Un nom bien com­pli­qué pour un jo­li « merle mé­tal­lique »

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME -

Ce sont des oi­seaux ex­clu­si­ve­ment afri­cains que beau­coup dé­si­gnent sous l’ap­pel­la­tion d’étour­neaux tan­dis que d’autres les ins­crivent dans les livres sous la dé­si­gna­tion de merles mé­tal­liques. Les plus exi­geants les nomment spréos.

Voi­là pour les dif­fi­cul­tés de nom­mer ces oi­seaux qui se dé­marquent des autres par de flam­boyants re­flets al­lant du bleu-vert au pourpre. Leurs plumes ont en outre une par­ti­cu­la­ri­té qui leur per­met de va­rier pra­ti­que­ment à l’in­fi­ni leurs ac­cents ex­cep­tion­nels au gré des in­cli­nai­sons des rayons so­laires.

Une ren­contre ex­cep­tion­nelle en Ara­bie heu­reuse…

De nom­breux spréos ont été ren­con­trés au cours de nos aven­tures afri­caines, mais un des plus spec­ta­cu­laires à mon avis de­vait par­ti­cu­liè­re­ment at­ti­rer mon at­ten­tion. Et, coïn­ci­dence, j’ai pu le croi­ser dans un pays où de nom­breuses villes sont clas­sées pa­tri­moine de l’hu­ma­ni­té par L’UNESCO ce qui ajou­tait à l’exo­tisme.

Ap­pe­lée Ara­bie heu­reuse au temps où d’im­menses ca­ra­vanes y tran­si­taient pour as­su­rer les échanges des épices et de biens pré­cieux entre l’orient et l’oc­ci­dent, cette ré­gion de­vait pro­gres­si­ve­ment perdre de son in­fluence.

De­nise et moi nous avons eu la chance d’y sé­jour­ner du­rant une ac­cal­mie entre les in­nom­brables conflits qui agitent cette ré­gion. Nous y avons croi­sé cet ex­cep­tion­nel re­pré­sen­tant des oi­seaux aux plumes si lu­mi­neuses.

Le mâle se dé­marque par un vio­let iri­sé unique mais dont les rayons lu­mi­neux vont faire pas­ser les teintes du noir fon­cé au ro­sâtre. La par­tie basse de la poi­trine, le ventre, les flancs, les cuisses et les sous-cau­dales sont d’un blanc im­ma­cu­lé.

La fe­melle ne pos­sède pas ce plu­mage na­cré mais des bruns striés sur la par­tie cen­trale des plumes. Les deux sexes émettent de doux et mé­lo­dieux sif­fle­ments. On les ren­contre le plus sou­vent dans des ré­gions où les arbres frui­tiers sont pré­sents. Ils pré­fèrent les zones boi- sées en­tre­mê­lées d’éclair­cies. Cer­tains sont no­mades mais au Yé­men, ils ont plu­tôt ten­dance à la sé­den­ta­ri­té lorsque la nour­ri­ture est abon­dante et di­ver­si­fiée. On les ren­contre dans des lieux qui leur as­surent un ré­gime mixte com­po­sé prin­ci­pa­le­ment de vé­gé­taux et d’in­ver­té­brés.

DES FRUITS, DES BAIES ET DES IN­SECTES

Ils pré­fèrent ni­cher dans des trous d’arbres dé­jà creu­sés que la fe­melle se charge de gar­nir avant de dé­po­ser 2 à 4 oeufs qu’elle couve pen­dant une dou­zaine de jours. Puis les deux pa­rents vont ga­ver les oi­sillons de fruits, de baies et d’in­sectes. Les ju­vé­niles vont d’abord res­sem­bler aux fe­melles avant que les hé­ri­tiers mâles ac­quièrent la beau­té de leur pa­ter­nel.

Puis un jour à l’oc­ca­sion d’un sé­jour re­mar­quable dans ce pays que les ans et les hommes ont pro­gres­si­ve­ment ren­du moins heu­reux, j’au­rai cette chance de croi­ser « ce merle aux co­lo­ris mé­tal­liques si ex­cep­tion­nels ».

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