SA­LUT À NOTRE CI­NÉ­MA

LE JOUR­NAL A RÉUNI LES REALISATEURS-VE­DETTES DE L'AN­NÉE

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Maxime De­mers

D’in­cen­dies à Mon­sieur Laz­har en pas­sant par Star­buck, Ca­fé de Flore, Le ven­deur, Le sens de l’hu­mour, Ma­ré­cages, En ter­rains connus ou Fun­ky­tow, le ci­né­ma qué­bé­cois au­ra fait mouche sur plu­sieurs plans en 2011 : suc­cès au boxof­fice, rayon­ne­ment à l’étran­ger, ventes à l’in­ter­na­tio­nal et même une no­mi­na­tion pour l’os­car du meilleur film en langue étran­gère.

Au cours de l’an­née qui se ter­mine, près d’une di­zaine de films ont fran­chi le cap du mil­lion de dol­lars au box-of­fice qué­bé­cois. Plu­sieurs d’entre eux se sont aus­si illus­trés dans les fes­ti­vals du monde et cer­tains ont même été ven­dus à l’étran­ger. C’est le cas de Star­buck, Ca­fé de

Flore et Mon­sieur Laz­har, qui pren­dront l’af­fiche l’an pro­chain dans plu­sieurs pays, dont la France.

Pour sou­li­gner cette an­née ex­cep­tion­nelle, Le Jour­nal a réuni cinq des ci­néastes qué­bé­cois qui ont contri­bué à ces suc­cès : De­nis Villeneuve ( In­cen­dies), Phi­lippe Fa­lar­deau ( Mon­sieur Laz­har), Ken Scott ( Star­buck), Jean-marc Val­lée ( Ca­fé de Flore) et Émile Gau­dreault ( Le sens de l’hu­mour). Les cinq réa­li­sa­teurs se re­trouvent avec plai­sir par un pe­tit ma­tin de dé­cembre dans un ci­né­ma du centre-ville. Cer­tains se sont croisés ré­cem­ment dans des fes­ti­vals en Eu­rope, d’autres, comme De­nis Villeneuve et Phi­lippe Fa­lar­deau (de bons amis), ne s’étaient pas re­vus de­puis long­temps. « Quand on a des amis ci­néastes, on peut par­fois les perdre de vue pen­dant un cer­tain temps parce que, quand on sort un film, on dis­pa­raît pen­dant quelques mois », ex­plique Villeneuve.

UNE « BELLE EN­VO­LÉE »

De­vant la ca­mé­ra de notre pho­to­graphe, les cinq réa­li­sa­teurs ba­dinent et ri­golent. Fa­lar­deau blague qu’il a mis pour la pho­to son « kit de Noël », qu’il en­file pour les grands évé­ne­ments et soi­rées de pre­mières. Ken Scott se vante quant à lui d’ar­bo­rer les plus beaux pan­ta­lons de la bande. Si les blagues sont à l’hon­neur, il se­ra aus­si beau­coup ques­tion de ci­né­ma, bien sûr. No­tam­ment des der­niers films qu’ils ont vus et ai­més, d’ici ou d’ailleurs.

« C’est très sti­mu­lant de faire du ci­né­ma au Qué­bec en ce mo­ment, lance De­nis Villeneuve.

« Il y a tel­le­ment de bons films qui se font par les temps qui courent. J’ai vu ré­cem­ment Le ven­deur de Sé­bas­tien Pi­lote, que j’ai ado­ré. Il y a ac­tuel­le­ment de jeunes ci­néastes qui montent et qu’il fau­dra sur­veiller de près. Le ci­né­ma qué­bé­cois vit une belle en­vo­lée en ce mo­ment. Ça au­gure bien pour la suite. »

Jean-marc Val­lée abonde dans le même sens : « Avec des films comme Le ven­deur,

Nuit # 1 et Ma­ré­cages, il y a une nou­velle gé­né­ra­tion qui com­mence à prendre sa place et qui ar­rive à faire un ci­né­ma qui tra­verse les fron­tières, si­gnale le réa­li­sa­teur de Ca­fé de Flore et C.R.A.Z.Y. « Le suc­cès de De­nis (Villeneuve) avec

In­cen­dies a contri­bué à re­haus­ser l’image du Qué­bec sur la pla­nète ci­né­ma, ajoute Phi­lippe Fa­lar­deau.

« Je crois que le phé­no­mène Xa­vier Do­lan a aus­si été un fac­teur im­por­tant. Et il ne faut pas ou­blier non plus De­nis Cô­té, qui est très pré­sent sur le cir­cuit des fes­ti­vals in­ter­na­tio­naux. C’est un vrai am­bas­sa­deur pour le ci­né­ma qué­bé­cois. »

SUC­CÈS EN SALLE

Il y a 20 ans, les films qué­bé­cois qui pre­naient l’af­fiche dans la pro­vince étaient en gé­né­ral condam­nés à une pe­tite sor­tie en salles qui leur per­met­tait d’at­ti­rer seule­ment quelques ci­né­philes aver­tis.

Puis, pro­gres­si­ve­ment, des suc­cès com­mer­ciaux comme Les Boys, Sé­ra­phin : un homme et son pé­ché, La grande séduction, Les invasions barbares et Bon Cop, Bad Cop.

Cette an­née en­core, près d’une di­zaine de titres ont ré­col­té plus d’un mil­lion de dol­lars au box-of­fice qué­bé­cois ( Star­buck, Le sens de l’hu­mour, Ger­ry, Mon­sieur Laz­har, Ca­fé de Flore, Fun­ky­town).

« On se sou­vient qu’il y a 15 ans le ci­né­ma qué­bé­cois souf­frait d’un pré­ju­gé dé­fa­vo­rable, rap­pelle Émile Gau­dreault, le réa­li­sa­teur du Sens de l’hu­mour, mais aus­si du mé­ga suc­cès De père en flic. (plus de 10,5 M$ au box-of­fice en 2009).

« Au fil des an­nées et de film en film, on a réus­si à se sor­tir de ce­la et c’est dé­jà ad­mi­rable. On a de quoi être fier, sur­tout si on se com­pare au Ca­na­da an­glais, par exemple, qui souffre en­core de ce pro­blème avec ses films.

« Il faut donc conti­nuer et pré­ser­ver l’équi­libre entre le ci­né­ma po­pu­laire et le ci­né­ma d’au­teur qu’on a réus­si à construire dans les der­nières an­nées. »

Le réa­li­sa­teur de Star­buck, Ken Scott, rap­pelle la chance qu’ont les ci­néastes qué­bé­cois de pou­voir re­joindre leur pu­blic.

« En ce mo­ment, si tu fais un bon film qué­bé­cois, tu peux avoir la chance de te connec­ter avec les spec­ta­teurs, ob­ser­vet-il. Ça n’a pas tou­jours été le cas. Dans cer­tains pays, les cri­tiques ont beau van­ter les mé­rites de leurs pro­duc­tions lo­cales, le pu­blic ne s’y in­té­resse pas. Nous, en ce mo­ment, on a la chance d’avoir ce­la. C’est pré­cieux. »

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