DANS LES COU­LISSES DE SHÉ­HÉ­RA­ZADE 1 AUX FO­LIES BER­GÈRE

PA­RIS | La co­mé­die mu­si­cale qué­bé­coise Shé­hé­ra­zade, les mille et une nuits est pré­sen­tée tout le mois de dé­cembre au cé­lèbre ca­ba­ret Les Fo­lies Ber­gère, de Pa­ris. Le Jour­nal a eu l’oc­ca­sion de se glis­ser dans les cou­lisses du spec­tacle.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin

Après plus de 80 re­pré­sen­ta­tions au Qué­bec, la troupe qué­bé­coise s’est ame­née à Pa­ris dans l’es­poir de conqué­rir le pu­blic fran­çais, par­fois très dif­fi­cile. En tout, 23 ar­tistes (chan­teurs, dan­seurs et mu­si­ciens) foulent les planches des Fo­lies Ber­gère, chaque soir de­puis le 1er dé­cembre.

Les deux in­ter­prètes prin­ci­paux, Ri­ta Tab­bakh (Shé­hé­ra­zade) et Phi­lippe Ber­ghel­la (So­li­mane), ont men­tion­né être très fé­briles face à cette nou­velle aven­ture fran­çaise.

Pour Ri­ta, il s’agit d’une pre­mière ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle outre-mer. « C’est vrai­ment un gros bap­tême! J’étais plus ner­veuse avant d’ar­ri­ver ici, mais je re­trouve main­te­nant mes sou­liers. J’ai un bon par­te­naire de jeu qui est su­per po­si­tif et plein de joie de vivre. »

Ce der­nier en est à une deuxième aven­ture dans l’hexa­gone, après avoir été de Don

Juan il y a quelques an­nées. « On était res­té trois mois et je trou­vais qu’on était re­par­ti tôt, par rap­port au suc­cès qu’on sen­tait dans la salle, dit Phi­lippe. C’est pour ça que ce n’est ja­mais ga­gné d’avance, même si on sent que les spec­ta­teurs ap­pré­cient énor­mé­ment le spec­tacle. On sait qu’il y a quand même beau­coup de tra­vail à faire pour se rendre au coeur de tous les Fran­çais. »

LE RÊVE DES FO­LIES

Jouer aux Fo­lies Ber­gère, qui sont consi­dé­rées comme le plus cé­lèbre ca­ba­ret de mu­sic-hall du monde, re­pré­sente un rêve pour les deux chan­teurs qué­bé­cois. « En­trer ici, c’est comme en­trer dans un châ­teau, in­dique Phi­lippe. Il y a tel­le­ment d’his­toire. Quand on a vi­si­té les loges en haut, Édith Piaf et Char­lie Cha­plin étaient pas­sés par là. Il y a plein d’images dans nos têtes. C’est très ins­pi­rant. »

« Jouer ici, ça donne un mé­chant boost, ajoute Ri­ta. C’est émou­vant. »

Seul in­con­vé­nient de cette salle: la scène était dé­jà ori­gi­na­le­ment in­cli­née, et le dé­cor de Shé­hé­ra­zade, avec son plan­cher en pente, fait en sorte que l’in­cli­nai­son est deux fois plus pro­non­cée qu’au Qué­bec. « J’ai les mol­lets en com­pote! », dit Ri­ta en riant.

Avec près de 50 co­mé­dies mu­si­cales qui sont pré­sen­te­ment à l’af­fiche à Pa­ris, de quelle fa­çon Shé­hé­ra­zade peut-elle se dé­mar­quer de la concur­rence?

« On amène quelque chose d’un peu dif­fé­rent par rap­port aux autres, avec un voyage en Orient, ré­pond Phi­lippe. Les gens s’évadent dans un autre monde, to­ta­le­ment. Le spec­tacle qu’on fait en­voie tel­le­ment d’amour et de po­si­ti­vi­té par rap­port à des spec­tacles comme Dra­cu­la et Notre-dame-de-pa

ris. Je pense que c’est ce qui fait que les gens re­partent avec des étoiles dans les yeux. »

FÉ­LIX GRAY CRAIN­TIF ET CONFIANT

L’au­teur-com­po­si­teur de Shé­hé­ra­zade, Fé­lix Gray, af­firme quant à lui qu’il est dif­fi­cile d’être confiant dans ce mé­tier. « On est tou­jours à la fois crain­tif et confiant parce qu’on en­tend le bouche-ào­reille à droite et à gauche. Dé­jà à Mon­tréal, les com­men­taires étaient ex­cel­lents. »

Fé­lix Gray croit que la mul­ti­tude de co­mé­dies mu­si­cales à l’af­fiche à Pa­ris ne peut être qu’une bonne chose.

« Ça donne le goût au pu­blic d’en voir. Plus il y en a, plus les gens vont y al­ler. Il y a comme une vague de co­mé­dies mu­si­cales pré­sen­te­ment, ça fait un peu par­tie de la culture pa­ri­sienne, main­te­nant. Mais c’est tout ré­cent. Notre-da

me-de-pa­ris a beau­coup re­don­né au pu­blic l’en­vie d’al­ler voir des co­mé­dies mu­si­cales. » Pour l’au­teur, le spec­tacle Shé­hé­ra­za

de, « c’est comme un deuxième en­fant. Une co­mé­die mu­si­cale, ça prend quatre ans pour la mon­ter. Il faut l’écrire, trou­ver des pro­duc­teurs, faire le cas­ting, construire les dé­cors, fa­bri­quer les cos­tumes et trou­ver le met­teur en scène. Avant que ce spec­tacle n’ar­rive sur scène, il s’est pas­sé des heures et des heures de tra­vail. »

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