Une route par­se­mée de nou­velles em­bûches

LA SAR­CELLE À AILES BLEUES

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Jean Lé­veillé Col­la­bo­ra­tion spé­ciale jle­veille@jour­nalmtl.com

De tout temps les chas­seurs ont trans­mis leurs connais­sances per­met­tant de mieux connaître les com­por­te­ments qui dis­tinguent les divers groupes de ca­nards. Sou­vent, at­tendre dans une cache est frus­trant, et il vaut mieux ten­ter de les at­ti­rer avec des ap­pe­lants.

Mais les plus fu­tés (des oi­seaux) ap­prennent à re­pé­rer ces trom­pe­ries et à les contour­ner. Alors la par­tie de cache-cache se raf­fine, et des ap­pe­lants mo­to­ri­sés ca­pables d’imi­ter leurs mou­ve­ments sont ap­pa­rus de­puis quelques an­nées.

Une de mes filles adepte de la chasse m’en a pré­sen­té un dont les mou­ve­ments des ailes tour­nantes risquent d’at­ti­rer les ca­nards les plus cu­rieux.

UNE PE­TITE RU­SÉE DIF­FI­CILE À BER­NER

Mais la sar­celle à ailes bleues, de­meure une des plus ru­sées. De pe­tite taille cette der­nière donne sou­vent l’illu­sion en vol d’être beau­coup plus ra­pide qu’en réa­li­té.

Il n’est pas rare de croi­ser cer­tains ti­reurs em­bus­qués qui men­tionnent com­bien ils ont été pris au dé­pour­vu par une pe­tite bande dont la ma­gni­fique tache bleue sur les ailes fai­sait réa­li­ser un peu tard l’im­por­tance de leur échec.

On men­tionne sou­vent que cette es­pèce prin­ci­pa­le­ment amé­ri­caine (cer­taines sillonnent l’eu­rope) se dé­place de fa­çon as­sez dis­crète ce qui ne fa­ci­lite pas son re­pé­rage.

De plus, elle se pré­sente plus tar­di­ve­ment que les autres au prin­temps pour re­par­tir vers ses quar­tiers d’hi­ver en Amé­rique du Sud dès les signes avant-cou­reurs de l’au­tomne.

Chez nous, les mâles ar­rivent les pre­miers, et ils sont ra­pi­de­ment sui­vis par leurs com­pagnes qu’ils ont fré­quen­tées dans le sud. Les couples pro­fitent du long voyage pour raf­fer­mir leurs liens.

Le nid re­pose sur le sol près de l’eau et il est en­tou­ré par de hautes herbes pour ten­ter de le ca­mou­fler. Les oeufs se­ront entre 8 à 12 que la fe­melle couve du­rant 23 à 24 jours. Les nais­sances sont si­mul­ta­nées car les pe­tits doivent quit­ter le nid 24 heures après l’éclo­sion et se nour­rir seuls sous la su­per­vi­sion, bien sûr, de la mère.

Elle conti­nue­ra à veiller sur eux du­rant 30 à 50 jours jus­qu’au mo­ment où leur plu­mage leur per­met­tra de s’en­vo­ler. Ga­vés d’in­sectes, de mol­lusques, de crus­ta­cés, de plantes vertes et de mille den­rées qui foi­sonnent dans le mi­lieu hu­mide, ils gran­dissent au point où ils peuvent en­tre­prendre seuls leur pre­mière mi­gra­tion.

CHAMPS DE CULTURES ME­NA­ÇANTS

Une mi­gra­tion par­se­mée d’em­bûches d’au­tant plus qu’une nou­velle ver­sion d’ap­pe­lants mo­to­ri­sés et té­lé­com­man­dés mime avec plus de réa­lisme les bat­te­ments d’ailes d’un de leurs sem­blables prêt à s’en­vo­ler. Ac­tuel­le­ment un dé­fi en­core plus grand de­vient in­quié­tant, c’est la dis­pa­ri­tion de leur lieu de re­pro­duc­tion, ces champs de foin qu’on rem­place par d’autres cultures qui les privent de leurs terres na­tales si es­sen­tielles…

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