UNE EX­CEL­LENTE PA­RO­DIE DE GTA

Lorsque le jeu Grand Theft Au­to III a créé, presque à lui seul, le genre d’ac­tion-aven­ture à monde ou­vert, il y a une di­zaine d’an­nées, les joueurs ont em­bar­qué sans hé­si­ter. Pas tant pour le scé­na­rio du jeu ou son pro­ta­go­niste muet, que pour les choses

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Steve Tilley Agence QMI

La sé­rie GTA a conti­nué de se dé­ve­lop­per et a pris de la ma­tu­ri­té au cours des an­nées, et cette fo­lie dé­bri­dée a été pro­gres­si­ve­ment har­na­chée. Bien sûr, Ni­ko Bel­lic peut tou­jours pi­ra­ter des hé­li­cos et les ba­lan­cer contre des ca­mions de com­man­dos SWAT, dans Grand Theft Au­to

IV, mais c’est comme si la fran­chise se pre­nait, dé­sor­mais, trop au sé­rieux.

Il y a heu­reu­se­ment un an­ti­dote. Et pas le moindre.

PA­RO­DIE IN­TÉ­RES­SANTE

Saints Row : The Third est le troi­sième opus d’une sé­rie qui a fait ses dé­buts en 2006, à titre de clone gé­né­rique (et pin­ce­sans-rire) de GTA, et qui a évo­lué en un jeu qui pa­ro­die par­fai­te­ment le genre, tout en consti­tuant une part ap­pré­ciable du plai­sir que ce­lui-ci peut of­frir.

Le joueur in­carne un membre du gang de rue des Third Street Saints, une en­tre­prise cri­mi­nelle si connue et pro­fi­table qu’elle vend des bois­sons énergisantes et des lignes de vê­te­ments, en plus de s’adon­ner au vol de banques. Lorsque ces cri­mi­nels dé­va­lisent une banque, comme dans la sé­quence d’ou­ver­ture ex­plo­sive et hi­la­rante, ils sont ar­rê­tés en plein hold-up par des clients qui sou­haitent ob­te­nir leur au­to­graphe.

Le pro­blème, c’est que la banque en ques­tion ap­par­tient à un puis­sant gang ri­val ap­pe­lé le Syn­di­cat, et lorsque les Saints se re­trouvent pro­fon­dé­ment en ter­ri­toire ennemi, dans la nou­velle ville de Steel­port, ils doivent éli­mi­ner tous leurs en­ne­mis pour s’en sor­tir, peu im­porte les moyens.

HU­MOUR ET DESTRUCTION

Il n’y a rien de sub­til dans Saints Row :

The Third. Qu’il s’agisse d’une fusillade aé­rienne, au-des­sus de Steel­port ou de pro­té­ger une ar­mu­re­rie d’une bande de ma­rau­deurs, toutes les ac­ti­vi­tés du jeu sont conçues avec lé­gè­re­té et hu­mour. Sans ou­blier, tou­te­fois, de sa­tis­faire la gour­man­dise des joueurs sé­rieux avec des armes du ton­nerre, des mises à jour éton­nantes et des vé­hi­cules sen­sa­tion­nels à conduire, à pi­lo­ter, et à écra­ser de fa­çon spec­ta­cu­laire. Ré­cem­ment, l’édi­teur THQ, res­pon­sable de Saints Row, a pu­blié un com­mu­ni­qué pour an­non­cer fiè­re­ment que les joueurs avaient, col­lec­ti­ve­ment, uti­li­sé le Pe­ne­tra­tor – un bâ­ton mauve en forme de jouet sexuel géant – pour ma­tra­quer à mort deux mil­lions de ci­toyens de la ville de Steel­port. Ce­la donne une bonne idée du contexte dans le­quel le jeu est

créé et mis en mar­ché.

Saints Row : The Third ne pré­tend ja­mais faire ap­pel à nos hautes fa­cul­tés in­tel­lec­tuelles, mais il réus­sit, néan­moins, le pa­ri de cap­ti­ver. Le jeu ne dis­si­mule ni sa pué­ri­li­té, ni son obs­cé­ni­té, aux­quelles le joueur s’aban­donne en par­faite connais­sance de cause. On peut s’adon­ner à la chute libre, nu, ba­lan­cer les pas­sants dans les or­dures, gui­der des mis­siles sur des gangs en­ne­mis ou vi­ser des lut­teurs mexi­cains avec un canon à tou­relle, pour en éta­ler les restes sur les fa­çades des im­meubles.

UN AN­TI­DOTE

Ab­surde, drôle, violent et tout bon­ne­ment joyeux, Saints Row pro­pose une vé­ri­table par­tie de plai­sir dé­bri­dé. Il fau­drait peut-être don­ner une co­pie du jeu à Ni­ko Bel­lic, pour lui per­mettre d’égayer ses heures de re­pos.

Ver­dict : un titre sans prétention et sans sub­ti­li­té, hu­mo­ris­tique à sou­hait et do­té d’une joua­bi­li­té ro­buste, Saints

Row : The Third offre un an­ti­dote heu­reux aux jeux de crime à monde ou­vert qui se prennent vrai­ment trop au sé­rieux.

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