CI­TÉ TEM­PO­RAIRE HIS­TO­RIQUE

Le Journal de Quebec - Weekend - - SPECTACLES - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin RA­PHAEL.GEN­DRON-MAR­TIN@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | Un stade tem­po­raire bâ­ti de toutes pièces dans un ter­rain dé­sert, 160 000 spec­ta­teurs at­ten­dus du­rant le week-end, une sec­tion « fan jam » avec une cin­quan­taine de kiosques et des re­tom­bées de plu­sieurs mil­lions de dol­lars pour Mon­tréal. On an­non­çait la ve­nue de U2 comme étant un évé­ne­ment his­to­rique, dans la « ci­té » construite sur me­sure à l’hippodrome. Du ja­mais-vu à Mon­tréal. Et le pas­sage des Ir­lan­dais s’est avé­ré un franc suc­cès sur toute la ligne.

Sur le coup de­puis plu­sieurs an­nées, le pro­mo­teur even­ko souhaitait coûte que coûte in­vi­ter U2 à se pro­duire à Mon­tréal dans le cadre de sa tour­née U2 360. L’ab­sence d’un stade adé­quat dans la mé­tro­pole avait bien failli faire avor­ter le pro­jet. Mais even­ko n’avait pas dit son der­nier mot. Son idée: bâ­tir un gi­gan­tesque stade tem­po­raire pou­vant ac­cueillir 80000 per­sonnes sur le ter­rain de l’hippodrome. Un pro­jet très au­da­cieux qui a fi­ni par char­mer l’équipe de U2.

Pré­vu au ca­len­drier es­ti­val de 2010, le pas­sage du groupe ir­lan­dais à Mon­tréal avait dû être an­nu­lé, en rai­son des sé­rieux maux de dos de Bo­no. Les ama­teurs qué­bé­cois du groupe ont ain­si dû pa­tien­ter une an­née de plus avant de pou­voir as­sis­ter au concert très at­ten­du de la for­ma­tion à la re­nom­mée mon­diale.

Rien n’avait été lais­sé au ha­sard pour ce spec­tacle, consi­dé­ré comme le plus gros concert payant ja­mais fait au Ca­na­da. Le groupe lui-même a dé­bour­sé quatre mil­lions de dol­lars pour la cons­truc­tion du stade. À ce­la s’est ajou­té un mil­lion de la Ville de Mon­tréal, dont 700000$ étaient ré­ser­vés au trans­port en com­mun.

À LA RE­CHERCHE DE BO­NO

La Ville s’at­ten­dait à des re­tom­bées de cinq mil­lions de dol­lars pour les deux spec­tacles, tan­dis qu’even­ko avait avan­cé le chiffre de 33 mil­lions, en in­cluant des ef­fets de le­vier.

Mais, au-de­là des re­tom­bées éco­no­miques, c’est da­van­tage au ni­veau de la vi­si­bi­li­té à l’étran­ger que la mé­tro­pole fon­dait le plus d’es­poir. « En ma­tière de no­to­rié­té mon­diale, on peut cer­tai­ne­ment com­pa­rer le spec­tacle de U2 au Grand Prix », avait dit Da­niel Bissonnette, di­rec­teur as­so­cié, ci­né­ma, fes­ti­vals et évé­ne­ments pour la ville de Mon­tréal.

Quelques jours avant le pre­mier des deux spec­tacles mon­tréa­lais, les pre­miers ca­mions de la tour­née sont ar­ri­vés sur le site. Il a fal­lu quatre jours à l’équipe tech­nique pour mon­ter l’im­po­sante struc­ture en acier, sur­nom­mée The Claw (« La griffe »), qui per­met­tait à U2 d’of­frir un spec­tacle à 360 de­grés.

Deux jours avant le pre­mier spec­tacle, lors­qu’il a été an­non­cé que les membres du groupe étaient ar­ri­vés à Mon­tréal, les ama­teurs se sont en­tas­sés par cen­taines de­vant l’hô­tel Le St- James. Le gui­ta­riste « The Edge » leur a fait plai­sir en si­gnant quelques au­to­graphes en sor­tant de l’éta­blis­se­ment. Mais ce­lui que tous vou­laient voir, Bo­no, n’a ja­mais daigné se poin­ter le bout du nez. Les cu­rieux ont pa­tien­té pen­dant des heures pour rien, car le chan­teur était plu­tôt al­lé faire un tour chez son ami Guy Laliberté. La veille du pre­mier concert, Bo­no a tou­te­fois pu être aper­çu sur la ter­rasse du chic res­tau­rant Ro­sa­lie, sur la rue de la Mon­tagne, en plein cen­tre­ville de Mon­tréal.

« FAN JAM » RÉUS­SI

Le len­de­main, des mil­liers de spec­ta­teurs se sont pré­sen­tés sur le site de l’hippodrome dès le coup de mi­di afin de prendre part au fan jam qu’even­ko avait or­ga­ni­sé. Ce par­ty, te­nu plu­sieurs heures avant que Bo­no et ses com­parses jouent les pre­mières notes du concert, avait pour but de désen­gor­ger le ré­seau de trans­port en com­mun.

Il faut dire que le pro­mo­teur avait pris le jo­li pa­ri de blo­quer l’ac­cès à l’hippodrome à tous les vé­hi­cules. Les 80000 spec­ta­teurs vou­lant as­sis­ter à l’un des deux concerts n’avaient d’autre choix que de s’y rendre en mé­tro ou en au­to­bus. Un beau casse-tête qui a tou­te­fois été as­sez bien gé­ré par la So­cié­té de trans­port de Mon­tréal.

Le mo­ment que tous at­ten­daient est fi­na­le­ment ar­ri­vé en soi­rée, le 8 juillet. Pen­dant deux heures, U2 a joué une mul­ti­tude de suc­cès, ap­puyé par un im­pres­sion­nant dis­po­si­tif scé­nique. Bo­no s’est adres­sé à la foule presque uni­que­ment en fran­çais, un geste très ap­pré­cié des spec­ta­teurs. Seule ombre au ta­bleau: une pluie tor­ren­tielle in­at­ten­due à la toute fin du concert a ren­du la sor­tie du site beau­coup plus com­plexe que pré­vu. Heu­reu­se­ment, le so­leil était de re­tour le len­de­main pour conclure en beau­té ce week-end his­to­rique.

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