Confession in­ache­vée

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ka­rine Vilder Col­la­bo­ra­tion spé­ciale √ Aux Édi­tions Ro­bert Laf­font, 241 pages

MON­TRÉAL | Vers le mi­lieu des an­nées 1950, le cé­lèbre scé­na­riste Ben Hecht au­rait ai­dé Ma­ri­lyn Mon­roe à cou­cher ses mé­moires sur pa­pier. Elle n’a alors que 28 ans et dé­jà, elle en a ras-le­pom­pon des in­nom­brables ra­gots qui cir­culent à son su­jet. Pour ra­battre le ca­quet des mau­vaises langues, elle ac­cepte donc de ra­con­ter qui était vrai­ment la pe­tite Nor­ma Jeane et comment, à force d’achar­ne­ment, elle a réus­si à se mé­ta­mor­pho­ser en vé­ri­table sex-sym­bol.

On le sait, son en­fance n’a fran­che­ment rien d’un conte de fées. Sa mère ayant été en­fer­mée trop tôt dans un hô­pi­tal psy­chia­trique – chez les Ba­ker, les troubles men­taux sont hé­las hé­ré­di­taires puisque son grand-père et son ar­rière-grand-mère ont connu le même sort –, Nor­ma Jean pas­se­ra par une foule de foyers d’ac­cueil avant de trou­ver le moyen d’échap­per une fois pour toutes à l’or­phe­li­nat : en ac­cep­tant d’épou­ser son voi­sin Jim Dou­gher­ty, elle au­ra en ef­fet en­fin un toit bien à elle. Mais comme ce ma­riage ne re­pose sur au­cune fon­da­tion so­lide, il se sol­de­ra ra­pi­de­ment par un divorce. Com­mencent alors les an­nées de ga­lère, même si Nor­ma Jeane se fait dé­sor­mais ap­pe­ler Ma­ri­lyn.

Aus­si belle et pul­peuse soit-elle, les met­teurs en scène ne la trouvent pas as­sez pho­to­gé­nique et plu­sieurs rôles de fi­gu­rante lui filent ain­si entre les doigts. Sa ren­contre avec l’agent John­ny Hyde se­ra donc dé­ci­sive, puis­qu’il lan­ce­ra sa car­rière en lui of­frant la chance de jouer dans Quand la ville dort de John Hus­ton. John­ny et sa blonde pro­té­gée ont-ils été amants ?

Ma­ri­lyn ne le pré­cise pas. En fait, elle laisse plu­tôt en­tendre qu’ils n’ont tou­jours été que de bons amis. Ça donne d’ailleurs un peu le ton d’en­semble de ces mé­moires, car on a presque l’im­pres­sion de cô­toyer une sainte-nitouche!

En ne se dé­voi­lant qu’à mots cou­verts, Ma­ri­lyn nous per­met néan­moins de com­prendre pour­quoi elle avait tant be­soin d’at­ti­rer l’at­ten­tion et pour­quoi elle est morte si jeune.

Mais sur­tout, elle nous per­met de com­prendre sans dé­tour sur quoi se base vrai­ment le bon­heur.

PHO­TO COURTOISIE

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