Avant et après la chute du mur

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(MFB) Dou­glas Ken­ne­dy n’a ja­mais vé­cu à Ber­lin avant la chute du « mur de la honte », mais une vi­site à Ber­lin en 1983 l’a beau­coup mar­qué et a contri­bué, en quelque sorte, à don­ner nais­sance à Cet ins­tant-là.

« J’ai beau­coup voya­gé dans les pays de l’eu­rope de l’est. J’ai ga­gné une bourse du gou­ver­ne­ment al­le­mand en 1983 et j’ai pas­sé trois mois dans un Goethe Ins­ti­tute pour ap­prendre la langue. Et j’ai com­men­cé à voya­ger », ra­conte l’écri­vain.

« Ber­lin, en 1983, m’a beau­coup mar­qué. L’ouest de Ber­lin, comme je le dé­cris dans le ro­man, était très rock’n’roll, louche, dro­gué, mais aus­si très cul­tu­rel. C’était l’époque de Von Ka­rayan et des grands théâtres. Mais l’est...

« On a tra­ver­sé Check­point Char­lie, et c’est exac­te­ment comme je l’ai dé­crit dans le ro­man, puisque ce sont mes sou­ve­nirs : très asep­ti­sé, très noir et blanc, très bé­ton. Je me sou­viens de ça. Et c’était si, si, si fer­mé. Main­te­nant, j’ai un ap­par­te­ment à Ber­lin, à Prenz­lauer-berg, dans l’an­cien Est.

« Une des choses ex­tra­or­di­naires, c’est que tout le monde ou­blie la guerre froide, qui pour­tant s’est ter­mi­née en 1989 avec la chute du mur. Tout le monde ou­blie ça et j’ai dé­ci­dé de re­créer cette at­mo­sphère. C’est un mo­ment his­to­rique qui est très proche de notre époque. »

À Ber­lin, Dou­glas Ken­ne­dy a vrai­ment as­sis­té à un concert de l’or­chestre philarmonique de Ber­lin, di­ri­gé par le maes­tro au­tri­chien Her­bert von Ka­rayan. Mo­ment qu’il évoque dans le ro­man. « C’était tout à fait re­mar­quable... un des grands évé­ne­ments mu­si­caux de ma vie. »

VILLE STI­MU­LANTE

Au­jourd’hui, l’écri­vain mé­lo­mane consi­dère que la ville de Ber­lin est très sti­mu­lante pour un créa­teur. « Je suis com­plè­te­ment à l’aise dans les villes. Mon­tréal et Qué­bec sont des villes sti­mu­lantes, Bos­ton aus­si. Mais Ber­lin, c’est sti­mu­lant pour plu­sieurs choses. D’abord, ça reste la ca­pi­tale la plus abor­dable dans le monde, donc c’est une ville de jeunes. J’ai 56 ans, mais je reste jeune. Hon­nê­te­ment, ce n’est pas une ville où il y a des am­bi­tions vastes et une pres­sion pour le suc­cès tout le temps, comme à New York ou à Londres. Ber­lin, pour les jeunes ar­tistes et les ar­tistes plus âgés, c’est par­fait : on peut vivre là-bas pas cher et faire la vie de bo­hème. »

CLIN D’OEIL À QUÉ­BEC

Dou­glas Ken­ne­dy fait aus­si un pe­tit clin d’oeil à la ville de Qué­bec dans le ro­man, ima­gi­nant que son hé­ros Tho­mas Nes­bitt a un ac­ci­dent de ski de fond à Qué­bec. « À tous les ans, je passe une se­maine dans la ville de Qué­bec parce que je suis un grand ama­teur de ski de fond. En jan­vier, je se­rai au Mont-sainte-anne. Mais je n’ai ja­mais eu d’ac­ci­dent de ski de fond! »

Il a d’ailleurs vi­si­té le Qué­bec au moins une di­zaine de fois. « J’adore Mon­tréal. Je peux quit­ter ma mai­son du Maine et ar­ri­ver à Qué­bec en 4 h 45. Et je suis dans un pays dif­fé­rent, dans une pro­vince fran­co­phone et j’adore ça parce que je suis 100 % à l’aise en fran­çais. »

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