Mes ré­so­lu­tions du jour de l’an

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Guy Four­nier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gfour­nier@jour­nalmtl.com

Je n’avais pas en­core l’âge de rai­son que mes pa­rents m’en­joi­gnaient dé­jà de prendre pour le Nou­vel An de bonnes ré­so­lu­tions. Sans doute par pa­resse, je n’ai pris au­cune ré­so­lu­tion de­puis belle lu­rette, mais au­jourd’hui, je re­noue avec cette vieille ha­bi­tude ju­déo­chré­tienne.

Je prends d’abord la ré­so­lu­tion bien ar­rê­tée de ne plus ja­mais cri­ti­quer Vé­ro­nique Cloutier et Louis Mo­ris­sette. Dé­sor­mais, je n’en par­le­rai qu’en bien, quoi­qu’ils fassent l’un et l’autre. Je fe­rai leur éloge aus­si sou­vent que pos­sible, je leur en­ver­rai des fleurs et gar­de­rai tou­jours le pot. Si dans mon en­tou­rage j’en­tends à leur en­droit la moindre pa­role qui ne soit pas flat­teuse, je cloue­rai aus­si­tôt le bec du mau­vais plai­sant.

VIVE LA SRC!

Fran­çais d’amé­rique qui m’ont engueulé quand j’ai écrit que tous les snobs de Pa­ris truffent notre langue de mots an­glais, vous n’au­rez pas à ré­ci­di­ver, car je prends la ré­so­lu­tion de trou­ver ce phé­no­mène sou­hai­table, comme je jure de cla­mer bien haut que nous, Qué­bé­cois, par­lons un in­com­pré­hen­sible jar­gon.

Dans le même souffle, je prends la ré­so­lu­tion de tou­jours louan­ger la So­cié­té Ra­dio-ca­na­da. Notre té­lé­vi­sion pu­blique est ir­ré­pro­chable et au­cune cri­tique ne sau­rait être construc­tive. Ce n’est pas la SRC, par exemple, qui ose­rait faire de la conver­gence, qui se fe­rait ti­rer l’oreille pour se sou­mettre à la Loi d’ac­cès à l’in­for­ma­tion ou qui dif­fu­se­rait n’im­porte quelle sé­rie dans le seul but de faire de la cote d’écoute. Si Les Boys sont à la SRC, c’est qu’il s’agit d’une sé­rie haut de gamme qu’au­cune té­lé­vi­sion pri­vée n’au­rait le cou­rage de mettre à l’af­fiche. Je pro­mets aus­si de trou­ver très di­ver­tis­sant Le club des Ex et de lan­cer une pé­ti­tion pour que la sé­rie Ils dansent re­prennent l’af­fiche au plus tôt. Je pro­mets en­fin de prendre à par­tie les es­prits mal­veillants qui trou­ve­raient biai­sés cer­tains re­por­tages de la sé­rie En­quête.

ET HA­RO SUR TVA!

Je prends aus­si la ré­so­lu­tion de cri­ti­quer TVA le plus sou­vent pos­sible. Si ce ré­seau se pa­vane tou­jours en tête des cotes d’écoute, c’est qu’il y a an­guille sous roche. Il doit y avoir conver­gence avec les quo­ti­diens, les ma­ga­zines et les heb­do­ma­daires de Que­be­cor, sans par­ler de l’agence QMI et du grand boss PKP, qui passe toutes ses jour­nées au té­lé­phone à dic­ter les ar­ticles de tout un cha­cun. Je pro­mets de ne ja­mais ra­ter Shop­ping TVA et La fièvre de la danse, mais de ne plus re­gar­der On connaît la chan­son, Dieu mer­ci! et Star Aca­dé­mie. Quand Le Ban­quier re­pren­dra l’af­fiche, ju­ré cra­ché! je ne le re­garde pas non plus, même en ca­chette.

MER­CIER ET MER­CER, DU PA­REIL AU MÊME!

Que le diable m’em­porte si je suis pris à écrire en­core du bien d’un sou­per

presque par­fait. Ce n’est pas parce que 900 000 per­sonnes le re­gardent que c’est bon! Je ne di­rai aus­si que du mal de l’émis­sion Un gars, le soir! Après tout, JeanF­ran­çois Mer­cier n’est qu’un mal­ap­pris, un être in­fâme et vul­gaire, un gros­sier per­son­nage dont l’hu­mour ne dé­passe ja­mais le haut de sa cein­ture. Chaque fois que je re­gar­de­rai C’est juste

de la tv à ARTV, je prends la ferme ré­so­lu­tion de trou­ver Marc Cassivi mo­deste et sans prétention.

Je pro­mets aus­si de dé­tes­ter toute la té­lé­vi­sion de la CBC, en par­ti­cu­lier The

Rick Mer­cer Re­port et George Strom­bo­lo- pou­los, d’écrire du pre­mier qu’il est en­nuyant comme la pluie et du se­cond qu’il est in­si­gni­fiant.

Ja­mais plus je ne re­gar­de­rai les té­lé­vi­sions étran­gères, en par­ti­cu­lier les grands ré­seaux amé­ri­cains, la BBC et les chaînes fran­çaises. Après tout, la « plus meilleure té­lé­vi­sion du monde », c’est la nôtre et je ne vois pas pour­quoi je per­drais du temps à re­gar­der par-des­sus la clô­ture.

Mais il est pos­sible que je ne change rien du tout, car si ma mé­moire est fi­dèle, toutes les ré­so­lu­tions que j’ai prises au jour de l’an n’ont ja­mais du­ré plus d’une jour­née !

Bonne et heu­reuse an­née à tous ceux qui les tiennent !

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