VERTGINEUSE Ba­viere

MU­NICH, Al­le­magne | Avec ses pay­sages bu­co­liques, ayant pour toile de fond les hauts som­mets des Alpes, la Ba­vière exige qu’on prenne le temps de re­gar­der, d’écou­ter, de hu­mer, de tou­cher et de sa­vou­rer. Pour ce­la, rien n’égale le bon­heur de suivre la Rou

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Lise Gi­guère Agence QMI

Créée dans les an­nées 1950, la Route ro­man­tique a été pen­sée pour dis­si­per l'image né­ga­tive lais­sée par la Se­conde Guerre mon­diale. Pa­ri réus­si puisque 61 ans plus tard, ce cir­cuit de­meure l’un des plus connus au monde.

Il dé­bute à Würz­burg, une ville uni­ver­si­taire en­tou­rée de vi­gnobles et se ter­mine à Füs­sen, pe­tite ville mé­dié­vale, si­tuée sur une an­cienne voie ro­maine.

Sur la route, de douces col­lines, de belles val­lées, de verts pâ­tu­rages où brou- tent pai­si­ble­ment des vaches si­len­cieuses (les clo­chettes sont ré­ser­vées aux Alpes), des fermes co­quettes, de jo­lies mai­sons or­nées de fresques et char­gées de fleurs avec, en toile de fond, ce pa­no­ra­ma gran­diose de mon­tagnes. Plus on avance et plus on a l’im­pres­sion de tour­ner les pages d’un livre d’images. Heu­reu­se­ment que l'ac­co­te­ment ne per­met pas les ar­rêts pho­to, car on met­trait une éter­ni­té à par­cou­rir les quelque 385 km, tel­le­ment les pos­si­bi­li­tés de pho­tos sont nom­breuses. Chaque pe­tite ville ra­conte une his­toi- re. Celle des ci­tés mé­dié­vales (Ro­then­burg O.D.T, Nörd­lin­gen, Din­kelsbühl), celle de la che­va­le­rie teu­to­nique (Bad Mer­gen­theim), celle des villes im­pé­riales (Würz­burg et Aug­sburg). Il ne faut pas ou­blier de men­tion­ner la ré­gion de Pfaf­fen­win­kel et son église, Wies, une vé­ri­table splen­deur et un chef-d'oeuvre de l’art ro­co­co, clas­sée au pa­tri­moine de L’UNESCO, ni le fa­meux châ­teau de Neu­sch­wan­stein dont l’ex­té­rieur à ins­pi­ré Walt Dis­ney pour son châ­teau de La

Belle au bois dor­mant.

EN ROUTE POUR LES ALPES

Les Alpes sont en­core plus im­pres­sion­nantes sur le cir­cuit qui porte leur nom, la Route des Alpes. Do­mi­né par les hauts som­mets en­nei­gés, sur 450 km, ce par­cours est riche de na­ture et de ver­dure sur la­quelle tranche le bleu des nom­breux lacs.

La Route des Alpes se rend de Lin­dau, sur les rives du lac de Constance, jus­qu’à Berch­tes­ga­den, au bord du lac Kö­nig­ssee, à un saut de puce de la fron­tière au­tri­chienne. Ses nom­breux lacs, ses parcs na­tio­naux et ses ré­serves na­tu­relles s’ouvrent aux ac­ti­vi­tés spor­tives (ran­don­née, sports nau­tiques, raf­ting, vols en mont­gol­fière, pa­ra­pente), sans ou­blier la plus im­por­tante sta­tion de ski des Alpes, à Gar­mish-par­ten­kir­chen, d’où il et éga­le­ment pos­sible d’at­teindre, en té­lé­fé­rique, le Zug­spitze, le som­met culmi­nant d’al­le­magne, qu’elle par­tage avec l’au­triche.

Une autre ex­cur­sion, qui exige d’avoir le coeur bien ac­cro­ché et de bons sou­liers, c’est la Part­na­chk­lamm, un sen­tier amé­na­gé en sui­vant un tor­rent qui s’écoule à tra­vers les Alpes et qui dé­bouche sur un pay­sage de rêve et une char­mante pe­tite au­berge (Fors­thaus Gra­seck) où l’on nous sert la col­la­tion ba­va­roise ty­pique, qui se com­pose de

jam­bons, de dif­fé­rents sau­cis­sons, de fro­mage et de pain.

Comme c’était le cas pour la Route ro­man­tique, l’his­toire de la Ba­vière se ra­conte à tra­vers les châ­teaux, les for­te­resses, les pa­lais, les mo­nas­tères, les mai­sons sé­cu­laires re­cou­vertes de fresques, les églises, mais éga­le­ment dans les pro­fon­deurs des mines de sel de Berch­tes­ga­den.

Cette jo­lie pe­tite ville, bien an­crée dans ses tra­di­tions, étape fi­nale de la Route des Alpes, était au­tre­fois la pré­fé­rée d’hit­ler. Il ai­mait y pas­ser ses va­cances et a fi­ni par la pro­cla­mer « zone ré­ser­vée du Fü­rher ». Pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale, elle a même été le se­cond lieu d’exer­cice du pou­voir après Ber­lin.

Berch­tes­ga­den a conser­vé le « nid d’aigle », le cha­let construit sur le pic du Kehl­stein et of­fert à Hit­ler pour son cin­quan­tième an­ni­ver­saire. Sur ce site his­to­rique, la ville a fa­vo­ri­sé l’ins­tal­la­tion d’un hô­tel cinq étoiles de la chaîne In­ter­con­ti­nen­tal dont les chambres offrent des vues spec­ta­cu­laires sur les cimes en­nei­gées et sur le « nid d’aigle ».

À quelques mi­nutes de marche de l’hô­tel, l’ins­ti­tut d’his­toire contem­po­raine a créé le Centre de do­cu­men­ta­tion de l’ober­salz­berg. Ad­ja­cent au bun­ker, que l’on peut vi­si­ter, plus de 950 pho­tos, do­cu­ments, af­fiches, films et en­re­gis­tre­ments, etc. Une trou­blante ex­po­si­tion qui, au terme du par­cours de ces deux routes, les plus cé­lèbres d’al­le­magne, nous émeut.

UN BON­HEUR POUR LES SENS

À chaque arrêt, on peut ad­mi­rer le pay­sage en sa­vou­rant une bière lo­cale ou des mets ré­con­for­tants ser­vis en portions plus que gé­né­reuses.

Les vaches qui broutent dans les al­pages pro­duisent une mé­lo­die en­voû­tante et l’écho sur le lac Kö­nig­ssee ré­pond à la per­fec­tion à nos ap­pels.

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8 1. et 3. Pay­sages de la Ba­vière. 2. Le « nid d'aigle », le cha­let of­fert à Hit­ler pour son cin­quan­tième an­ni­ver­saire, per­met un point de vue ex­tra­or­di­naire sur les Alpes. 4. Ar­ro­sée par le Lech, Füs­sen est le point de dé­part (ou d'ar­ri­vée) de la Route ro­man­tique. 5. Sur les mai­sons, des fresques ra­content l'his­toire. 6. Dif­fi­cile de ne pas suc­com­ber à la beau­té de ces pe­tites mai­sons dé­co­rées de fleurs. 7. Au bout de cette rue, le Zug­spitze, le som­met le plus éle­vé des Alpes. 8. À proxi­mi­té de Gar­mish-par­ten­kir­chen, un sen­tier amé­na­gé per­met de suivre un tor­rent qui coule entre les pa­rois rap­pro­chées des Alpes. PHO­TOS AGENCE QMI |

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