Re­vivre l’époque d’Aliénor d’Aqui­taine

Dix an­nées après le suc­cès du Lit d’Aliénor, la ro­man­cière fran­çaise Mi­reille Calmel pro­pose en­fin à ses lec­teurs la suite des aven­tures de la reine Aliénor, dans une sa­ga éton­nante où l’His­toire de France se ma­rie aux lé­gendes ar­thu­riennes.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-France Bor­nais Le Jour­nal de Qué­bec

Son ré­cit Aliénor - Le règne des Lions dé­bute en 1154, alors qu’aliénor, di­vor­cée de Louis, fait son en­trée à Londres aux cô­tés de son nou­vel époux, Hen­ri Plan­ta­ge­nêt. Elle compte bien di­ri­ger un em­pire — son em­pire — sans lais­ser qui que ce soit l’en em­pê­cher. Avec grand ta­lent, Mi­reille Calmel fait re­vivre cette his­toire, met­tant en pa­ral­lèle la mys­té­rieuse Loan­na de Grim­wald, pla­cée par son an­cêtre Mer­lin aux cô­tés d’aliénor pour l’ai­der à conser­ver la cou­ronne d’an­gle­terre. Aliénor d’aqui­taine va bâ­tir son em­pire — et sa lé­gende — sur fond de cours d’amour, de ba­tailles et d’in­trigues.

Mi­reille Calmel n’a ja­mais ces­sé d’avoir en­vie d’écrire la suite du Lit d’aliénor. « J’ai eu un peu un sen­ti­ment d’in­ache­vé, mais le suc­cès a été tel que j’ai eu peur qu’on pense que je fai­sais une suite com­mer­ciale si je l’avais faite tout de suite. J’ai ré­fré­né mon en­vie et j’ai fait autre chose pour me prou­ver à moi-même que j’étais un écri­vain, un vrai écri­vain », ex­plique la ro­man­cière, de sa ré­si­dence du sud-ouest de la France.

Aliénor, Loan­na, Jau­fré Ru­del, l’ab­bé Su­ger, Louis VII... tous ces per­son­nages ne l’avaient ja­mais quit­tée. « Il y a cinq ans, j’ai eu des sou­cis de san­té et j’ai écrit un livre un peu par­ti­cu­lier qui s’ap­pelle La ri­vière des âmes. Et, pen­dant que j’écri­vais, des in­for­ma­tions me sont re­ve­nues concer­nant Aliénor. Et je me suis dit: bon, c’est peut-être le mo­ment. J’ai écrit Le chant des sor­cières et La reine de lu­mière et, dans la fou­lée, je me suis mise à Aliénor. »

RE­CHERCHE ET IN­TUI­TION

L’écri­ture ju­bi­la­toire de Mi­reille Calmel, qui sait à mer­veille al­lier his­toire et sur­na­tu­rel, sen­sua­li­té et in­trigues, re­pose sur l’énorme tra­vail de re­cherche qu’elle ef­fec­tue, mais aus­si sur son in­tui­tion phé­no­mé­nale.

« La part d’in­tui­tion est exa­cer­bée chez moi, car, de­puis que je suis toute pe­tite, je vois des choses qui, à prio­ri, n’existent pas. Et c’est ce qui a tou­jours gui­dé mes re­cherches. Ça se tra­duit par des rêves ré­cur­rents, des im­pres­sions très denses. Après, je fouille dans l’his­toire pour pou­voir trou­ver la trace et, sou­vent, je la re­trouve », par­tage-t-elle.

« Du coup, je vais tra­quer des pe­tits dé­tails qui se­raient peut-être res­tés in­si­gni­fiants si je n’avais pas eu ces in­tui­tions et qui m’ont per­mis d’al­ler plus loin dans l’his­toire. Loan­na de Grim­wald, par exemple, me suit de­puis que je suis toute pe­tite. Je la connais de­puis que j’ai cinq ans. J’ai tou­jours ap­pe­lé mes pou­pées Loan­na, je lui ai tou­jours par­lé comme à une amie ima­gi­naire, jus­qu’au jour où, quand j’ai fait des re­cherches dans les ar­chives de la Bi­blio­thèque de France, je tombe sur un ma­nus­crit si­gné de sa main. Je me suis po­sé plein de ques­tions, comme vous pou­vez l’ima­gi­ner! »

AN­CRÉE EN ELLE

Mi­reille Calmel a le sen­ti­ment que l’his­toire d’aliénor fait par­tie d’elle de­puis tou­jours. « J’ai l’im­pres­sion qu’elle m’a ra­con­té son his­toire pour une rai­son que j’ignore en­core et que j’es­père dé­cou­vrir puis­qu’on ne sait ja­mais ce qu’un livre peut ame­ner. Elle com- pare cette ma­gie à l’ap­pa­ri­tion d’images lors­qu’on al­lume la té­lé. Brus­que­ment, je vois des choses et je me mets à les ra­con­ter parce que j’ai l’im­pres­sion qu’elles ont une im­por­tance pour moi. »

Elle a été ali­men­tée par une suc­ces­sion d’in­tui­tions, de ful­gu­rances, pour écrire Aliénor. « Quand je suis ar­ri­vée à Blaye la pre­mière fois — la ville où j’ha­bite, qui est donc la ville de Jau­fré le trou­ba­dour — je ne connais­sais pas du tout l’his­toire d’aliénor. J’avais en moi l’his­toire de Loan­na, mais c’étais très vague. Quand je suis ar­ri­vée de­vant le châ­teau des Ru­del, un châ­teau qui est en ruine, pen­dant une frac­tion de se­conde, je l’ai vu tel qu’il était au XIIE siècle, re­mon­té sur ses bases, avec des fa­nions au vent et la mu­sique des man­dores dans la tête. »

Mi­reille Calmel a mis un an de tra­vail pour écrire Le règne des Lions et sor­ti­ra dé­jà le deuxième tome en fé­vrier. En­suite, elle conti­nue­ra avec Aliénor et Ri­chard Coeur-de-lion, pour un nou­veau cycle de deux livres. √ Mi­reille Calmel in­vite les lec­teurs qué­bé­cois à re­joindre ses fans sur sa page Fa­ce­book et leur sug­gère d’al­ler vi­si­ter son site Web, www.mireillecalmel.com, où elle fe­ra ré­gu­liè­re­ment des ajouts, dont un pro­logue qui fe­ra le lien entre Le lit d’aliénor et Le règne des Lions.

« Si­tôt l’épi­pha­nie pas­sée, dans cet hi­ver clé­ment qui s’était ins­tal­lé, nous quit­tâmes Bor­deaux pour Li­moges puis Fon­te­vrault, où Aliénor s’éga­ra en de longues prières aux cô­tés de la tante d’hen­ri qui, dé­sor­mais, di­ri­geait l’ab­baye. An­gou­lême, Poi­tiers, An­gers... Par­tout, ce fut le même ac­cueil, cha­leu­reux, res­pec­tueux et gai. Aliénor et Hen­ri s’y fai­saient pré­sen­ter les comptes, ré­glaient quelques que­relles, va­li­daient des dons, vi­si­taient les hos­pices, confor­taient les pri­vi­lèges, ad­mi­raient les tra­vaux de

» ré­no­va­tion, d’agran­dis­se­ment, de cons­truc­tion.

— Mi­reille Calmel, Aliénor t. 1 Le règne des Lions

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