La ma­gie d’Her­gé opère

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES -

(MFB) Si­mon Cas­ter­man ex­plique le suc­cès de Tin­tin par la ma­gie d’her­gé, créa­teur d’une fi­gure de proue de la bande des­si­née. « Her­gé avait un for­mi­dable ta­lent de nar­ra­teur d’his­toires, et d’his­toires pas né­ces­sai­re­ment écrites pour les en­fants. Il a écrit les his­toires qu’il vou­lait écrire et des­si­né les his­toires qu’il vou­lait des­si­ner et qui se lisent à tout âge. Il y a plu­sieurs ni­veaux de lec­ture, pour les en­fants et pour les adultes, et il a un ta­lent de nar­ra­teur ex­tra­or­di­naire, dans l’image. Une ca­pa­ci­té de ré­su­mer en une seule image plu­sieurs ac­tions, plu­sieurs ex­pres­sions, plu­sieurs sen­ti­ments. C’est sa force », note-t-il. Her­gé est dé­cé­dé en 1983. Si­mon Cas­ter­man l’a croi­sé à quelques re­prises, mais ce sont sur­tout son père et son grand­père qui l’ont connu, ce der­nier ayant été son édi­teur de 1934 jus­qu’à son dé­cès.

24 AL­BUMS DE TIN­TIN

En tout, Cas­ter­man a pu­blié 24 al­bums de Tin­tin, de Tin­tin au

pays des So­viets à Tin­tin et l’alph-art, ce der­nier ayant été ache­vé après le dé­cès de l’au­teur. Il n’y en au­ra pro­ba­ble­ment ja­mais d’autre. « Il ne faut ja­mais dire ja­mais, mais très cer­tai­ne­ment, de ce qu’on sait de ce qu’her­gé a dit et de ce que sa veuve a dit, ce n’est cer­tai­ne­ment pas de réa­li­ser un nou­vel al­bum. C’est un uni­vers clos, fer­mé, qui n’a pas été gal­vau­dé dans des nou­velles aven­tures qui sont moins bien ou qui ne sont pas celles d’her­gé. Donc, je pense que ça fait aus­si par­tie de la force de cette oeuvre de ne pas avoir connu de dé­cli­nai­sons qui, for­cé­ment, au­raient été dif­fé­rentes. Elles au­raient peut-être en­tre­te­nu un suc­cès com­mer­cial, mais au­raient peut-être dé­va­lo­ri­sé l’es­prit et la va­leur de la col­lec­tion dans le sens conte­nu et dans l’image qu’elle porte. »

L’édi­teur est un fan in­con­di­tion­nel de Tin­tin puis­qu’il a lu tous les al­bums de­puis sa plus tendre en­fance. Son pré­fé­ré? « C’est une ques­tions dé­li­cate… ça peut dé­pendre de cer­tains mo­ments. Mais j’ai beau­coup ap­pré­cié Les sept boules de cris­tal, Le temple du So­leil, L’île noi

re et L’étoile mys­té­rieuse. Ça fait par­tie de mes al­bums pré­fé­rés. C’est dif­fi­cile de faire un choix…

L’af­faire Tour­ne­sol, c’est quand même bien, et il y a Ob­jec­tif

Lune, qui est fan­tas­tique. »

POUR GRAND PU­BLIC

Il a vu le film trois fois et a eu du plai­sir chaque fois. « Je pense qu’il est très bien, pour plu­sieurs rai­sons. D’abord parce que c’est un bon film grand pu­blic de dé­tente, mais éga­le­ment parce qu’il est très res­pec­tueux de l’oeuvre d’her­gé. Je trouve que la fa­çon dont Spiel­berg a re­tra­vaillé le scé­na­rio est in­tel­li­gente et res­pec­tueuse de l’oeuvre d’her­gé et, en termes de vi­suel, Tin­tin et les per­son­nages sont fi­dèles à l’oeuvre d’her­gé. Il y a une grande fi­dé­li­té à l’oeuvre d’her­gé et un bel exer­cice ci­né­ma­to­gra­phique en termes de ci­né­ma grand pu­blic et en termes de tech­niques de mo­tion

cap­ture, qui est as­sez fas­ci­nante à ob­ser­ver dans le réa­lisme qu’on peut per­ce­voir à l’écran. C’est as­sez im­pres­sion­nant, je trouve. »

PHO­TOS COURTOISIE ET LES AR­CHIVES

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.