Cher bar­bu jouf­flu,

Le Journal de Quebec - Weekend - - NOËL SELON PATRICK HUARD -

Ça fait un bail que je n’ai pas pris la plume pour t’écrire.

En fait, de­puis que ma fille est pas­sée à fa­ce­book. Je

ne sais pas si c’est l’ar­ri­vée pro­chaine de ton amie la ci­gogne qui me

donne en­vie de re­prendre contact avec toi, mais cette

an­née ça me dé­man­geait. J’ai tel­le­ment de choses à te dire. D’abord

sa­vais-tu que ton nom de fa­mille est de­ve­nu ta­bou chez-nous

? J’ai­me­rais t’ex­pli­quer pour­quoi, mais je ne suis pas sûr

de com­prendre et, si je com­prends, je ne suis pas sûr que j’ai en­vie d’en

par­ler. Alors, ne t’of­fusque pas si à par­tir de main­te­nant on t’ap­pelle

juste «lepère».

Je vou­drais aus­si m’ex­cu­ser pour toutes les fois ou je me suis fait pas­ser pour toi. Chaque fois je l’ai fait c’était

pour le plai­sir de voir des en­fants s’émer­veiller. Je sais : c’est

égoïste. Mais y’en a d’autres qui le font pour nous vendre

des conne­ries. D'ailleurs, y’a rien que tu peux faire pour ar­rê­ter

ça ? Ça me tape sur les nerfs !!! Tu pour­rais pas au moins avoir droit

de re­gard sur le cas­ting et le cos­tume ? Y’a tou­jours

un des deux qui est vrai­ment poche ! Aus­si, je crois que je ne t’ai ja­mais re­mer­cié pour

mon jeu de hockey sur table, mes vi­nyles de Su­per­tramp

et mon 6 mil­lion dol­lars man. Mais sur­tout pour tous les mo­ments de

bon­heur pas­sés avec ma fa­mille et les amis chaque an­née. Cette an­née pour Noe...oups… Cette an­née, pour ces

temps de ré­jouis­sances, j’ai­me­rais te de­man­der une chose

! Une seule ! J’ai­me­rais que tu ap­portes à tous les Qué­bé­cois de l’amour,

de la san­té, du fun, du re­pos, de la sé­ré­ni­té et sur­tout cette chose

mys­té­rieuse après la­quelle nous cou­rons tous : « le Bon­heur

». Et je ne dis pas ça parce que c’est le titre de mon nou­veau spec­tacle...

c’est un pur ha­sard. Mais chaque fois que je me suis fait pas­ser pour

toi, je le voyais dans les yeux des gens au­tour, tu dois donc

sa­voir de quoi je parle. Bon je te laisse et on se re­parle l’an pro­chain. Je

t’écri­rai au nom d’un pe­tit bon­homme d’un an moins quelques

pous­sières. Je te sou­haite à toi et toute ta « gang » un très joyeux No...

temps des fêtes ! Et pour la nou­velle an­née, « le Père », je te sou­haite à toi

et à tous les Qué­bé­cois ce que le mien me souhaitait chaque

an­née : « Je ne te sou­haite pas tout ce que tu dé­sires, mais plu­tôt tout

ce qui se­ra bon pour toi ! »

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