Le cham­pion du dé­fi­le­ment ho­ri­zon­tal

En cette veille de Noël et dans le plus pur es­prit des Fêtes, pro­fi­tons de l’oc­ca­sion pour évi­ter toute forme de sar­casme, de mo­ro­si­té ou de ju­ge­ment.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Steve Tilley Agence QMI

Je­tons plu­tôt un coup d’oeil sur quelques sta­tis­tiques in­té­res­santes : Call of Du­ty: Mo­dern War­fare 3 a gé­né­ré un mil­liard de dol­lars de re­cettes, au cours de ses 16 pre­miers jours de ventes. C’est de loin, le plus gros lan­ce­ment de l’his­toire du di­ver­tis­se­ment, toutes ca­té­go­ries et mé­dias confon­dus.

AU­CUNE COMPARAISON POS­SIBLE

Entre-temps, Ray­man Origins af­fiche des ventes d’en­vi­ron 3 mil­lions $, après ses quatre pre­mières se­maines en bou­tique. Ce­la si­gni­fie qu’il a fal­lu en­vi­ron un mois, à Ray­man, pour gé­né­rer 0,3 % des re­cettes pro­duites par Mo­dern War­fare 3 en un peu plus de deux se­maines.

Pour mettre les choses en contexte, Mo­dern War­fare 3 est, bien sûr, un phé­no­mène de la culture po­pu­laire et ses ventes sont comp­ta­bi­li­sées mon­dia­le­ment, alors que les chiffres de Ray­man concernent seule­ment le ter­ri­toire amé­ri­cain. Mal­gré ce­la, le fos­sé entre ces jeux est si… si… non, nous avons pro­mis de gar­der un ton po­si­tif et de ne pas re­cou­rir à l’iro­nie. Ray­man Origins, comme le sug­gère le titre du jeu, est, en quelque sorte, un re­tour aux sources de cette fran­chise à la longue his­toire. S’il est moins connu en Amé­rique du Nord que dans son Eu­rope na­tale, Ray­man est ac­tif de­puis presque aus­si long­temps que Ma­rio, So­nic et ces autres per­son­nages de jeu ico­niques de la fin des an­nées 80 et du dé­but des an­nées 90.

JEU DE PLATES-FORMES RÉUS­SI

Ce jeu de plates-formes bi­di­men­sion­nel à dé­fi­le­ment ho­ri­zon­tal montre qu’ubi­soft et le concep­teur de jeux fran­çais (et créa­teur de Ray­man), Mi­chel An­cel, ont per­fec­tion­né et fi­ne­ment raf­fi­né leur dé­fi­ni­tion d'un genre clas­sique.

L’his­toire est aus­si bi­zarre et sur­réa­lis- te que tout ce qui consti­tue l’uni­vers de Ray­man. Alors qu’il s’amuse en com­pa­gnie de ses amis dans la Croi­sée des rêves, Ray­man sus­cite, sans le vou­loir, l’ire d’une vieille dame grin­cheuse du ter­ri­toire voi­sin, qui lâche, pour se ven­ger, une horde de cau­che­mar­desques Dark­toons sur le monde. Ray­man et ses amis doivent sau­ter, se ba­lan­cer, don­ner des coups de poing et de pied, glis­ser et se pro­pul­ser aux tra­vers de pay­sages aux cou­leurs vi­brantes pour sau­ver les mi­gnons Elec­toons, cap­tifs des mé­chants Dark­toons.

CONCEP­TION SOI­GNÉE

La concep­tion et le rythme du jeu frisent la per­fec­tion, alors que de nou­velles ha­bi­le­tés, de nou­veaux en­ne­mis, de nou­veaux obs­tacles et de nou­veaux dé­fis y sont in­tro­duits de fa­çon ju­di­cieuse, en che­min. Ain­si, Ray­man Origins ne de­vient ja­mais en­nuyant. Des ni­veaux en­cou­ragent, entre autres, de mul­tiples joueurs à si­tuer jus­qu’au der­nier Elec­toon.

Au­cun concept no­va­teur n’est mis de l’avant, mais Ray­man Origins a été ma­ni­fes­te­ment conçu avec pa­tience et amour, y in­suf­flant un flot eu­pho­ri­sant ra­re­ment consta­té dans les jeux de plates-formes, ces der­nières an­nées. Quant au vi­suel, sou­li­gnons l’épous­tou­flante ani­ma­tion du jeu, qui donne l’im­pres­sion d’une bande-des­si­née vi­vante.

Tou­te­fois, le genre du jeu de plates-formes – même de fac­ture et de concep­tion su­blime – n’est pas au goût de tous, et cer­tains joueurs pour­raient être re­bu­tés par l’at­mo­sphère sur­réa­liste, la mu­sique étrange et le lan­gage in­com­pré­hen­sible de Ray­man, de même que son re­haus­se­ment si­gni­fi­ca­tif du degré de dif­fi­cul­té, dans les der­niers ni­veaux du jeu.

LE MEILLEUR DE SON GENRE

Ce­la dit, ce jeu mé­rite toute l’at­ten­tion du monde. Sans vou­loir dé­ni­grer le poids-lourd qu’est Mo­dern War­fare 3, il semble in­juste de voir un grand jeu être presque igno­ré de la sorte. Ray­man Origins est un jeu gé­nial. De grâce, en cette sai­son de don et de par­tage, té­moi­gnez un peu d’amour à Ray­man.

Ver­dict : Ray­man Origins est le meilleur jeu de plates-formes à dé­fi­le­ment ho­ri­zon­tal de l’an­née. Et cer­tai­ne­ment, de l’an­née pro­chaine. Peut-être, même, du genre en­tier. L'es­sayer, c’est l’adop­ter.

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