« Ce disque fait par­tie de moi »

MON­TRÉAL | Qui dit mé­tal dit brut, froid et lourd, mais peut éga­le­ment dire pré­cieux et inal­té­rable. En écou­tant le plus ré­cent opus de la chan­teuse ca­na­dienne Feist, Me­tals, on réa­lise ra­pi­de­ment que der­rière son am­biance plus sombre se cachent des chans

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Va­nes­sa Gui­mond

C’est une Les­lie Feist en forme et se­reine qui a ac­cep­té d’ac­cor­der une en­tre­vue au Jour­nal afin de dis­cu­ter des chan­sons qu’elle pré­sen­te­ra sur la scène du Mé­tro­po­lis et du Grand Théâtre de Qué­bec, les 3 et 6 dé­cembre pro­chain.

« J’ai com­men­cé à tra­vailler sur l’al­bum à la fin de l’été, l’an der­nier. J’ai sen­ti qu’il fal­lait que je me re­mette à écrire. Je me suis donc créé un pe­tit es­pace, à l’ex­té­rieur de chez moi, pour pou­voir com­po­ser, a-t-elle ra­con­té. En fait, je suis de­ve­nue cu­rieuse à nou­veau. »

Cette dé­cla­ra­tion n’a rien de ba­nal pour Feist, puisque ce n’est qu’après plu­sieurs mois de pause que la chan­teuse a re­trou­vé l’en­vie de la mu­sique, elle qui a frô­lé l’épui­se­ment à la suite de sa tour­née The

Re­min­der.

« Je pense que je de­vais prendre du temps pour moi. Je sou­hai­tais me­ner une vie nor­male, ne se­rait-ce que pour un mo­ment, a-t-elle ex­pli­qué. J’ai donc pris du temps pour m’éloi­gner de cette autre par­tie de moi, celle qui est connue du pu­blic. »

Cette pé­riode pas­sée loin des pro­jec­teurs a per­mis à la mu­si­cienne d’avoir un cer­tain re­cul par rap­port à son art et à ses en­vies : « Ce qui m’a per­mis de re­com­men­cer à écrire, c’est le fait que je me sen­tais as­sez seule avec moi-même pour être ins­pi­rée. Je de­vais res­sen­tir cette forme de li­ber­té et de so­li­tude, au­tour de moi, pour pou­voir m’y re­mettre. »

PLUS SOMBRE

Avec Me­tals, pa­ru en oc­tobre, Feist signe un al­bum à la fois pro­fond et lé­ger, un disque au­quel elle se dit très at­ta­chée.

« C’est un al­bum qui est très près de moi. J’ai l’im­pres­sion d’être à la mai­son, quand je chante ces chan­sons, a-t-elle ex­pli­qué. C’est très gra­ti­fiant de consta­ter que je suis ca­pable de créer des chan­sons aux­quelles je crois vrai­ment. Ce disque fait par­tie de moi, main­te­nant. »

Quant au fait que Me­tals ait été dé­crit par plu­sieurs comme étant moins ac­ces­sible et plus sombre que The Re­min­der, qui a été pro­pul­sé au som­met après que la chan­son 1234 eut ser­vi de trame so­no- re à une pu­bli­ci­té du géant Apple, Feist se dit d’ac­cord avec ces ob­ser­va­tions.

« Je pense qu’elles sont fon­dées. Les to­na­li­tés, l’ins­tru­men­ta­tion et les mé­lo­dies sont dif­fé­rentes, a-t-elle af­fir­mé. C’est comme lors­qu’on choi­sit la dis­tri­bu­tion d’un film. Il faut te­nir compte de l’his­toire que l’on veut ra­con­ter. Cette fois-ci, l’his­toire était dif­fé­rente de celle ra­con­tée par mon der­nier disque. »

Quant à ses fi­dèles col­la­bo­ra­teurs Mo­cky et Chil­ly Gon­zales, qui ont tra­vaillé sur The Re­min­der (2007), Open Sea­son (2006) et Let It Die (2004), il était hors de ques­tion qu’elle se passe de leurs ser­vices pour la créa­tion de ce nou­vel al­bum.

« Ils sont comme ma fa­mille mu­si­cale. En tour­née, je suis loin d’eux pen­dant un mo­ment, mais lors­qu’on se re­trouve, nous avons l’im­pres­sion de vivre une ex­pé­rience unique. »

SUR SCÈNE

C’est en com­pa­gnie de six mu­si­ciens, dont Charles Spea­rin, son col­lègue du col­lec­tif Bro­ken So­cial Scene, que Feist fou­le­ra les planches du Mé­tro­po­lis et du Grand Théâtre de Qué­bec. La chan­teuse pro­met d’in­ter­pré­ter les chan­sons de

Me­tals, mais éga­le­ment de re­vi­si­ter ses pré­cé­dents al­bums.

« Nous chan­geons notre pro­gramme mu­si­cal à chaque concert, se­lon nos hu­meurs. Par contre, je me concentre tou­jours sur les chan­sons de Me­tals, puisque je les sens en­core très vi­vantes, en moi. »

Et pour ceux qui s’in­ter­ro­geaient à ce su­jet, sa­chez que 1234 fait tou­jours par­tie de son ré­per­toire : « Je ne sens pas le be­soin de l’iso­ler. Pour moi, c’est une chan­son comme les autres. En fait, ce sont les gens qui la per­çoivent dif­fé­rem­ment. »

À en ju­ger par son en­thou­siasme, en en­tre­vue, Feist, qui of­fri­ra des concerts au Mexique, en Aus­tra­lie et en Eu­rope, au cours des pro­chains mois, ne craint plus l’épui­se­ment.

« Je ne suis pas trop in­quiète, a-t-elle as­su­ré. J’ai ap­pris de mes ex­pé­riences pas­sées. » √ Feist se­ra en concert à Mon­tréal, au Mé­tro­po­lis, le 3 dé­cembre. Elle s’ar­rê­te­ra éga­le­ment au Grand Théâtre de Qué­bec le 6 dé­cembre.

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