Jouer avec l’ab­surde

Entre deux spec­tacles pré­sen­tés d’un bout à l’autre de la pla­nète, le fan­tai­siste Mi­chel Lau­zière en re­met en pu­bliant le deuxième tome de son tru­cu­lent Dic­tion­naire inutile... mais pra­tique. Un pe­tit tré­sor d’hu­mour, en for­mat « poche et sa­coche », dont

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Ma­rie-france Bor­nais

Dans son nou­veau di­co, Mi­chel Lau­zière pro­pose 500 nou­velles dé­fi­ni­tions qui font rire, sou­rire et ré­flé­chir, de A (« Tour Eif­fel in­ache­vée ») à Z (« Lettre qui pend au bout du nez »). Il a res­sor­ti sa plume de des­si­na­teur et signe lui­même toutes les ca­ri­ca­tures du livre.

L’in­ou­bliable in­ter­prète de Bee­tho­ven à la pompe à bi­cy­clette, de Pe­ter Gunn en homme-or­chestre et de Mo­zart avec des bou­teilles et en rol­ler, s’est pen­ché sur une foule de su­jets, de la re­li­gion aux sports, pas­sant la con­di­tion hu­maine dans le tor­deur, pour me­ner à bien son amu­sant pro­jet.

« Je pre­nais des notes des apho­rismes, des pen­sées courtes, au­tant que pos­sible hu­mo­ris­tiques, des fois « cute », des fois un peu plus mor­dantes, et j’es­sayais de gar­der ça as­sez court. Je fai­sais ça sur­tout dans des avions ou dans les tran­sits, à temps per­du (à temps ga­gné) et j’avais à peu près 150 pe­tites pen­sées que je ne sa­vais pas trop comment clas­ser », ex­plique-t-il en en­tre­vue té­lé­pho­nique.

Il les a sou­mises à son bon ami Pierre Huet, qui était pa­ro­lier de Beau Dom­mage. « Il a un très bon sens de l’hu­mour. Il m’a don­né cer­tains conseils et m’a sug­gé­ré de faire un dic­tion­naire, en trans­for­mant mes phrases en dé­fi­ni­tions. Ça a par­ti le bal et de 150 dé­fi­ni­tions, j’en ai fait 500 pour le pre­mier tome, pu­blié en 2005. Il a été ré­im­pri­mé chaque an­née et on en est à 12 000 co­pies. »

Mi­chel Lau­zière joue avec l’ab­surde et un sens du punch très ef­fi­cace pour créer, page après page, des dé­fi­ni­tions qui sont à la fois simples et ef­fi­caces. (« Gants : en­semble de mi­taines in­di­vi­duelles pour chaque doigt. » ou « Noir­ceur : Chose qui va aus­si vite que la lu­mière, mais en res­tant dans l’ombre. »)

« Lors­qu’on voit ça, on dit c’est donc vrai. Il y a sou­vent un fond de vé­ri­té. Quand je ris de nos tra­vers, je ris de moi. J’en vois sou­vent en moi et c’est pour ça que je les ex­prime. Et c’est pour ça que les gens se re­con­naissent dans ces tra­vers. J’es­saie de faire des choses sub­tiles, des fois c’est vo­lon­tai­re­ment un peu moins sub­til. Mais ce qui fait l’in­té­rêt de ce livre, c’est de voir qu’à cô­té d’une chose très ca­ri­ca­tu­rale et très cri­tique so­ciale, il y a une pe­tite dé­fi­ni­tion, presque poé­tique, amu­sante, qui fait sou­rire. Les mêmes cou­leurs re­viennent, mais on ne sait ja­mais quand. »

Dans les W, Mi­chel Lau­zière man­quait de mots et n’a pas hé­si­té à pla­cer la dé­fi­ni­tion du mot « Er­reur » tan­dis que dans les Y, il s’est amu­sé avec les mots yé-yé et ya-ya, ajou­tant un nom propre, Yoël De­nis...

EN CHINE

Le « per­for­mer » et in­ven­teur connaît en ce mo­ment un suc­cès in­ter­na­tio­nal avec ses shows pré­sen­tés d’un bout à l’autre de la pla­nète. Au mo­ment de l’en­tre­vue, il ar­ri­vait de Ge­nève, en Suisse, pré­pa­rait un spec­tacle à Chi­cou­ti­mi et son pro­chain dé­part pour le Qa­tar, au Moyen-orient. Il ren­tre­ra chez lui pour Noël, puis com­men­ce­ra l’an­née en Chine pour faire une émis­sion de té­lé, avant de re­par­tir pour l’al­le­magne.

« De­puis trois ans, à peu près, j’ai fait des té­lé­vi­sions en Chine ré­gu­liè­re­ment, qui ont dé­blo­qué sur des one-man-show à Hong Kong cet été, en juillet et août, et ceci dé­bloque main­te­nant sur une tour­née en Chine au prin­temps. C’est une tour­née de one-man-show — on ne parle pas de cinq mi­nutes à la té­lé­vi­sion. C’est une très belle aven­ture qui s’en vient! »

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