RE­TROU­VAILLES ENTRE NA­NA MOUS­KOU­RI ET ROCH VOI­SINE

MON­TRÉAL | La grande Na­na Mous­kou­ri, qui compte plus de 50 ans de car­rière et qui a ven­du plus de 300 mil­lions d’al­bums dans le monde, vient de lan­cer son nou­vel opus, Na­na & friends, Ren­dez-vous, com­po­sé de duos. Elle a re­pris quelques-uns de ses plus gr

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Agnès Gau­det

L’es­pace d’un mo­ment, ils se sont re­trou­vés au té­lé­phone, elle, à Ge­nève en Suisse où elle ha­bite, lui, ici à Mon­tréal. Avec grand plai­sir, pour les be­soins de notre jour­na­liste, qui les a dis­crè­te­ment épiés, ils ont échan­gé quelques sou­ve­nirs. Na­na : « Roch tu es là ? Oh là là ! Je vou­lais tel­le­ment te par­ler. Je te re­mer­cie de tout mon coeur pour ta par­ti­ci­pa­tion. Tu as don­né une tout autre al­lure à la chan­son. » Roch : « Dom­mage qu’on n’ait pas pu la faire en­semble en stu­dio. »

Na­na ex­plique pour­quoi elle a choi­si Roch Voi­sine pour cet al­bum.

« Moi qui viens d’avant, j’ai ren­con­tré sur ma route, des gens qui ont lais­sé des traces im­por­tantes.

C’était très im­por­tant que tu sois sur cet al­bum. Tu es de la même gé­né­ra­tion que mes en­fants. Il y a trois gé­né­ra­tions sur le disque. » Roch : « Vous vous sou­ve­nez Na­na, la pre­mière fois que vous êtes ve­nue me voir en concert avec votre fille Hé­lène ? Il y a long­temps. C’était le même soir qu’el­ton John. C’était la pre­mière fois qu’on se croi­sait. Vous m’aviez dit « il faut que je te parle de quelque chose. » Na­na : « Je suis en­trée très fa­ci­le­ment dans ton uni­vers. Et j’ai re­pris une de tes chan­sons, Dix mille ans, une de mes plus belles chan­sons. » Roch : « Vous vous sou­ve­nez, j’ai eu la chance de faire vos pre­mières par­ties. Har­ry Be­la­fonte n’était pas ve­nu. Il ne pou­vait pas faire la tour­née. John Mc­der­mott et moi l’avions rem­pla­cé, lui au Ca­na­da, moi au Qué­bec. » On ima­gine le sou­rire de Na­na. « Oui, bien en­ten­du que je me sou­viens. »

Na­na rap­pelle qu’elle était ra­vie que Roch in­ter­prète cette chan­son Adieu An­ge­li­na, avec elle.

« J’y pen­sais tou­jours, » dit-elle. Roch : « C’était en plein dans mes cordes, très folk. Na­na : « Moi, de­puis le dé­but, j’étais très folk. Je ve­nais sou­vent au Ca­na­da et aux États-unis, mais mes co­équi­piers étaient plu­tôt jazz. Le coun­try est tout ce que j’aime le plus. » Roch : « Votre mu­sique vous a per­mis de faire car­rière à l’in­ter­na­tio­nal, d’al­ler par­tout. Moi, j’ai connu la grande Na­na Mous­kou­ri avec mes pa­rents et grand­spa­rents. Quand on s’est croisés, ça s’est fait tout seul, automatique. » Na­na : « Oui, la com­pli­ci­té s’est ins­tal­lée tout de suite. » Roch : « C’est vous Na­na qui m’avez don­né le truc de prendre une gor­gée de vin rouge avant de mon­ter sur scène pour ré­chauf­fer les cordes vo­cales. Et je le fais en­core tou­jours. » Na­na : « Oui, un verre, pas deux. Ni la bou­teille. Je me sou­viens, c’est Juliette Gre­co qui di­sait la même chose. » Roch : « J’au­rais ai­mé chan­ter en duo avec vous, en stu­dio. À dis­tance, la ma- gie opère plus len­te­ment. Au dé­but, j’ai eu des pe­tits pro­blèmes de to­na­li­té. Après avoir ajus­té le cô­té tech­nique et dé­cou­pé la chan­son dif­fé­rem­ment, j’ai re­chan­té la nou­velle ver­sion et j’étais plus à l’aise. » Na­na : « C’était très bien. Ça donne une mon­tée à la chan­son. Je leur avais dit de­puis le dé­but que ce n’était pas la bonne to­na­li­té. Mais ils sont très lé­gers dans la tête ces mu­si­ciens-là ! » Roch : « Il y a en ce mo­ment en France une mode in­croyable pour les duos, trios et qua­tuors à la té­lé et tout le monde sait qu’un bon duo, comme ce­lui de Bar­bra Strei­sand et Neil Dia­mond ( You don’t bring me flo­wers), il faut les construire. » Na­na : « Plu­sieurs chan­sons de l’al­bum par la suite ont été re­faites dans la bonne to­na­li­té. Ils ont com­pris.

Un duo c’est un pas de deux. Il faut faire sor­tir le son et l’émo­tion en même temps. »

« Ce qui m’agace un tout pe­tit peu en ce mo­ment en France, c’est que la masse de gens chante tous le beat, sans per­son­na­li­té. C’est dif­fé­rent de ce que j’en­re­gis­trais il y a 50 ans ! »

Na­na Mous­kou­ri pro­fite de l’oc­ca­sion pour in­vi­ter Roch Voi­sine à ve­nir en France pour par­ti­ci­per live à un en­re­gis­tre­ment de l’émis­sion de Mi­chel Dru­cker avec elle.

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