La Rus­sie

EN DEUX ACTES

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES -

(MFB) Steve Ber­ry, un écri­vain fé­ru d’his­toire, s’en est te­nu aux faits his­to­riques dans une pro­por­tion qu’il éta­blit à 90 % et s’est of­fert le plai­sir de créer pour l’autre 10 %.

Plu­sieurs per­son­nages his­to­riques im­por­tants, dont Sta­line, font sur­face entre les deux per­son­nages contem­po­rains, Miles Lord et Tay­lor Hayes, ces der­niers étant res­pec­ti­ve­ment le bon et le vi­lain.

Le per­son­nage de Miles Lord, un avo­cat noir d’at­lan­ta spé­cia­li­sé en his­toire russe, est un des pré­fé­rés de Steve Ber­ry.

« Quand j’étais en Rus­sie, j’ai re­mar­qué qu’il n’y avait pas beau­coup de vi­sages noirs. J’ai eu l’idée de créer un hé­ros de cou­leur, qui ne pour­rait se ca­cher nulle part s’il était pour­sui­vi, en rai­son de sa cou­leur de peau. Je vou­lais aus­si briser des sté­réo­types : Miles a une édu­ca­tion de ni­veau su­pé­rieur, il parle russe cou­ram­ment, il tra­vaille pour une firme lé­gale au ni­veau in­ter­na­tio­nal. Je lui ai don­né une grande force et j’en ai re­çu beau­coup de com­pli­ments, une fois le livre pu­blié. C’est un de mes per­son­nages pré­fé­rés, tous livres confon­dus, et j’ai­me­rais bien re­voir ce qu’il lui est ad­ve­nu, dans un pro­chain livre, et lui faire vivre une nou­velle aven­ture. »

Steve Ber­ry a fait le même par­cours que Miles Lord lors de son pre­mier voyage en Rus­sie. « J’ai pris le train entre Mos­cou et Saint-pé­ters­bourg, j’ai même grim­pé dans le com­par­ti­ment au-des­sus de la porte, comme lors­qu’il échappe aux mé­chants, pour vé­ri­fier que ça pou­vait bien se faire. Mal­heu­reu­se­ment, je ne parle pas russe. Donc, je n’ai pas fait de re­cherches aux Ar­chives na­tio­nales : ça n’au­rait pas été utile. »

UN AUTRE UNI­VERS

Lors de sa pre­mière vi­site à Mos­cou, en 1995, a eu l’im­pres­sion de mettre les pieds dans un autre uni­vers. « C’était un autre monde, une autre men­ta­li­té, tout était dif­fé­rent. Je suis re­tour­né en Rus­sie il y a deux ans et Mos­cou a bien chan­gé. C’est de­ve­nu une ville beau­coup plus com­mer­ciale, tan­dis qu’en 1995, c’était drabe, moche, tran­quille. Je me sou­viens d’avoir pris le mé­tro dans le plus grand si­lence et d’avoir vi­si­té la place Rouge, le soir, en hi­ver. Il fai­sait 20 °F (- 6 °C) et tout était calme. C’est bien dif­fé­rent au­jourd’hui. » Steve Ber­ry vient tout juste de sor­tir

The Jef­fer­son Key, un ro­man où une bonne par­tie de l’ac­tion se dé­roule dans la baie de Ma­hone, en Nou­velle-écosse. Son pro­chain ro­man met­tra en scène un tout nou­veau per­son­nage et une toute nou­velle his­toire, dans le style du Com­plot

Ro­ma­nov, tan­dis que son hé­ros Cot­ton Ma­lone prend une an­née de re­pos, après sept aven­tures.

HIS­TO­RY MAT­TERS

Fé­ru d’his­toire, qui lui four­nit la ma­tière pre­mière de ses ro­mans, Steve Ber­ry a créé la fon­da­tion His­to­ry Mat­ters il y a quelques an­nées avec sa femme, Eli­za­beth (www.ste­ve­ber­ry.org).

Il pré­sente un ate­lier d’écri­ture d’une du­rée de quatre heures et de­mande une contri­bu­tion d’en­vi­ron 100 $ par par­ti­ci­pant. Tous les fonds re­cueillis sont ver­sés à un or­ga­nisme voué à la pré­ser­va­tion de l’his­toire.

Ses ate­liers ont été pré­sen­tés dans plu­sieurs sites his­to­riques de Hart­ford, au Con­nec­ti­cut, de Charleston, en Illi­nois, de Seat­tle, dans l’état de Wa­shing­ton, de Beau­fort, en Ca­ro­line du Sud.

« Jus­qu’à pré­sent, nous avons re­cueilli en­vi­ron 80 000 $ US et j’ai en­sei­gné à 900 étu­diants. C’est une ac­ti­vi­té de plus en plus po­pu­laire et j’ado­re­rais la pré­sen­ter au Qué­bec, une ville dont j’ai beau­coup en­ten­du par­ler. »

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