Tom­ber amou­reux d’une icône

TORONTO | Le réa­li­sa­teur Si­mon Cur­tis a dit qu’il est « tom­bé amou­reux de l’his­toire » dès qu'il en a pris connais­sance. Il n’est pas le seul.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun Agence QMI

L’his­toire en ques­tion est conte­nue dans Une

se­maine avec Ma­ri­lyn, la chro­nique de Co­lin Clark trai­tant de sa courte re­la­tion avec Ma­ri­lyn Mon­roe, à Londres, en 1956.

Cette an­née-là, l’au­teur a tra­vaillé sur le pla­teau du film Le prince et la danseuse, co­mé­die réa­li­sée par Lau­rence Oli­vier et met­tant en ve­dette ce der­nier aux cô­tés de Ma­ri­lyn.

Vul­né­rable, seule, loin de chez elle et ne de­man­dant qu’à être prise au sé­rieux, l’ac­trice est de­ve­nue amie avec Co­lin Clark et a pas­sé une se­maine en sa com­pa­gnie.

Si­mon Cur­tis a réa­li­sé la ver­sion ci­né­ma­to­gra­phique de l’his­toire de Co­lin Clark. « C’est un jeune homme qui ne souhaitait rien d’autre que de tra­vailler dans le ci­né­ma et il a ob­te­nu cette oc­ca­sion en or, a ex­pli­qué le ci­néaste. Puis, il a tou­ché le gros lot quand il est de­ve­nu l’ami de Ma­ri­lyn. »

Si­mon Cur­tis, 51 ans, pro­duit et di­rige des pro­duc­tions pour la té­lé­vi­sion bri­tan­nique de­puis 20 ans.

Da­vid Cop­per­field, La reine vierge et l’ex­cel­lente té­lé­sé­rie Cran­ford fi­gurent par­mi ses réa­li­sa­tions.

Une se­maine avec Ma­ri­lyn est son pre­mier film.

JEU­NESSE ÉTER­NELLE

Une se­maine avec Ma­ri­lyn parle d’en­goue­ment pour une ve­dette, de la ma­nière dont les films sont faits, de la cé­lé­bri­té ain­si que de la quête de la jeu­nesse éter­nelle. C’est un film qui nous plonge éga­le­ment dans l’an­gle­terre qui peine tou­jours à se re­le­ver, plus de 10 ans après la fin de la Deuxième Guerre mon­diale.

« C’est vrai­ment un rêve de­ve­nu réa­li­té, a dit Si­mon Cur­tis à pro­pos de son pre­mier film. Le pu­blic rit en­core plus que je ne l’avais es­pé­ré et, pour­tant, le film est poi­gnant, n’est-ce pas? »

Le réa­li­sa­teur, qui était à Toronto la se­maine der­nière pour pro­mou­voir son long mé­trage, in­di­quait que, pour lui, la Ville Reine est char­gée de sou­ve­nirs. « Mes pa­rents se sont ren­con­trés ici », a-t-il ré­vé­lé, pré­ci­sant que sa mère était sur place et que son père, d’ori­gine bri­tan­nique, avait ame­né la fa­mille puis­qu’il tra­vaillait pour la mai­son d’édi­tion Penguin dans les an­nées 1950. « Toronto était consi­dé­rée comme une ville de

gla­mour à l’époque. Au mo­ment du tour­nage du film Le prince et la danseuse, l’an­gle­terre n’ar­ri­vait pas à se re­le­ver de la guerre. Le ra­tion­ne­ment ve­nait tout juste de prendre fin, [le Ca­na­da] était donc un pays de co­cagne exo­tique. Et tout ce­la est dans L’ADN de ma fa­mille. “Toronto, Toronto!”, j’en­ten­dais ce­la constam­ment. »

SES IN­FLUENCES

De bonne hu­meur, Si­mon Cur­tis a conti­nué ain­si : « Mon père était édi­teur et ma mère psy­chiatre. Pour un réa­li­sa­teur, c’est par­fait d’avoir ces deux in­fluences. » Si­mon Cur­tis, qui est ma­rié à l’ac­trice amé­ri­caine Eli­za­beth Mc­go­vern, sou­li­gnait que la re­cherche ef­fec­tuée pour Une

se­maine avec Ma­ri­lyn a été un tra­vail fas­ci­nant. « Quand nous avons com­men­cé nos re­cherches, ce qui a été par­ti­cu­liè­re­ment gé­nial, c’est que nous avons vite réa­li­sé que cette his­toire a été le tour­nant de la vie de toutes les per­sonnes qu’on voit dans le film.

Plus nous fai­sions des re­cherches, plus le su­jet s’en­ri­chis­sait. »

DANS LES QUAR­TIERS DE MA­RI­LYN

Le ci­néaste a aus­si par­lé du mo­ment où il a mis la main sur une co­pie de la pho­to du jour où Lau­rence Oli­vier et sa femme, Vivien Leigh, ont ren­con­tré Ma­ri­lyn Mon­roe et son ma­ri, le dra­ma­turge Ar­thur Miller. « Ils sont al­lés dans la mai­son où Ma­ri­lyn de­meu­rait en An­gle­terre. Nous avons pu tour­ner dans ces lieux et nous y avons re­créé le lan­gage cor­po­rel du qua­tuor et nous nous sommes te­nus sur le per­ron, de la même ma­nière qu’ils l’avaient fait. »

« Et, évi­dem­ment, quand nous avons tour­né dans les stu­dios Pi­ne­wood, Mi­chelle Williams a eu la même loge que Ma­ri­lyn Mon­roe et se pro­me­nait dans les mêmes cou­loirs. »

Et quand on lui a par­lé de la si­mi­li­tude entre la vie et le film, Si­mon Cur­tis a alors ajou­té : « Don Mur­ray, le der­nier ac­teur vi­vant à avoir tra­vaillé avec Ma­ri­lyn sur Arrêt d’au­to­bus, a vu Une

se­maine avec Ma­ri­lyn trois fois et a tout sim­ple­ment ado­ré le tra­vail de Mi­chelle. »

Et quand on lui a ré­pon­du qu’il s’agis­sait d'une per­for­mance d’ac­trice, Si­mon Cur­tis a lan­cé : « En fait, c’est de l’ex­cellent jeu. »

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