LES LIVRES QUI ONT MAR­QUÉ 2011

MON­TRÉAL | Juste avant de trin­quer à la nou­velle an­née, nous vous pro­po­sons une courte ré­tros­pec­tive des livres qui ont le plus sou­vent fait par­ler d’eux en 2011.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ka­rine Vilder Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Tom Rach­man, chez Gras­set, 393 pages

De mé­moire, ç’a été le pre­mier ro­man qu’on a vrai­ment ai­mé en 2011. Et comme il nous a long­temps ha­bi­tés, on ne pou­vait faire au­tre­ment que d’en van­ter une der­nière fois les mé­rites. Pour com­men­cer, les per­son­nages sont fran­che­ment ju­bi­la­toires. Même s’ils ont tous une arai­gnée dans le pla­fond, ils es­saient tant bien que mal de conti­nuer à ali­men­ter les pages d’une feuille de chou ba­sée à Rome, dont le ti­rage ne cesse de chu­ter. Quant au ton d’en­semble, il est car­ré­ment bur­lesque. D’ailleurs, rares sont les cha­pitres qui ne font pas sou­rire !

Notre seul re­gret ? Que ce ro­man n’ait pas rem­por­té le moindre prix mal­gré toute l’at­ten­tion mé­dia­tique qu’il a re­çue.

Jean M. Auel, aux Presses de la Ci­té, 681 pages

Le sixième et der­nier tome de la cé­lèbre sa­ga pré­his­to­rique Les En­fants de la

Terre a en­fin été pu­blié en mars der­nier. Près de 30 ans après la sor­tie du Clan de l’ours des Ca­vernes, qui met­tait en scène une ga­mine Cro-ma­gnon mal en point sau­vée de jus­tesse par les membres d’un clan de Néan­der­ta­liens net­te­ment moins évo­lués qu’elle sur le plan ver­bal, on sait donc main­te­nant comment se ter­mine cette sé­rie mon­dia­le­ment ac­cla­mée. Et par bon­heur, l’amé­ri­caine Jean M. Auel ne nous a pas dé­çus : ra­con­tant tou­jours les pé­ri­pé­ties d’ay­la en in­té­grant à son ré­cit les plus ré­centes dé­cou­vertes de la pa­léoan­thro­po­lo­gie, elle réus­sit à ma­rier science et fic­tion avec un ta­lent hors pair.

Louise Pen­ny, chez Flam­ma­rion Qué­bec, 432 pages

De­puis que la sé­rie Ar­mand Ga­mache en

quête est tra­duite en fran­çais chez Flam­ma­rion Qué­bec, la cote de po­pu­la­ri­té de la Ca­na­dienne Louise Pen­ny ne cesse de grim­per de ro­man en ro­man. Une belle preuve d’amour, car, d’or­di­naire, seul le pre­mier vo­let de toute nou­velle sé­rie mise en mar­ché sus­cite pa­reil en­goue­ment. Avec Le mois le plus cruel, l’ins­pec­teur-chef Ar­mand Ga­mache se rend ain­si pour la troi­sième fois à Three Pines, un sym­pa­thique vil­lage des Can­tons-de-l’est qui est hé­las loin d’être aus­si pai­sible qu’il n’en a l’air puis­qu’une autre de ses ha­bi­tantes y trou­ve­ra la mort.

Un th­riller si bien me­né qu’on at­tend dé­jà avec im­pa­tience le qua­trième vo­let, pro­mis pour jan­vier.

Soeur Ma­rie-paul Ross, re­li­gieuse et sexo­logue, chez Mi­chel La­fon, 288 pages

Comment une femme peut-elle être à la fois re­li­gieuse et docteure en sexo­lo­gie cli­nique avec la bé­né­dic­tion du pape ? En sep­tembre der­nier, per­sonne ne s’est fait prier très long­temps pour le dé­cou­vrir et, à peine sor­ti des presses, le livre de cette soeur mis­sion­naire qué­bé­coise a connu un tel suc­cès qu’il a aus­si­tôt fal­lu lan­cer plu­sieurs ré­im­pres­sions. En d’autres termes, c’est ce qu’on ap­pelle un best-sel­ler !

Après avoir pas­sé près de 20 ans en Amé­rique la­tine, la docteure Ma­rie-paul Ross a en ef­fet tel­le­ment été frap­pée par la vio­lence liée à l’ab­sence d’édu­ca­tion sexuelle qu’elle a dé­vi­dé son cha­pe­let en s’in­sur­geant, entre autres, contre l’ho­mo­pho­bie et cer­taines va­leurs ob­so­lètes de l’église. L’ou­vrage qui en dé­coule est aus­si tou­chant que sur­pre­nant.

Éric-em­ma­nuel Sch­mitt, chez Al­bin Mi­chel, 460 pages

Chaque fois qu’un nou­veau ro­man d’éric-em­ma­nuel Sch­mitt est an­non­cé, on n’y coupe pas : dans les se­maines qui suivent, tous les mé­dias s’em­pressent d’en par­ler et tout le monde court l’ache­ter ! Cette an­née en­core, on a donc eu droit à une vé­ri­table « Sch­mitt­ma­nia » dès la sor­tie de La femme au mi

roir. Re­tra­çant in­tel­li­gem­ment le des­tin de trois femmes qui ont vé­cu à des époques to­ta­le­ment dif­fé­rentes, ce ro­man nous a sé­duits d’em­blée parce qu’il ex­plique à sa fa­çon le long com­bat qu’ont dû me­ner les fé­mi­nistes de la pre­mière heure.

Em­ma­nuel Car­rère, chez P.O.L, 490 pages

Avec son fas­ci­nant Li­mo

nov, Em­ma­nuel Car­rère s’as­sure une longue car­rière ! Après avoir ob­te­nu le prix Re­nau­dot, ce livre vient en ef­fet de rem­por­ter le « Prix des prix », un nou­veau prix lit­té­raire qui ré­com­pense l’un des lau­réats des huit grands prix lit­té­raires fran­çais de fin d’an­née. Il faut dire que l’au­teur a su se trou­ver un su­jet en or. Édouard Li­mo­nov ayant tour à tour été voyou en Ukraine, poète à Mos­cou, clo­chard à New York, écri­vain à Pa­ris, sol­dat en Bos­nie et chef du Par­ti na­tio­nal-bol­che­vique en Rus­sie, Em­ma­nuel Car­rère avait tout ce qu’il fal­lait à por­tée de main pour com­po­ser une bio­gra­phie fran­che­ment cap­ti­vante.

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