Un mé­tier DE NO­MADE

MON­TRÉAL | Dix ans après avoir par­ti­ci­pé au spec­tacle Qui­dam, l’acro­bate qué­bé­cois Jo­na­than Mo­rin a re­pris la route il y a trois mois en in­té­grant la troupe de Dralion. Il nous ra­conte la vie de tour­née d’un ar­tiste de cirque.

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Maxime De­mers Agence QMI EN LIGNE › Dos­sier sur dralion Ca­noe.ca/dralion

« Ce mé­tier-là, quand on dé­cide de s’y lan­cer, il faut ac­cep­ter dès le dé­part de vivre en no­made, sou­ligne Jo­na­than Mo­rin en en­tre­vue té­lé­pho­nique de­puis la ville de La­fayette en Loui­siane, ou la tour­née Dralion a fait es­cale il y a quelques jours « On ne peut pas en vivre qu’en tra­vaillant au Qué­bec ou au Ca­na­da. Il faut ac­cep­ter de vivre dans ses va­lises.

« Per­son­nel­le­ment, le rythme de la tour­née me sa­tis­fait en­core. J’aime en­core voya­ger. Mais à par­tir du mo­ment où on com­mence à cher­cher de la sta­bi­li­té, ça de­vient plus dif­fi­cile.

« Heu­reu­se­ment, le Cirque a quelques spec­tacles per­ma­nents à Las Ve­gas et ailleurs qui per­mettent aux ar­tistes qui re­cherchent une cer­taine sta­bi­li­té de dé­po­ser leurs va­lises pen­dant quelques an­nées. »

Col­la­bo­rant avec le Cirque du So­leil de­puis 13 ans, Jo­na­than Mo­rin avait dé­jà vé­cu le rythme de tour­née à son dé­but de car­rière, au sein de la troupe de Qui­dam. Pen­dant quatre ans (de 1998 à 2002), il avait par­cou­ru les grandes villes d’eu­rope. Dralion consti­tue sa pre­mière ex­pé­rience dans une tour­née d’aré­nas.

« C’est un rythme en­core plus ef­fré­né, ob­serve-t-il. Chaque di­manche, on change de ville. Mais en tant que per­for­meur, j’aime beau­coup les aré­nas. Il y a beau­coup d’es­pace pour per­for­mer et c’est un grand dé­fi pour un ar­tiste de réus­sir à rem­plir cet es­pace pour son éner­gie et sa per­for­mance. » Une cen­taine de per­sonnes se dé­placent avec la tour­née Dralion. Par­mi eux, on re­trouve une cin­quan­taine d’ar­tistes.

« Dans les tour­nées de cha­pi­teau, on res­tait en moyenne un mois dans chaque ville, in­dique Jo­na­than Mo­rin. On avait le temps de s’ins­tal­ler. En re­vanche, on avait plus de spec­tacles par se­maine dans les tour­nées de cha­pi­teau. C’est plus exi­geant sur le corps. »

CONDI­TIONS EX­CEP­TION­NELLES

Le per­son­nage de Kà­la qu’in­carne Jo­na­than Mo­rin dans Dralion a été créé pour la nou­velle mou­ture du spec­tacle. Sa per­for­mance consiste en un nu­mé­ro de roue croi­sée, un ap­pa­reil qu’il a lui-même in­ven­té.

Avant d’in­té­grer la troupe de Dralion, Jo­na­than Mo­rin a beau­coup tra­vaillé comme tra­vailleur au­to­nome, au sein de plu­sieurs pro­duc­tions, dont cer­tains évé­ne­ments cor­po­ra­tifs du Cirque du So­leil.

« Je dois dire que le Cirque du So­leil est une com­pa­gnie ex­tra­or­di­naire qui offre des condi­tions de tra­vail ex­cep­tion­nelles à ses ar­tistes. On est trai­tés de fa­çon in­croyable. Les condi­tions de tra­vail sont im­pec­cables.

« On n’a pas à contri­buer au mon­tage et au dé­mon­tage de la scène comme dans plu­sieurs com­pa­gnies de cirque dans le monde. On peut donc se concen­trer et mettre toutes nos éner­gies dans notre per­for­mance On voyage dans de bonnes condi­tions, on loge dans de bons hô­tels. Ce sont des condi­tions idéales pour un ar­tiste de tour­née. »

L’acro­bate qué­bé­cois Jo­na­than Mo­rin est à l’ori­gine d’un des nou­veaux nu­mé­ros du spec­tacle

Dralion. Le mon­tage de la scène prend en­vi­ron

5 h 30. Une équipe de 6 ma­chi­nistes et 13 tech­ni­ciens sont né­ces­saires pour mon­ter et dé­mon­ter la struc­ture scé­nique.

46 De­puis oc­tobre 2010, la tour­née a vi­si­té 46 villes amé­ri­caines et 11 villes ca­na­diennes.

500 Plus de 5 000 mètres de tis­su ont été uti­li­sés pour la créa­tion des cos­tumes de

Dralion. Les tis­sus pro­viennent de dif­fé­rentes ré­gions du monde, dont la Chine, les États-unis, la France, le Royau­meU­ni et, bien sûr, le Qué­bec.

108 En tout, 108 em­ployés tra­vaillent à temps plein sur la tour­née. La tour­née uti­lise 18 ca­mion-re­morques de 53 pieds pour trans­por­ter ses quelque 400 000 livres d’équi­pe­ment. C’est du même ordre que des grandes tour­nées de stars pop comme Ma­don­na.

86 Le sys­tème de son de Dralion in­clut 86 caisses ré­par­ties sur 32 zones et dif­fuse près de 750 000 watts de son.

52 Le spec­tacle réunit 52 ar­tistes en pro­ve­nance de 14 pays. Une équipe de trai­teurs com­po­sée de 6 per­sonnes (dont trois chefs) ac­com­pagne la troupe en tour­née.

38 000 En une an­née de tour­née, la troupe de Dralion a consom­mé 38 000 ca­fés, 8 600 ba­nanes, 300 gal­lons de jus d’orange, un peu plus de 8 500 gal­lons d’eau et 1 500 livres de riz jas­min.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.