Un coeur d’en­fant!

Il y a quelque chose d’in­trin­sè­que­ment « Mup­pet » chez Ja­son Se­gel. Une ca­rac­té­ris­tique que nous évo­quons ici comme une vé­ri­table qua­li­té, sans contre­dit.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun Agence QMI

Amu­sant, po­si­tif et ap­pa­rem­ment ca­pable de s’émer­veiller comme un en­fant, ce même gars que vous avez vu nu dans Ou­blie Sa­rah Mar­shall est de re­tour au grand écran, ac­com­pa­gné de ses amis les Muppets, dans leur tout nou­veau film qui se­ra en salle dès mer­cre­di.

Se­gel, qui pré­tend que les Muppets ont été son pre­mier vrai contact avec la co­mé­die, a co­écrit ce film dans le­quel il joue aux cô­tés d’amy Adams et de Ch­ris Cooper, en plus d’autres ar­tistes qui font de brèves ap­pa­ri­tions.

L’ac­teur de 31 ans est au som­met de son art. Co­écrire et jouer dans Ou­blie Sa­rah Mar­shall a fait de lui une ve­dette de Hol­ly­wood. Son suc­cès dans la sé­rie té­lé How I Met Your Mo­ther et dans des films comme J’t’aime, mon homme, Dé­tes­table moi et Sale prof, a fait de Ja­son Se­gel l’un des di­plô­més les plus prolifiques de l’école du rire Judd Apa­tow. Dif­fi­cile à croire qu’il n’ar­ri­vait pas à trou­ver de tra­vail il y a de ça quelques an­nées.

Après ses pre­miers suc­cès au pe­tit écran dans Freaks and Geeks, c’est son ta­lent d’au­teur qui a per­mis à Ja­son Se­gel de se tailler une vé­ri­table place dans le monde du ci­né­ma.

Comme si, à 20 ans, il avait sim­ple­ment dé­ci­dé de se mettre à l’écri­ture par pur loi­sir. « En fait, ça a plu­tôt été par né­ces­si­té », a-t-il confié mo­des­te­ment.

« Je n’ar­ri­vais pas à dé­cro­cher les rôles que je vou­lais. Judd Apa­tow m’a alors pris à part et il m’a dit : “Tu n’as pas le pro­fil d’un pre­mier rôle ty­pique.” Non, en fait, je crois que ce qu’il m’a vrai­ment dit, c’est : “T’es un gars vrai­ment bi­zarre”, avant d’ajou­ter : “Tu dois écrire ton propre ma­té­riel, c’est la seule ma­nière d’y ar­ri­ver pour toi puisque per­sonne ne pour­ra te vo­ler les rôles que tu te se­ras toi-même écrits.” »

FA­MILLE D’IN­TEL­LOS

Mal­gré ce pro­fil aty­pique, Se­gel, qui a gran­di à Los An­geles, a dé­mon­tré un vif in­té­rêt pour le jeu, et ce, dès l’école pri­maire. Me­su­rant plus de 1,90 mètre (6 pieds 4 pouces), il a aus­si joué au basketball pen­dant ses an­nées de col­lège. Il a d’ailleurs un ou deux tro­phées qui le prouvent.

« Je viens d’une fa­mille d’in­tel­lec­tuels », a-til sou­li­gné, ajou­tant que ses pa­rents ont ap­prou­vé sa vo­lon­té de de­ve­nir ac­teur alors qu’il avait en­vi­ron 18 ans. « Je crois qu’en rai­son de l’édu­ca­tion que j’ai re­çue, j’ai tou­jours cru que je pou­vais ac­com­plir ce que je vou­lais. Et je ne crois pas que mes pa­rents avaient in­té­rêt à briser cet es­poir en moi en me di­sant que je ne pour­rais ja­mais être ac­teur. » Se­gel sou­tient que c’est cette grande per­sé­vé­rance qui lui a per­mis de connaître le suc­cès. « J’ai gran­di avec l’idée que la plu­part des gens ne foncent pas parce qu’ils ont peur. Un peu comme des en­fants dans une classe de ma­thé­ma­tiques. Il y a un mo­ment pré­cis où cer­tains d’entre eux se disent qu’ils n’ont tout sim­ple­ment pas la bosse des maths. Moi, j’ai ap­pris à me dire “seule­ment pour le mo­ment” à chaque fois que je res­sen­tais quelque chose de si­mi­laire », a ex­pli­qué l’ac­teur, avant d’illus­trer son pro­pos. « Par exemple, “je ne suis pas ca­pable de jouer du pia­no − pour le mo­ment” ou en­core, “je ne sais pas comment écrire un scé­na­rio — pour le mo­ment”. Ain­si, on sent qu’on peut faire des ef­forts et chan­ger la si­tua­tion. Tout ce qu’on doit faire, c’est ap­prendre comment réa­li­ser ces choses. Et je ne tente pas d’être mo­deste, ici. Je n’ai pas un don pour l’écri­ture, le jeu ou le pia­no. Je n’ai sim­ple­ment pas eu peur d’ap­prendre à faire ces choses. »

AU­TEUR DE TA­LENT

Mais, peu im­porte ce qu’il af­firme, Se­gel est tout de même un au­teur de ta­lent, un bon mu­si­cien et un ac­teur na­tu­rel. Lui et son col­la­bo­ra­teur Ni­cho­las Stol­ler − qui a réa­li­sé Ou­blie Sa­rah Mar­shall et 72 heures − ont en fait une arme se­crète pour ar­ri­ver à être si bons. Et Se­gel nous en livre ici le se­cret. « Nous ai­mons tous les deux les femmes. Voi­là ce qui nous dif­fé­ren­cie d’autres équipes de scé­na­ri­sa­tion qui écrivent des co­mé­dies axées sur les hommes. » Et, en écou­tant leurs films, il est im­pos­sible de nier ce fait. « Nous ai­mons écrire au su­jet des te­nants et des abou­tis­sants des re­la­tions amou­reuses en gé­né­ral, mais aus­si au su­jet des ex­cen­tri­ci­tés qu’elles com­portent sou­vent », a-t-il pour­sui­vi. « Nick est ma­rié et il vit une re­la­tion in­croya­ble­ment saine avec sa femme. De mon cô­té, j’adore la com­pa­gnie des femmes, je m’en­tends vrai­ment bien avec elles. Nous res­sen­tons donc beau­coup d’amour pour les per­son­nages fé­mi­nins que nous créons. »

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