L’AC­TUA­LI­TÉ VUE PAR GUY NAN­TEL

Le Journal de Quebec - Weekend - - LE QUÉBEC N’A JAMAIS AUTANT RI -

Que penses-tu de la nou­velle, et of­fi­cielle, com­mis­sion sur la cons­truc­tion ?

« Ce qui me choque, c’est plu­tôt comment on en est ar­ri­vé à avoir cette com­mis­sion-là. Au dé­but, on a dit qu’il n’y en au­rait pas, puis on a ac­cep­té d’en faire une, qui n’en était pas. Et là, on en fait une, fi­na­le­ment. Ça me dé­range qu’on n’ait pas été ca­pable de ré­agir en bon père de fa­mille en di­sant qu’il y avait de la cor­rup­tion par­tout. Ça donne aus­si l’illu­sion, tant qu’il n’y a pas de preuve, que les li­bé­raux ont de quoi à ca­cher, qu’ils ont des liens là-de­dans. S’ils n’ont rien à ca­cher, pour­quoi tant de re­te­nue ? » Es-tu sa­tis­fait du tra­vail de Jean Cha­rest pré­sen­te­ment ?

« La cap­sule que j’ai faite sur In­ter­net avec Mike Ward et Jean-fran­çois Mer­cier ré­sume as­sez bien la ques­tion. Je trouve que c’est un gou­ver­ne­ment qui marche tout le temps à re­cu­lons. On l’a vu avec le Su­roît, l’his­toire du fi­nan­ce­ment des écoles juives, le mont Or­ford, les gaz de schiste. C’est tou­jours comme ça. Si per­sonne ne dit rien, ça com­mence par­fois à res­sem­bler à une ré­pu­blique de ba­nanes. » Qui se­rait le meilleur rem­pla­çant pour lui ?

« C’est très dif­fi­cile de ré­pondre. Pau­line Ma­rois, comme 95 % du monde, je n’y crois pas. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas un bon pro­gramme au Par­ti qué­bé­cois, mais il y a de quoi avec le ve­det­ta­riat, en po­li­tique. Ça passe ou pas. Et dans le cas de Pau­line Ma­rois, ça ne passe pas. Peu­têtre parce qu’elle es­saie de jouer la carte du fait qu’elle est près du peuple, alors qu’on sait très bien qu’elle n’a pas les moyens de mon­sieur­ma­dame-tout-le-monde. Fran­çois Le­gault, on va don­ner la chance au cou­reur. En même temps, c’est un homme de droite, pas de gauche, comme il es­saie par­fois de faire croire. C’est un homme qui était là dans les mo­ments les

plus à droite du Par­ti qué­bé­cois.

Je ne vois rien en ce mo­ment qui me donne un cou­rant d’es­poir. Il n’existe pas de par­ti de centre gauche qui ne soit pas axé sur la sou­ve­rai­ne­té. »

Que penses-tu des in­di­gnés d’oc­cu­pons Mon­tréal ?

« Je suis bien d’ac­cord avec ça. Je se­rai tou­jours en ac­cord avec les mou­ve­ments spon­ta­nés de la po­pu­la­tion quand il y a un abus, un dé­bor­de­ment de la part du pou­voir. Le monde est écoeu­ré, tan­né. Même si tu tra­vailles 50 heures par se­maine, tu n’ar­rives plus. Il y a comme un écoeu­re­ment. À un mo­ment don­né, la seule arme qui reste au peuple, c’est de se réunir et de ma­ni­fes­ter de­hors. Si on leur em­pêche

ça, on leur laisse quoi ? »

Es-tu d’ac­cord avec les po­li­tiques sur la cir­cu­la­tion du maire du Pla­teau Mont-royal, Luc Fer­ran­dez ?

« J’ha­bite sur le Pla­teau et je trouve ça ri­di­cule et ab­surde de vou­loir être le maire d’un quar­tier au centre-ville de la ville la plus po­pu­leuse au Qué­bec et être contre les voi­tures. Il y a tel­le­ment de belles terres au Qué­bec qui sont ab­so­lu­ment libres de cir­cu­la­tion, il n’a qu’à s’en par­tir une ! Dans le quar­tier, j’ai vu au moins deux res­tau­rants de­voir fer­mer à cause des nou­velles po­li­tiques. Ce­la a un ef­fet di­rect sur les com­mer­çants. Per­son­nel­le­ment, je vais main­te­nant plus sou­vent au Dix30 voir un spec­tacle qu’au

PAU­LINE MA­ROIS, COMME95%

DU MONDE,JEN’Y CROIS­PAS.»

centre-ville. Je fais 15 mi­nutes de char et je me sta­tionne gra­tui­te­ment de­vant le théâtre. Le maire est com­plè­te­ment dé­pha­sé de la réa­li­té du monde. J’ai l’im­pres­sion qu’il est un peu en dé­fi­cit d’at­ten­tion mé­dia­tique. »

Trouves-tu que le maire de Mon­tréal, Gé­rald Trem­blay, fait un bon bou­lot ?

« Le tra­vail de maire n’est pas fa­cile. Je ne suis pas ce­lui qui condamne le maire Trem­blay pour tous les maux de la ville. Ce qui me dé­range, c’est qu’il dit tou­jours que tout va bien. Il y a un lais­ser-al­ler dans son cas. Tout n’est pas par­fait à Mon­tréal. »

Es-tu ja­loux de la ville de Qué­bec et de son maire Ré­gis La­beaume ?

« Ha­ha ! Pas du tout. Il faut faire une dis­tinc­tion entre le per­son­nage mé­dia­tique et la ca­pa­ci­té de pou­voir gé­rer une ville. Il faut se mé­fier du fait que quel­qu’un puisse être très po­pu­laire au­près de la po­pu­la­tion. La­beaume a sû­re­ment été bon pour le 400e de Qué­bec. Par contre, si on parle des Nor­diques et du fait que le gou­ver­ne­ment veut sub­ven­tion­ner à 50 % l’achat d’un Co­li­sée, je pense que la moi­tié de l’équipe de­vrait ap­par­te­nir aux ci­toyens du Qué­bec. On de­vrait avoir des ac­tions et quand ce se­ra re­ven­du, on au­ra des re­de­vances. »

Qu’est-ce qui va bien dans la so­cié­té pré­sen­te­ment ?

« Il y a plein de choses. Quand tu voyages à l’étran­ger, tu te com­pares et tu te consoles en mau­dit. Mais ce n’est pas parce que ça va re­la­ti­ve­ment bien, que les gens ont de quoi man­ger et qu’ils ont un toit que c’est une rai­son pour s’en conten­ter. Si­non, cette es­pèce de laxisme là va faire en sorte qu’il y a des gens qui vont vou­loir en abu­ser et prendre le pou­voir. Il faut ré­agir, il faut s’in­di­gner, ne pas se gê­ner. »

Le DVD de Guy Nan­tel,

La ré­forme Nan­tel est ac­tuel­le­ment sur le mar­ché.

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