CI­NÉ­MA QUÉ­BÉ­COIS SOUS LA LOUPE

Xa­vier Do­lan fe­ra-t-il sa pre­mière pré­sence en com­pé­ti­tion à Cannes? Omer­tà do­mi­ne­ra-t-il au box-of­fice? Qui sont les ci­néastes et les ac­teurs, au­jourd’hui in­con­nus, qui se fe­ront connaître du grand pu­blic? Quel se­ra le film cen­drillon de l’an­née?

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Voi­là au­tant de ques­tions aux­quelles les ama­teurs de ci­né­ma qué­bé­cois au­ront les ré­ponses tout au long de l’an­née 2012. Chose as­su­rée, si la ten­dance se main­tient, les longs-mé­trages du Qué­bec de­vraient conti­nuer de faire leur marque à l’étran­ger et sur le cir­cuit des fes­ti­vals.

À com­men­cer par Xa­vier Do­lan, dont le film Lau­rence Any­ways peut pré­tendre à une place au sein de la sé­lec­tion of­fi­cielle du Fes­ti­val de Cannes et concou­rir pour la Palme d’or. À Cannes, on porte une at­ten­tion par­ti­cu­lière au tra­vail du jeune pro­dige qué­bé­cois. Ses deux pre­miers films, J’ai tué ma mère et Les

amours ima­gi­naires, ont abou­ti sur la Croi­sette.

Au cours d’un en­tre­tien avec Le

Jour­nal, en mai, le dé­lé­gué gé­né­ral du fes­ti­val, Thier­ry Fré­maux, avait

d’ailleurs af­fir­mé que Lau­rence

Any­ways se­rait consi­dé­ré. « Xa­vier est de­ve­nu un ci­néaste can­nois pro­met­teur. A-t-il des chances? Tous les films ont des chances. C’est ça la grande dé­mo­cra­tie can­noise et Xa­vier en par­ti­cu­lier parce qu’il a du ta­lent. On at­tend ça avec im­pa­tience et un peu de fé­bri­li­té parce que j’ai en­vie que ce soit très bien. »

QUATRE FILMS À VOIR

Pour Pascale Du­bé, de Cinéac, quatre pro­duc­tions qué­bé­coises de­vraient re­te­nir l’at­ten­tion au cours des douze pro­chains mois.

« L’em­pire Bo$$é au mois de mars, avec Guy A. Le­page, va peut-être dé­mar­rer le box-of­fice pour les titres qué­bé­cois. On at­tend aus­si

Omer­tà, en juillet. Vers la fin de l’an­née, il y a éga­le­ment Ési­mé­sac, de Fred Pel­le­rin et Luc Pi­card, qui risque de très bien ac­cueilli. Ba­bine avait très bien fonc­tion­né, dans le temps des Fêtes, à sa sor­tie. Pro­ba­ble­ment qu’ils vont re­prendre la même stra­té­gie. On at­tend aus­si L’af­faire Du­mont. On n’a pas de date en­core, mais il de­vrait bien fonc­tion­ner », ana­lyse-t-elle.

OUBLIEZ LES DIX MIL­LIONS

À sa­voir si un film comme Omer­tà pour­rait ré­pé­ter l’ex­ploit réa­li­sé par De père en flic, dé­ten­teur de re­cettes de plus de dix mil­lions de dol­lars, Mme Du­bé ap­pelle au réa­lisme. « Il faut ar­rê­ter de pen­ser que tous les films vont faire dix mil­lions. C’est à peu près im­pos­sible. Ce sont des films qui ont un très bon pre­mier wee­kend. Tous les astres étaient ali­gnés pour que De père en

flic ait du suc­cès, comme c’était le cas pour Bon cop bad cop. C’est le genre de chose qu’on ne peut pas pré­voir. Gé­né­ra­le­ment, les bons films qué­bé­cois es­ti­vaux font entre trois et quatre mil­lions. » Même la pro­duc­trice d’omer­tà, De­nise Ro­bert, garde la tête froide à ce su­jet. « Je ne re­garde pas ça de cette fa­çon. Je m’as­sure qu’en bout de ligne, le réa­li­sa­teur a fait le film dont il avait en­vie. On tra­vaille très fort. Mais c’est cer­tain que les dis­tri­bu­teurs ont tou­jours plein d’es­poir. »

LES JEUNES ET LA ROUTE

Cette der­nière fonde de beaux es­poirs sur le do­cu­men­taire

Dé­ra­pages, de Paul Ar­cand, qui traite des jeunes « qui prennent les routes pour des pistes de course et se tuent ». « Il y a eu plus de soixante jeunes qui se sont tués en 2011. C’est soixante de trop. Même si cer­tains aiment pré­tendre que les sta­tis­tiques se sont amé­lio­rées, pour moi, c’est une sta­tis­tique épou­van­table », af­firme Mme Ro­bert. « Ce se­ra per­cu­tant et choc comme

Les vo­leurs d’en­fance. Il est fait pour les 16-24. Ce n’est pas du tout mo­ra­li­sa­teur. Il montre leur réa­li­té. »

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