LE MET­TEUR EN SCÈNE QUI RÊVE DE PEIN­TURE

PA­RIS | Au­tant comme met­teur en scène que co­mé­dien, la car­rière d’Yves Desgagnés est pour­vue de nom­breux suc­cès. Pour­tant, ren­con­tré à Pa­ris, le prin­ci­pal in­té­res­sé confie ne pas avoir d’am­bi­tion et rêve plu­tôt de fi­nir ses jours à peindre des toiles.

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin AGENCE QMI

Plu­sieurs hommes de théâtre rê­ve­raient d’avoir le par­cours d’yves Desgagnés. Comme met­teur en scène, il a tra­vaillé sur plus de 65 pièces. Comme ac­teur, on l’a vu à la fois au théâtre, au ci­né­ma et à la té­lé­vi­sion.

Ce mois-ci, le met­teur en scène a vé­cu un dé­but de dé­cembre très par­ti­cu­lier alors que deux spec­tacles qu’il a mon­tés, ceux d’isa­belle Bou­lay et de la co­mé­die mu­si­cale Shé­hé­ra­zade, ont tous deux été pré­sen­tés en même temps à Pa­ris.

« C’est un ha­sard que les deux aient com­men­cé le même soir. Ce ne sont pas des choses après les­quelles j’ai cou­ru. La vie est bien faite ! »

Mal­gré ce jo­li suc­cès, Yves Desgagnés ne consi­dère pas ce­la comme la consé­cra­tion de son mé­tier de met­teur en scène. « Je n’ai ja­mais eu cette am­bi­tion-là. En fait, je n’ai au­cune am­bi­tion. Moi, al­ler faire un spec­tacle avec deux ac­teurs dans le fond d’une ruelle, c’est le même plai­sir que de faire l’olym­pia de Pa­ris. »

PEUR DE L’AVION

Lui qui au­ra 54 ans dans quelques se­maines, il men­tionne avoir dû re­fu­ser plu­sieurs offres de pro­jets en France en rai­son de sa peur de l’avion. « Je suis ve­nu plu­sieurs fois en ba­teau. Je suis fils de ma­rin. Je l’ai dé­jà fait une fois en cinq jours. C’est plai­sant, car tu n’as pas de dé­ca­lage ho­raire ! »

Les pre­mières vi­sites outre-mer de l’ar­tiste re­montent à 1978, alors qu’il fai­sait par­tie de la Ligue na­tio­nale d’im­pro­vi­sa­tion. « Je ne me sou­viens pas d’être ve­nu en France en va­cances. Ç’a tou­jours été pour tra­vailler. »

Alors que les offres ne manquent pas comme met­teur en scène, Yves Desgagnés an­nonce qu’il rê­ve­rait de tout lais­ser tom­ber pour se consa­crer à son rêve de jeu­nesse : de­ve­nir ar­tiste peintre.

« J’ai tou­jours mis ça de cô­té, car mes ac­ti­vi­tés théâ­trales étaient trop im­por­tantes. Il y a un an, je me suis re­mis à la pein­ture et je sou­haite le plus tôt pos­sible ces­ser mes ac­ti­vi­tés dans le monde du spec­tacle pour me mettre dans un ate­lier et faire de la pein­ture jus­qu’à la fin de mes jours. C’est mon rêve. »

« Il y a un lien entre la mise en scène et la pein­ture, ajoute-t-il. Quand je fais de la mise en scène, j’ai l’im­pres­sion de faire de la pein­ture en trois di­men­sions. »

Du­rant son ré­cent sé­jour à Pa­ris, Yves Desgagnés a été in­vi­té à vi­si­ter l’ate­lier de Ro­ber­to Pla­té, un Ar­gen­tin consi­dé­ré comme le plus grand scé­no­graphe au monde. « Il y avait d’im­menses toiles qui fai­saient tout le mur. Je me suis dit que c’était un signe. »

Avant de concré­ti­ser son rêve, Yves de­vra plan­cher sur le spec­tacle « Carte blanche pour Vic­tor-lé­vy Beau­lieu », qu’il pré­sen­te­ra, seul du­rant 90 mi­nutes, en fé­vrier. « C’est la Place des Arts qui me l’a de­man­dé. J’étais pres­sé et j’ai dit oui, men­tionne-t-il, en riant. Vic­tor-lé­vy a écrit pour moi le rôle de L’hé­ri­tage, en 1986. C’est ça qui m’a fait connaître. Ses livres sont ex­cel­lents, mais il doit avoir écrit 80 ro­mans de 1 500 pages. C’est une charge énorme ! »

L’ÉCHEC DE RO­MÉO ET JULIETTE

Du cô­té du ci­né­ma, le jeune réa­li­sa­teur en lui a eu de la mi­sère à se re­mettre de l’échec du film Ro­méo et Juliette, après l’ex­pé­rience po­si­tive qu’avait été Idole

ins­tan­ta­née. « C’était une com­mande que nous avait pas­sée De­nise Ro­bert à Nor­mand Chau­rette et moi. J’avais l’idée de faire un film sty­li­sé, mais trois se­maines avant le tour­nage, notre bud­get est pas­sé de 8 mil­lions à moins de 3 mil­lions. En plus, Jeanne Mo­reau a été l’en­fer sur le pla­teau. Le jour le plus mal­heu­reux de ma vie a été le soir de la pre­mière parce que le film était à deux ki­lo­mètres de mes in­ten­tions. »

Comme pro­chain pro­jet ci­né­ma­to­gra­phique, Yves Desgagnés tra­vaille sur un scé­na­rio de film qu’il de­vrait dé­po­ser en sep­tembre 2012. « C’est un peu sur la vie de mon père, qui était ca­pi­taine de goé­lette. C’est une belle his­toire per­son­nelle. Le pro­chain film que je vais faire va res­sem­bler à Bi­bi ou si­non mon nom est co­chon! Je veux en être fier et qu’il me res­semble. Les com­mandes, c’est ter­mi­né. »

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