« JE ME SUIS MIS BEAU­COUP DE PRES­SION »

MON­TRÉAL | Jean-marc Val­lée a com­men­cé l’an­née 2011 en salle de mon­tage, en train de peau­fi­ner son très at­ten­du Ca­fé de Flore. Et il com­men­ce­ra la pro­chaine an­née en lan­çant son film sur les écrans fran­çais.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers

« J’ai pas­sé l’an­née en­tière avec Ca­fé de Flore et rien d’autre, lance le réa­li­sa­teur de

C.R.A.Z.Y. et Young Vic­to­ria. « Ç’a été une an­née très riche en émo­tions parce que j’ai tra­vaillé pen­dant des an­nées sur Ca­fé de Flore ( qui a né­ces­si­té quatre ans d’écri­ture). Je me suis mis beau­coup de pres­sion. »

Per­fec­tion­niste, Jean-marc Val­lée a gar­dé le contrôle sur toutes les étapes de créa­tion de son film, de l’écri­ture à la mise en scène en pas­sant même par le mon­tage, qu’il a as­su­mé seul.

« J’ai été en mon­tage pour le film jus­qu’au 31 août et on le pré­sen­tait en pre­mière à Ve­nise le 2 sep­tembre, ra­conte-t-il.

« J’ai tra­vaillé sur le film jus­qu’à la der­nière mi­nute avant de prendre l’avion pour Ve­nise. Ce qui est drôle, c’est que la ver­sion du film qui a été pré­sen­tée à Ve­nise n’est pas la même que celle qui a pris l’af­fiche au Qué­bec. J’ai mo­di­fié le film entre Ve­nise et Toronto, puis entre Toronto et la sor­tie qué­bé­coise. J’y ai mis énor­mé­ment de temps de mon­tage. C’est rare qu’on ait la chance de pou­voir faire ce­la. »

Ce n’est qu’en ar­ri­vant à Ve­nise qu’il a sen­ti la pres­sion énorme au­tour de son film, le titre qué­bé­cois le plus at­ten­du de l’an­née.

« C’est une pres­sion que je me suis mise moi-même, avoue-t-il. Je l’ai consta­té à Ve­nise, où j’étais très ner­veux. J’ai eu le trac, sur­tout quand j’ai vu qu’il y avait des ré­ac­tions plus mi­ti­gées qui ve­naient des jour­naux spé­cia­li­sés. J’ai com­men­cé à pa­ra­noïer… »

LA TÊTE AILLEURS

Jean-marc Val­lée ne s’at­ten­dait d’ailleurs pas à ce que son Ca­fé de Flore di­vise au­tant les gens.

« Le film ne fait drô­le­ment pas l’una­ni­mi­té. Il y a des gens qui l’ont beau­coup ai­mé, mais il y en a aus­si qui l’ont dé­tes­té au point de l’in­sul­ter. That’s the name of the game. Mais c’est drôle de consta­ter qu’un film peut gé­né­rer des ré­ac­tions aus­si op­po­sées.

« Je pen­sais que ce film-là al­lait plaire de fa­çon gé­né­rale. Mais en même temps, avec le re­cul, je peux com­prendre. Sur le coup, je ne com­pre­nais pas. Je me di­sais que j’avais fait mon meilleur film. J’avais tra­vaillé comme un fou à pré­pa­rer cette pro­po­si­tion de ci­né­ma flyée et épique. Mais les com- men­taires né­ga­tifs sont quand même mi­no­ri­taires. »

Alors que Ca­fé de Flore prendre l’af­fiche en France à la fin jan­vier, le ci­néaste qué­bé­cois dit dé­jà avoir la tête ailleurs, dans ses pro­chains pro­jets, qu’il a hâte de concré­ti­ser.

Il ai­me­rait tour­ner en 2013 un des trois films qu’il dé­ve­loppe de­puis quelques an­nées, soit Shoe Bu­si­ness, qu’il a écrit avec Ka­ren Wal­ton, Les temps ma­giques (qui fe­ra suite à ses courts-mé­trages Les fleurs ma

giques et Les mots ma­giques) et l’adap­ta­tion du ro­man Du bon usage des étoiles, de Do­mi­nique For­tier. Il a aus­si un pro­jet de film amé­ri­cain ( The

Dal­las Buyers Club), qui, s’il se concré­tise, pour­rait mettre en ve­dette Hi­la­ry Swank et Mat­they Mc­co­nau­ghey.

« J’ai­me­rais aus­si tour­ner de nou­veau un jour avec Va­nes­sa Pa­ra­dis, lance-t-il. J’ai eu un coup de foudre pro­fes­sion­nel avec Va­nes­sa en tra­vaillant avec elle sur Ca­fé de Flore.

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