s’en sort très bien

La « Lis­beth » amé­ri­caine

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

MON­TRÉAL | Tout le monde se de­man­dait si Roo­ney Ma­ra se­rait aus­si convain­cante que Noo­mi Ra­pace dans le re­make amé­ri­cain de Mil­lé­nium : l’homme qui n’ai­mait pas les femmes.

La ré­ponse est oui.

Les ama­teurs des ro­mans de Stieg Lars­son et de la ver­sion du film avec Mi­chael Ny­q­vist et Noo­mi Ra­pace n’ont pas ca­ché leur crainte quand Da­vid Fin­cher a dé­ci­dé d’en faire une nou­velle ver­sion avec Da­niel Craig et Roo­ney Ma­ra. Or, la jeune ac­trice est convain­cante, même si elle livre une lec­ture com­plè­te­ment dif­fé­rente du per­son­nage. Dans Mil­lé­nium : l’homme qui n’ai­mait pas les femmes, le jour­na­liste Mi­kael Blomk­vist (Da­niel Craig) est em­bau­ché par Hen­rik Van­ger (Ch­ris­to­pher Plum­mer) pour faire la lu­mière sur la dis­pa­ri­tion de sa nièce qui s’est pas­sée il y a 40 ans. Pa­ral­lè­le­ment, Lis­beth Sa­lan­der (Roo­ney Ma­ra), d’abord en­ga­gée pour fouiller dans le pas­sé de Blomk­vist, se re­trouve bien­tôt à être sa co­équi­pière dans cette en­quête.

En voyant ce film de 158 mi­nutes si­gné Da­vid Fin­cher ( Le ré­seau so­cial, Fight

Club), les fans de la tri­lo­gie de ro­mans et des longs mé­trages sué­dois ne se­ront pas dé­çus. L’es­prit Mil­lé­nium est bien pré­sent et n’est pas pas­sé à la trappe de la mou­li­nette hol­ly­woo­dienne.

CRAIG, SÛR DE LUI

Da­niel Craig est mieux que Mi­chael Ny­q­vist en Mi­kael Blomk­vist, car il est plus sûr de lui, plus dé­ter­mi­né. Roo­ney Ma­ra donne de Lis­beth Sa­lan­der une ver­sion plus lé­gè- re, moins trou­blée que celle jouée par Noo­mi Ra­pace. Ce n’est ni mieux ni pire, sim­ple­ment dif­fé­rent. Le scé­na­riste Ste­ven Zaillian ( La liste de

Schind­ler) a pris quelques li­ber­tés avec le ro­man. On lui par­donne à cer­taines oc­ca­sions (le des­tin d’har­riet par exemple), on est plus in­tran­si­geant sur d’autres as­pects (la re­la­tion entre Lis­beth et son pa­tron est com­plè­te­ment ra­tée).

Les deux scènes de viol, par­ti­cu­liè­re­ment crues dans le ro­man et dans le film ori­gi­nal, n’ont pas été es­ca­mo­tées. Fil­mées avec ce qu’il faut d’hor­reur par Da­vid Fin­cher, elles sont tout aus­si ef­fi­caces ici.

QUELQUES LON­GUEURS

Mil­lé­nium : l’homme qui n’ai­mait pas les

femmes souffre, par contre, de quelques lon­gueurs. Ste­ven Zaillian a choi­si de faire du­rer l’en­quête et d’éva­cuer des élé­ments de la conclu­sion (l’angle na­zi est com­plè­te­ment obli­té­ré, on se de­mande bien pour­quoi). De la même ma­nière, la fin est de­ve­nue — avec quelques ajouts du deuxième vo­let — une his­toire d’amour dé­çu à l’eau de rose, ce qui nous éloigne désa­gréa­ble­ment de l’ori­gi­nal.

Glo­ba­le­ment, ce Mil­lé­nium re­vi­si­té par Da­vid Fin­cher n’est pas mau­vais. Il est, par contre, beau­coup plus froid que le long mé­trage sué­dois. On ne s’at­tache pas aux per­son­nages, on ne s’im­plique nul­le­ment dans l’his­toire ni dans l’en­quête sur le tueur en sé­rie et ce qu’il est ad­ve­nu de Har­riet de­vient in­in­té­res­sant.

Un der­nier mot pour sou­li­gner la très bonne trame so­nore de Trent Raz­nor et At­ti­cus Ross. On dé­plore, par contre, le gé­né­rique d’ou­ver­ture sur une mu­sique de Led Zeppelin qui fait plus vi­déo­clip à la James Bond que ro­man po­li­cier sué­dois.

Mil­lé­nium : l’homme qui n’ai­mait pas les femmes ∂∂∂Σ

PHO­TO COURTOISIE

Un film de Da­vid Fin­cher met­tant en ve­dette Da­niel Craig, Roo­ney Ma­ra et Ch­ris­to­pher Plum­mer. À l’af­fiche.

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