DIX QUES­TIONS À RBO

Le Journal de Quebec - Weekend - - ROCK ET BELLES OREILLES -

Quel est l’hé­ri­tage que RBO a lais­sé à la so­cié­té qué­bé­coise?

Yves : « C’est plus ir­ri­tage ou ir­ri­ta­tion. RBO, c’est quelque chose qu’ona vé­cu 7 jours sur 7 pen­dant 14 ans, alors c’est dur à dire pour nous. La chance qu’on a eue, c’est que ce­la a plu à un pu­blic ado­les­cent, par­fois en­fant, et que ces gens-là sont de­ve­nus des adultes et qu’ils nous suivent en­core. » Y a-t-il du ma­té­riel du groupe qui a mal vieilli?

Bru­no : « Énor­mé­ment. On a entre 60 et 70 heures de ma­té­riel té­lé et on a mis peut-être 16 heures sur les DVD. Il y a donc quatre fois plus de ma­té­riel qu’on n’a pas mis. Il y a des choses qui ne sont pas re­gar­dables. »

An­dré : « L’in­in­té­res­sant cô­toyait l’ex­trê­me­ment mau­vais. » À quel mo­ment avez-vous sen­ti pour la pre­mière fois l’im­pact que RBO avait cau­sé sur la po­pu­la­tion?

Yves : « À nos 10 ans. On avait fait des shows concepts au Spec­trum, avec des in­vi­tés. Et on avait eu des ap­plau­dis­se­ments phé­no­mé­naux. Ça m’était ren­tré de­dans. »

Bru­no : « Avant l’un de ces spec­tacles, Yvon Des­champs était mon­té sur scène pour faire des blagues sur cha­cun de nous. Je n’en re­ve­nais pas. » Vous êtes-vous dé­jà cen­su­rés en 30 ans de car­rière?

Bru­no : « La seule cen­sure, c’est si on trouve ça drôle ou pas. »

Yves : « C’est dans le trai­te­ment. Des fois, il fal­lait sa­voir comment en­tou­rer un gag su­per chien. » Avez-vous des re­grets? Des gags qui sont al­lés trop loin?

Yves : « Il y a plein de choses qu’on fe­rait dif­fé­rem­ment, mais ce se­rait plus au ni­veau de la forme. »

An­dré : « Il faut que tu as­sumes tes bons comme tes mau­vais coups. »

Quelle est la clé du tra­vail de RBO?

Bru­no : « Ç’a tou­jours été l’écri­ture. On a tou­jours écrit beau­coup plus que ce qu’on a dif­fu­sé. Sou­vent, on écri­vait de quatre à cinq heures de ma­té­riel pour une heure de dif­fu­sion. » Qu’avez-vous res­sen­ti en étant honoré der­niè­re­ment à l’as­sem­blée na­tio­nale?

Yves : « C’était sur­réel. Mais j’étais honoré et ému, sur­tout quand ils ont dit que c’était au nom de l’as­sem­blée na­tio­nale et de la po­pu­la­tion du Qué­bec. »

An­dré : « Sym­bo­li­que­ment, c’est la so­cié­té dans la­quelle tu vis qui te re­mer­cie d’avoir fait tel truc. J’ai été très tou­ché par ça. » RBO a-t-il dé­jà re­çu des pour­suites ou des mises en de­meure?

Guy : « Au­cune pour­suite. Et j’ai eu bien plus de mises en de­meure avec

Tout le monde en parle qu’avec RBO. Des fois, les gens étaient vexés et il y avait des me­naces, mais ça s’ar­rê­tait là. Des pour­suites, c’est de l’ar­gent. Il faut que ça vaille la peine. » Trou­vez-vous que la li­mite de ce qui est acceptable en hu­mour est plus basse en 2011 qu’en 1981?

Yves : « J’ai l’im­pres­sion que le pu­blic s’est mor­ce­lé. Il y a des gens qui sont cho­qués plus fa­ci­le­ment. Mais il y a du pu­blic qui est prêt à prendre des af­faires trash. Un gars comme JeanF­ran­çois Mer­cier ne se gêne pas. » Qu’est-ce que vous ai­me­riez que les gé­né­ra­tions re­tiennent de RBO?

Yves : « Que c’est pos­sible de tra­vailler en groupe, de se réa­li­ser avec d’autres per­sonnes. On est dans une pé­riode très in­di­vi­duelle. »

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