombre d’abon­nés. Une me­sure qui, sou­vent, ne veut rien dire. Je m’ex­plique. En oc­tobre der­nier, Le De­voir pu­bliait un ar­ticle énu­mé­rant le nombre d’abon­nés de plu­sieurs jour­na­listes, un exer­cice aus­si pé­nible à lire que d’écou­ter une bande de mecs se ra­con­ter le nombre de filles avec qui ils ont cou­ché. On s’en fout. Ce n’est pas la quan­ti­té qui fait qu’on soit bon au lit – ou sur Twit­ter.

Le De­voir sou­ligne évi­dem­ment le compte de Do­mi­nic Ar­pin, pre­mier jour­na­liste qué­bé­cois à fran­chir le cap des 100 000 abon­nés. Se­lon une des me­sures de Klout, le « true reach », c’est-à-dire la vé­ri­table por­tée du même compte, se­rait de 5 700 per­sonnes, pour un score de 58. En guise de comparaison, Guy A Le­page, avec ses 77 000 abon­nés, in­fluen­ce­rait 18 000 per­sonnes pour un score de 66. Et Ma­rieA­nik Bois­vert, une pro du ré­seau­tage qui voit son conte­nu re­pu­blié bien au-de­là de son propre cercle, re­joint 13 000 per­sonnes alors qu’elle ne pos­sède pour­tant que 6 000 abon­nés. Son score est de 69. Le nombre d’abon­nés, preuve d’in­fluence ? Ab­so­lu­ment pas.

De­puis quelques mois, Klout tra­vaille fort à amé­lio­rer son al­go­rithme pour of­frir des ré­sul­tats de plus en plus pré­cis. Me­su­rer l’in­fluence (et en­tre­te­nir l’ego des in­ter­nautes), ça paie !

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