Du dé­jà vu

Le gar­dien d’en­fants ∂∂

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun Agence QMI

Pour ceux qui aiment ce genre de film, Le gar­dien d’en­fants est le di­ver­tis­se­ment idéal.

Le gar­dien d’en­fants est une co­mé­die mo­derne qui met en ve­dette Jo­nah Hill dans le rôle de Noah, un sym­pa­thique flem­mard qui ha­bite en­core avec sa mère. Il n’a pas d’em­ploi et ne fait pas d’études même s’il est in­tel­ligent. Son rôle dans la vie semble se li­mi­ter à la mal­adresse et à l’em­bar­ras. Il per­forme au re­jet. Ah, ah !

VA­GUE­MENT CO­MIQUE

Dans Le gar­dien d’en­fants, Noah ac­cepte de s’oc­cu­per d’en­fants du voi­si­nage afin que sa mère cé­li­ba­taire puisse par­ti­ci­per à une ac­ti­vi­té ca­ri­ta­tive. Son in­té­rêt en­vers les bam­bins est qua­si­ment nul, mais, en bon fils, il ac­cepte de jouer les ba­by-sit­ters. On lui confie donc Sla­ter (Max Re­cords), un ado an­gois­sé et sa pe­tite soeur (Lan­dry Ben­der). Le trio est com­plé­té par leur pe­tit frère, Ro­dri­go (Ke­vin Her­nan­dez), ré­cem­ment adop­té et ori­gi­naire du Sal­va­dor, un pe­tit cri­mi­nel avec un net pen­chant pour les ex­plo­sifs.

Film de Da­vid Gor­don Green. Avec Jo­nah Hill, Ari Gray­nor et Max Re­cords

Noah est amou­reux fou d’une co­caï­no­mane égo­cen­trique, Ma­ri­sa (Ari Gray­nor). De fait, quand elle l’ap­pelle pour lui pro­po­ser une par­tie de jambes en l’air et une in­vi­ta­tion à une soi­rée, il ne peut pas re­fu­ser. Et s’il ache­tait un peu de coke en che­min ? Mais oui, il peut, sans pro­blème. Il va tout sim­ple­ment em­me­ner les en­fants avec lui, se dit Noah, même si son père lui a for­mel­le­ment in­ter­dit de se ser­vir de sa voi­ture.

Il conduit donc jus­qu’à Man­hat­tan, où il doit sur­mon­ter bien des em­bûches qui vont de pan­ta­lons souillés par les en­fants à un vol de bi­joux, un vol de voi­ture, des pour­suites en automobile, des ac­ci­dents, des mé­chants dro­gués, des groupes de jeunes à l’hu­meur mau­vaise et, bien sûr, un scé­na­rio va­gue­ment co­mique.

En che­min, Noah se sort de ces en­nuis en fai­sant éta­lage de sa douce na­ture. Il ren­contre une an­cienne ca­ma­rade de classe fort jo­lie (Ky­lie Bun­bu­ry) qui lui dit qu’elle l’a tou­jours ad­mi­ré de loin. Eh oui, il re­part même avec la fille.

Bien sûr, tout ceci n’est qu’amu­se­ment jus­qu’à ce que quel­qu’un se fasse mal. Noah doit ain­si com­po­ser avec son père qui le re­jette et il doit éga­le­ment ai­der Sla­ter qui se pose des ques­tions sur son orien­ta­tion sexuelle. De plus, il aide la pe­tite soeur de Sla­ter à ap­pri­voi­ser ses peurs à l’idée du ma­riage de ses pa­rents et doit por­ter se­cours à Ro­dri­go qui craint sys­té­ma­ti­que­ment de ne pas être ai­mé.

POUR GARÇONS ADO­LES­CENTS

Tout ce­la si­gni­fie, en ef­fet, que Le gar­dien d’en­fants est un mé­lange de drame et d’hu­mour. Oui, vous com­pre­nez vite.

Jo­nah Hill par­vient, on ne sait trop comment, à sor­tir in­tact du na­vet et ses scènes avec Sam Ro­ck­well qui in­carne un ven­deur de drogue nou­vel-âge dis­cu­tant des mé­rites des em­bal­lages spé­ci­fiques à cer­taines clien­tèles sont ex­cel­lentes. Quand Sam Ro­ck­well est à l’écran, le film de­vient éner­gique et fol­le­ment drôle. Quand il est absent, Le gar­dien d’en­fants est un épi­sode de feuille­ton té­lé­vi­sé qui traîne en lon­gueur.

Le pu­blic pour ce genre de films est, bien sûr, les garçons ado­les­cents. Mais pour n’im­porte qui d’autre, le long mé­trage est 82 mi­nutes de dé­jà vu, un mo­ment qu’on ne rat­tra­pe­ra pas.

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