À Pa­ris avec Isa­belle Bou­lay, Shé­hé­ra­zade et Yves Desgagnés

PA­RIS | Elle est consi­dé­rée comme une vé­ri­table star en France. De­puis dé­jà de nom­breuses an­nées, Isa­belle Bou­lay fait de constants al­lers-re­tours entre Mon­tréal et Pa­ris. Pour la chan­teuse ori­gi­naire de Sainte-Fé­li­ci­té, près de Ma­tane, voi­là une vie part

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin EN LIGNE › Enen­tre­vue Ca­noe.ca/isa­bel­le­bou­lay

À Pa­ris, ils sont nom­breux à vou­loir sa­voir où Isa­belle Bou­lay de­meure quand elle est de pas­sage en ville. La si­tua­tion est très dif­fé­rente de celle au Qué­bec. « Il y a une sa­cra­li­sa­tion des ar­tistes pro­ba­ble­ment due au fait que Pa­ris est une ville qui contient toute la po­pu­la­tion du Qué­bec, dit la chan­teuse, que le Jour­nal a ren­con­trée dans sa loge, au Ca­si­no de Pa­ris. C’est sûr que les gens trouvent ça plus ex­cep­tion­nel de ren­con­trer un ar­tiste dans la rue. »

« Les gens sont tou­jours cour­tois avec moi, ajoute-t-elle. Ça m’ar­rive de me faire re­con­naître, sur­tout quand je parle. Quand je vais au parc avec mon fils et que je me mets à par­ler, les gens lèvent la tête. J’ai une voix basse et un ac­cent fort, donc je ne passe pas in­aper­çue. »

La rou­quine ne compte que de rares si­tua­tions où les fans fran­çais ont été plus que dé­mons­tra­tifs. Elle ra­conte, en riant, qu’au plus fort du suc­cès de son al­bum Mieux qu’ici-bas, lorsque Parle-moi jouait énor­mé­ment à la ra­dio, un groupe d’ado­les­cents avait sui­vi la chan­teuse, alors qu’elle se pro­me­nait dans la rue.

« C’était drôle, car ils ne ces­saient de dire : “vous êtes une star”, mais ils ne pou­vaient pas dire mon nom ! Ils m’avaient sui­vi et avaient réus­si à en­trer dans le bâ­ti­ment où je res­tais et ils co­gnaient à toutes les portes en criant

Parle-moi !»

GARDE DU CORPS

Quand elle est en tour­née et qu’elle fait beau­coup de pro­mo­tion à la té­lé et à la ra­dio, Isa­belle re­quiert les ser­vices d’un garde du corps, qui agit aus­si à titre de chauf­feur per­son­nel. « À l’époque de Mieux qu’ici-bas, il était là conti­nuel­le­ment. Mais je ne le pre­nais pas pour me pro­me­ner dans la rue. Ça ne m’est ja­mais ar­ri­vé de me dire qu’il fal­lait que je sorte ac­com­pa­gnée d’un garde du corps. En tour­née, il est es­sen­tiel qu’il soit là parce que quand tu sors des concerts, il y a beau­coup de monde qui t’at­tend. Mais je ne me sens pas me­na­cée, il est là pour l’or­ga­ni­sa­tion. »

En comparaison, au Qué­bec, la chan­teuse a par­fois un chauf­feur en tour­née, mais sim­ple­ment parce qu’elle n’aime pas conduire pen­dant trois heures pour se rendre à un spec­tacle. « Ça me de­mande trop de concen­tra­tion et je ne suis pas la meilleure conduc­trice. »

Ren­con­tré lui aus­si à Pa­ris, Yves Desgagnés, qui a mis en scène le nou­veau spec­tacle d’isa­belle Bou­lay, ra­con­tait qu’il lui avait été très dif­fi­cile d’en­trer au Ca­si­no de Pa­ris pour les ré­pé­ti­tions du spec­tacle, car la sé­cu­ri­té était très ac­crue. « Il a fal­lu faire 15 ap­pels avant qu’ils com­prennent que j’étais le met­teur en scène et qu’ils me laissent en­trer », a-t-il dit.

« C’est une ma­nière de fonc­tion­ner qui est vrai­ment dif­fé­rente du Qué­bec, re­con­naît Isa­belle. Il faut que tu passes plu­sieurs portes avant d’ar­ri­ver à l’ar­tiste. En fait, même si on parle la même langue, on n’a pas la même culture. Ici, il y a un sys­tème hié­rar­chique qui est en­core fort et pré­sent. Un ar­tiste ici, c’est presque comme un pre­mier mi­nistre au Qué­bec ! »

UN AUTRE NI­VEAU

Isa­belle Bou­lay a tou­te­fois pu se re­mettre les pieds bien sur terre le jour où elle a par­ti­ci­pé à l’émis­sion Champs-ély­sées, ani­mée par Mi­chel Dru­cker, et à la­quelle par­ti­ci­paient aus­si Sal­ma Hayek et An­to­nio Ban­de­ras.

« Je vou­lais al­ler voir An­to­nio Ban­de­ras et même si son garde du corps me connais­sait, parce qu’il m’avait dé­jà vue avant, il y avait deux at­ta­chés de presse à qui il fal­lait par­ler et plein d’autres per­sonnes à qui de­man­der la per­mis­sion. Fi­na­le­ment, j’ai pu al­ler le sa­luer dans sa loge. Mais j’ai sen­ti que je n’étais pas au même ni­veau ! Ha­ha ! »

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