SHER­LOCK HOLMES, UNE HIS­TOIRE DE FA­MILLE

BE­VER­LY HILLS | Pré­voir la sor­tie d’une suite tout juste avant la pé­riode des Fêtes est as­su­ré­ment un bon coup, et pas seule­ment sur le plan des re­cettes au « box-of­fice ».

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Mi­chael Recht­shaf­fen Agence QMI EN LIGNE › Fi­che­du­film Ca­noe.ca/sherlockholmes

Pour l’équipe de Sher­lock Holmes – réa­li­sé en 2009, le film a per­mis de gé­né­rer un de­mi-mil­liard $ de pro­fits – une suite si­gni­fiait sur­tout le re­tour d’un duo dé­jà éprou­vé, com­po­sé de Ro­bert Dow­ney Jr. et de Jude Law, ap­puyé par un réa­li­sa­teur ayant lui aus­si fait ses preuves, Guy Rit­chie.

Une telle équipe peut d’ailleurs pa­raître in­ti­mi­dante pour les pe­tits nou­veaux qui s’y joignent, que ce soit pour l’un des Mad Men comme pour l’in­ter­prète de Lis­beth Sa­lan­der dans la ver­sion ori­gi­nale de la tri­lo­gie Mille­nium.

Même s’ils ont été ac­cueillis à bras ou­verts par l’équipe de Sher­lock Holmes : le jeu des ombres, Ja­red Har­ris et Noo­mi Ra­pace ont tout de même eu l’im­pres­sion de sau­ter à bord de l’un des trains à grande vi­tesse de Guy Rit­chie au pé­ril de leur propre vie. « La pre­mière fois que je les ai vus [Ro­bert Dow­ney Jr. et Guy Rit­chie] sur le pla­teau de tour­nage, ils se te­naient face à face jouant à qui bron­che­rait le pre­mier », s’est rap­pe­lé Ja­red Har­ris qui tient le rôle du pro­fes­seur James Mo­riar­ty, le gé­nie du crime que traque Sher­lock Holmes.

« Ils pra­tiquent tous les deux les arts mar­tiaux, alors ils jouaient à se don­ner de pe­tits coups de pieds en bas de la cein­ture… C’était comme la rou­lette russe du ka­ra­té. »

« Vous n’avez ja­mais joué à ça ? » a alors bla­gué Ro­bert Dow­ney Jr., l’air pim­pant dans sa che­mise à col ou­vert.

PRA­TI­QUE­MENT DES FRÈRES

Alors que Dow­ney Jr. confirme que lui et Jude Law sont très proches l’un de l’autre – ce der­nier n’a pu par­ti­ci­per à l’en­tre­vue, de­vant re­tour­ner à Londres pour en­cou­ra­ger son fils de neuf ans lors d’une par­tie de soccer –, l’ex­pres­sion de­meure ce­pen­dant en­core trop peu mo­deste pour qua­li­fier sa re­la­tion avec l’ex-co­pain de Ma­don­na.

« Guy et moi sommes pra­ti­que­ment des frères, ce qui rend les choses très in­té­res­santes par mo­ments, a af­fir­mé Dow­ney Jr. Sur­tout ceux où j’ai en­vie de lui tran­cher la tête avec une ma­chette. »

L’ac­teur s’est alors tour­né vers Rit­chie, pour ajou­ter « c’est parce que je t’aime tel­le­ment, tu sais ». Avec un pe­tit sou­rire coin­cé, le réa­li­sa­teur a lâ­ché un long « ouiiiiii » qui au­rait ren­du Han­ni­bal Lec­ter as­sez fier.

Ce type de re­la­tion un peu tor­due peut pa­raître in­ti­mi­dante pour un non-ini­tié, sur­tout dans le cas où cette per­sonne vit sa pre­mière ex­pé­rience dans un film à gros bud­get, qu’elle joue pour la pre­mière fois en an­glais et qu’elle tient le pre­mier rôle fé­mi­nin dans une réa­li­sa­tion de Rit­chie.

