Luc Bes­son sort son film sur Aung San Suu Kyi

Le Journal de Quebec - Weekend - - CE QUI SE PASSE À PARIS -

Pré­sen­té en avant-pre­mière mon­diale au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de Toronto en sep­tembre der­nier, The La­dy, le bio­pic sur l’op­po­sante bir­mane et Prix No­bel de la paix Aung San Suu Kyi réa­li­sé par Luc Bes­son, est à l’af­fiche en France de­puis trois se­maines et sor­ti­ra au Qué­bec en avril pro­chain.

Après des films d’ac­tion, de science-fic­tion, d’aven­ture et d’ani­ma­tion ( Le grand bleu, Ar­thur et les Minimoys), le ci­néaste et pro­duc­teur fran­çais se plonge dans un film po­li­tique qui re­trace le com­bat d’une femme qui a consa­cré sa vie à la li­ber­té de son peuple. À tra­vers le des­tin de cette femme hors-norme, forte et pa­ci­fiste (in­ter­pré­tée par Mi­chelle Yeoh), Luc Bes­son nous ra­conte aus­si une his­toire d’amour fon­dée sur un couple so­lide in­ves­ti du même rêve : ce­lui de voir un jour la Bir­ma­nie libre et dé­mo­cra­tique, dé­bar­ras­sée de la junte mi­li­taire qui contrôle le pays de­puis 1962.

Tout le monde connaît Aung San Suu Kyi, fi­gure de l’op­po­si­tion non-vio­lente bir­mane, as­si­gnée à ré­si­dence de 1989 à 2010, mais peu connaissent son com­bat et sa vie. En 1990, elle rem­porte les élec­tions avec 80 % des sièges, mais les mi­li­taires au pou­voir re­fusent le ré­sul­tat et aug­mentent la ré­pres­sion et la vio­lence en­vers l’op­po­si­tion. Deux ans plus tôt, Aung San Suu Kyi ha­bi­tait en­core à Ox­ford en An­gle­terre, avec son ma­ri Mi­chael Aris et leurs deux garçons. Cette an­née-là, elle se rend en Bir­ma­nie au che­vet de sa mère ma­lade. Elle pense par­tir deux se­maines, mais ne re­vien­dra ja­mais en An­gle­terre.

Le peuple bir­man a vu en cette fille d’un gé­né­ral in­dé­pen­dan­tiste de­ve­nu hé­ros et mar­tyr leur meilleur es­poir pour em­me­ner le pays vers la dé­mo­cra­tie. À par­tir de ce mo­ment, elle ne ces­se­ra de se battre pour la li­ber­té de son pays pen­dant que la junte exerce une pres­sion sur elle, d’abord en la main­te­nant pri­son­nière dans sa propre mai­son, mais aus­si en lui of­frant de quit­ter le pays sans tou­te­fois ne pou­voir re­ve­nir. Ce qu’elle re­fu­se­ra tou­jours. Même lorsque son ma­ri lui an­nonce qu’il est at­teint d’un can­cer in­cu­rable. Ils ne se re­ver­ront ja­mais, la Bir­ma­nie ayant re­fu­sé les vi­sas à son ma­ri et ce­lui-ci s’op­po­sant à ce qu’aung San Suu Kyi quitte dé­fi­ni­ti­ve­ment le pays. L’his­toire de cette grande dame, c’est aus­si le dou­lou­reux sa­cri­fice d’une femme et d’une mère.

Le film de Bes­son est certes une pro­duc­tion fran­çaise, mais em­prunte tous les codes du bio­pic amé­ri­cain avec tout son lot d’émo­tion, de ten­sion et de mu­sique. Il nous ra­conte une his­toire forte et tou­chante où l’on en ap­prend certes beau­coup sur Aung San Suu Kyi, mais son film souffre ce­pen­dant de cou­pures dras­tiques et de sauts dans le temps un peu gê­nants. La cri­tique fran­çaise est quant à elle mi­ti­gée face à ce nou­veau film de Bes­son. Si Té­lé­ra­ma ac­corde une cri­tique plu­tôt po­si­tive en écri­vant que The La­dy « sé­duit en re­vanche là où on ne l’at­ten­dait pas : dans le re­gistre du mé­lo », Le Monde écrit quant à lui que le film « n’offre pas plus d’in­for­ma­tions et d’émo­tions qu’une image pieuse ».

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