Des abo­ri­gènes mu­nis de ipads

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Louis-phi­lippe Mes­sier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale GEO.

Les chas­seurs et les trap­peurs ex­pé­ri­men­tés sont sou­vent les mieux pla­cés pour four­nir des ren­sei­gne­ments fiables et com­plets quant aux po­pu­la­tions ani­males des ré­gions où ils traquent leurs proies. An Afrique, le pro­jet Cy­bert­ra­cker a en­sei­gné à des abo­ri­gènes anal­pha­bètes à uti­li­ser des ta­blettes nu­mé­riques avec des in­ter­faces uti­li­sant seule­ment des sym­boles et des des­sins.

Ces abo­ri­gènes ne savent pas lire les mots; en re­vanche, ils ex­cellent à in­ter­pré­ter les traces des ani­maux dans la na­ture : « Les bons pis­teurs sont ca­pables d’iden­ti­fier une es­pèce, de dé­duire si l’ani­mal mar­chait ou cou­rait, s’il était mal en point, s’il trans­por­tait quelque chose, ex­plique le bio­lo­giste Serge La­ri­vière en en­tre­vue avec Qué­bec Science… Ima­gi­nez les traces lais­sées par une be­lette qui traîne un lièvre dans la neige, une proie fai­sant deux fois son poids. Ça donne une trace très floue, mais les plus ex­pé­ri­men­tés réus­sissent à l’in­ter­pré­ter. Chez cer­taines es­pèces, il leur est même pos­sible d’es­ti­mer la taille de l’ani­mal et de de­vi­ner son sexe. » M. La­ri­vière sait de quoi il parle: il est le di­rec­teur de l’of­fice de la sé­cu­ri­té du re­ve­nu des chas­seurs et pié­geurs cris. Le re­por­tage de Qué­bec Science in­ti­tu­lé

Cher­cheurs de traces nous ré­vèle com­bien les don­nées four­nies par les chas­seurs peuvent être utiles aux scien­ti­fiques : « L’ob­ser­va­tion des pistes en na­ture et leur com­pi­la­tion per­mettent donc de consti­tuer une base de don­nées bio­lo­giques consi­dé­rables. (…) Les trap­peurs connaissent si bien leur ter­ri­toire qu’il leur est fa­cile de dé­ter­mi­ner si la den­si­té d’un ani­mal aug­mente, si elle est stable ou en dé­clin. » Com­bien de trap­peurs pro­fes­sion­nels y a-t-il au Qué­bec ? 8 000. Voi­là un bon bas­sin de main-d’oeuvre pour four­nir des don­nées au mi­nis­tère des Res­sources na­tu­relles et de la Faune. jourd’hui, plu­sieurs de ces géants de pierres de­meurent éten­dus. Des lé­gendes les en­tourent, bien sûr : « On dit que, la nuit, ils marchent et vi­sitent les rêves des hu­mains », ra­conte une vieille Ta­hi­tienne in­ter­ro­gée par

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.