Non pas que Noo­mi Ra­pace ne pos­sé­dait pas l’ex­pé­rience né­ces­saire pour se dé­brouiller… Sur­tout après avoir te­nu le rôle de Lis­beth Sa­lan­der, l’en­fant ter­rible de la po­pu­laire tri­lo­gie Mille­nium ti­rée des ro­mans du Sué­dois, Stieg Lars­son. Mais même cette ex­pé­rience in­tense ne pou­vait la pré­pa­rer en­tiè­re­ment à ce qui l’at­ten­drait sur le pla­teau de Sher­lock Holmes : Jeu d’ombres.

« J’ai su que j’avais le rôle en­vi­ron trois se­maines avant le dé­but du tour­nage », a ra­con­té Ra­pace, 31 ans, fille d’une ac­trice sué­doise et d’un dan­seur de fla­men­co es­pa­gnol, et l’in­ter­prète de Sim, une gip­sy énig­ma­tique.

« C’était mon pre­mier film tour­né en an­glais, langue que je ne par­lais pas, il y a en­vi­ron trois ans. J’avais donc beau­coup d’ap­pré­hen­sions. Mais la fa­çon dont tra­vaille Guy… »

« Les Bri­tan­niques boivent. Ils boivent même pen­dant l’heure du lunch », a alors in­ter­rom­pu Dow­ney Jr.

« Non, sé­rieu­se­ment, ils ont été très com­pré­hen­sifs, a pour­sui­vi Ra­pace. J’ai été sur­prise de l’ac­cueil cha­leu­reux au­quel j’ai eu droit et de la ra­pi­di­té avec la­quelle je suis de­ve­nue “l’une des leurs”. »

Et de­ve­nir « l’une des leurs » si­gni­fie de­voir faire sa part de l’exi­geant tra­vail phy­sique quand viennent les de­mandes far­fe­lues du réa­li­sa­teur, qui sont par ailleurs de­ve­nues sa marque de com­merce.

« Évi­dem­ment, on en sort meur­tris et en­do­lo­ris et par­fois on se fait même vrai­ment mal, mais ça fait par­tie du jeu. Se­lon moi, les scènes où il y a beau­coup d’émo­tions sont en­core plus dif­fi­ciles à sai­sir et donc à rendre », a tout de même es­ti­mé la jeune ac­trice.

SUR LE QUI-VIVE

Pour sa part, Har­ris, un ac­teur bri­tan­nique de for­ma­tion clas­sique, qui a no­tam­ment in­ter­pré­té An­dy Wah­rol et Hen­ri VIII ( il tient aus­si le rôle d’ulysse S. Grant dans Lin­coln, le pro­chain film de Spiel­berg), n’a pas eu droit à une telle pré­pa­ra­tion avant de de­voir se prê­ter aux in­ven­tions ex­ces­sives de la pro­duc­tion.

« Deux jours après l’ar­ri­vée de Ja­red, nous de­vions tour­ner une scène avec lui, a ex­pli­qué Dow­ney Jr. Il nous a alors de­man­dé si le texte qu’il avait ap­pris, en si peu de temps, de­meu­rait comme tel et je lui ai ré­pon­du “non, pas un seul mot”. »

« C’est vrai, a confir­mé Har­ris en sou­riant. Mais l’in­clu­sion et le par­tage d’idées que Ro­bert et Guy fa­vo­risent m’ont tout de suite fait sen­tir que je pou­vais ap­por­ter quelque chose au film.

« Tout ce que Ja­red a fait du­rant le tour­nage lui a été im­po­sé dans une telle hâte qu’il n’avait même pas le temps de se pré­pa­rer, a af­fir­mé Dow­ney Jr. Il était constam­ment sur le qui-vive. »

À cette re­marque, Har­ris s’est conten­té de sou­rire po­li­ment, sans vrai­ment être en désac­cord.

« Une fois, Guy lui a même de­man­dé de re­tour­ner à la mai­son et de re­ve­nir le len­de­main pour chan­ter une com­po­si­tion al­le­mande a cap­pel­la, a ajou­té Dow­ney Jr. Qui peut ap­prendre à faire une telle chose en une seule nuit ? Per­sonne, ex­cep­té Ja­red Har­ris ! »

Élé­men­taire, mon cher Mo­riar­ty.

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