LE QUÉ­BEC LUI MANQUE

MON­TRÉAL | À Pa­ris, Ra­chid Badouri grimpe ra­pi­de­ment les éche­lons de la po­pu­la­ri­té, s’amuse, et fraie avec les décideurs du mi­lieu ar­tis­tique. Néan­moins, le Qué­bec lui manque et il se­ra bien­tôt de pas­sage par­mi nous.

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Agnès Gau­det

L’hu­mo­riste qué­bé­cois qui tente une per­cée en France en­re­gis­trait, la se­maine der­nière, une émis­sion pi­lote, Ven­dre­di tout est

per­mis avec Ar­thur, qui se­ra dif­fu­sé sur la chaîne TF1, en­tou­ré d’une grosse dis­tri­bu­tion d’ar­tistes, « une sorte de gros Dieu mer

ci », dit-il, où il a ti­ré son épingle du jeu, no­tam­ment quand il lui a fal­lu mi­mer la chan­son Comme d’ha­bi­tude, lui, très à l’aise en im­pro­vi­sa­tion.

« Je me suis vrai­ment amu­sé, af­firme-t-il au bout du fil de Pa­ris. Ce genre d’émis­sion, c’est mon uni­vers. »

L’hu­mo­riste passe aus­si des au­di­tions et son agent de cas­ting lui en­voie un scé­na­rio de film par mois. La salle du Temple où il pré­sente son spec­tacle at­tire de plus en plus de cu­rieux et nom­breux sont les gens du mé­tier qui viennent voir ce nou­veau phé­no­mène de l’hu­mour.

Loin de chez lui, Ra­chid Badouri, re­con­naît que le Qué­bec - et la pou­tine !- lui manquent. « C’est fou, à quel point le Qué­bec, quand on est Qué­bé­cois, est com­plet » dit-il.

Grâce à Fa­ce­book, où il compte 223 692 amis, il garde un contact quo­ti­dien avec les fans et les amis. Quand il n’ar­rive pas à dor­mir la nuit, il fait des mon­tages, en­voie des pho­tos.

« C’est le bon cô­té des pages so­ciales, dit-il, les gens peuvent me suivre quand même, comme si j’étais à Mon­tréal. »

LA VIE DANS LA VILLE LU­MIÈRE

Mais que vit Ra­chid à Pa­ris? Voi­ci ses ré­ponses.

Qu’y a-t-il de spé­cial au Temple? Qu’as-tu dû vrai­ment ajus­ter pour être bien com­pris?

« Il y a quatre salles de spec­tacle, donc quatre shows en même temps. Un soir, deux dames d’un cer­tain âge sont sor­ties en plein spec­tacle. Elles ve­naient de s’aper­ce­voir qu’elles s’étaient trom­pées de salle! »

« Le dé­bit de ma voix. Je dois par­ler plus len­te­ment. Si les gens ne com­prennent pas, ils ne peuvent pas trou­ver ça drôle. »

Quelles sont tes nou­velles pe­tites ha­bi­tudes fran­çaises?

« Je marche dans Pa­ris. J’ha­bite sur une rue pié­tonne, la rue Mon­tor­gueuil. »

Qu’y a-t-il de sym­pa dans ton quar­tier?

« Les mar­chés ex­té­rieurs énormes. Et puis j’ai dé­cou­vert au bout de ma rue, en contour­nant une église, un im­mense dôme ci­né­ma de 22 salles, avec écrans ovales et un sys­tème de son qui fait pous­ser des che­veux à ceux qui n’en ont pas. J’ai ca­po­té! »

Qu’est-ce qui te fait croire que ça dé­marre pour toi en France?

« Le buzz des gens dans la salle, presque tous des sièges payants. Je ne suis plus en ob­ser­va­tion. Je le sens quand on me pré­sente. Et puis, je dé­conne de plus en plus sur scène, c’est un signe. Quand on m’en­gueule dans ma loge après le show parce que j’en ai trop fait (un autre hu­mo­riste suit sur scène après lui). C’est bon signe. » √ Ra­chid Badouri ani­me­ra un ga­la Juste pour rire, l’été pro­chain, à Mon­tréal. « J’ai hâte de mon­ter sur les planches du St-de­nis, dit-il, là où tout a com­men­cé, en juillet 2005. »

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