Ils s' aiment dé­jà

Ils sont les nou­veaux in­ter­prètes de Don Juan qui se joignent aux vé­té­rans Jean-fran­çois Breau et Ma­rie-ève Jan­vier, et à peine viennent-ils de se ren­con­trer que des liens se tissent dé­jà. Les sy­no­nymes de com­pli­ci­té et en­traide abondent dans la salle de

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Agnès Gau­det Le Jour­nal de Mon­tréal agnes.gau­det@jour­nalmtl.com

1 JO­NA­THAN ROY, c’est le bé­bé de la pro­duc­tion, en âge et en ex­pé­rience, et il se fie beau­coup à ses par­te­naires de scène, no­tam­ment à Jean-fran­çois Breau, qui le conseille vo­lon­tiers. À les voir dis­pu­ter un com­bat d’épée, se fixant cruel­le­ment du re­gard, après seule­ment deux heures de pra­tique, on sait que les conseils portent leurs fruits. Dans la peau de Ra­phaël, l’ex-pe­tit ami de Ma­ria, Jo­na­than compte se lais­ser gui­der par les met­teurs en scène, « des gens, dit-il, qui ont dé­jà fait ça. Ils vont me le mettre dans la tête. »

« On n’a pas beau­coup de temps pour ré­pé­ter en­semble, ajoute-t-il, mais on va tous tra­vailler très fort. On a tous mis nos car­rières so­los et nos ego de cô­té, on fonce en­semble et on va ar­ri­ver ex­cel­lents au show.

Quand j’ai pré­sen­té notre nu­mé­ro à l’épée aux mé­dias, j’ai sen­ti l’adré­na­line en moi. Don Juan me nar­guait et je sen­tais que mon per­son­nage vou­lait vrai­ment se ven­ger. Je ren­trais pour la pre­mière fois dans mon per­son­nage. Un bon fee­ling. » 2 NA­TA­SHA ST-PIER, qui lan­ce­ra un nou­vel al­bum en France et au Qué­bec en avril, se consacre d’ici là en­tiè­re­ment à El­vi­ra, la femme trom­pée de Don Juan. Cette El­vi­ra, elle la voit toute en dua­li­tés, de par sa no­blesse qui l’oblige à contrô­ler ses émo­tions et la co­lère qui l’en­va­hit.

« Ce qu’elle va vivre est tel­le­ment de tris­tesse et de rage, dit-elle, qu’elle va sor­tir de son car­can de bonne édu­ca­tion et des ex­plo­sions d’émo­tions vont lui échap­per. »

Alors qu’elle avait joué Fleur-de­Lys, un tout pe­tit rôle dans No­treDame-de-pa­ris, en 2000, trop sou­vent re­lé­guée en cou­lisse, cette fois, elle veut vivre l’ex­pé­rience de la co­mé­die mu­si­cale sur scène du dé­but à la fin. El­vi­ra lui don­ne­ra cette chance.

« Il y a des mo­ments ma­giques dans la vie, dit-elle. On m’a pro­po­sé El­vi­ra au bon mo­ment, alors que je n’avais pas de tra­vail. C’était pour moi le bon per­son­nage. Les briques tom­baient au bon en­droit. »

C’est la tête pleine de sou­ve­nirs que Na­ta­sha en­tre­prend les ré­pé­ti­tions de Don Juan.

« Je fai­sais dé­jà par­tie de No­treDame-de-pa­ris quand j’ai re­çu mon di­plôme d’études se­con­daires, dans ma loge, à Qué­bec. On me l’avait faxé, se sou­vient-elle. Au­jourd’hui, je suis dif­fé­rente. J’ai vieilli. Avant j’étais en com­pé­ti­tion, je vou­lais me prou­ver des choses. Au­jourd’hui, je fais ce mé­tier par plai­sir, avant tout. » 3 ÉTIENNE DRA­PEAU est honoré d’avoir été choi­si pour mettre les chaus­sures de Ma­rio Pel­chat, qu’il consi­dère comme un de nos plus grands in­ter­prètes, et il est très em­bal­lé par l’aven­ture.

« J’ai huit ans d’âge men­tal, dit-il, je ca­pote ! Hier on a fait une grosse jour­née, j’étais brû­lé ar­ri­vé à la mai­son, mais j’avais juste hâte de dor­mir pour re­ve­nir aux ré­pé­ti­tions le len­de­main. »

Pour l’ins­tant, le chan­teur ne res­sent au­cune pres­sion, que du plai­sir. Mais ça vien­dra, puisque c’est son per­son­nage Don Car­los, qui ouvre les deux actes du spec­tacle. Il es­père don­ner un ton at­tris­té à son per­son­nage, l’ami de Don Juan, mais aus­si être un gars qui a de la poigne. 4 NOR­MAND LÉ­VESQUE, 64 ans, est de loin le plus âgé du groupe, qui se si­tue entre 22 et 33 ans. Se re­trou­ver ain­si en­tou­ré de jeunes chan­teurs lui donne un gros coup de jeu­nesse.

« Ça me ra­jeu­nit de 20 ans, dit-il. Ça me fait beau­coup de bien, c’est très ré­gé­né­ra­teur. Je dé­couvre des ta­lents et des êtres hu­mains ex­tra­or­di­naires. Je suis agréa­ble­ment sur­pris de leur cha­leur, leur sim­pli­ci­té. Ça re­charge mes bat­te­ries. »

Pour lui qui s’est dé­me­né dans la ré­cente co­mé­die mu­si­cale Le Pe­tit Roy, à dan­ser et chan­ter en même temps, le dé­fi de Don Luis, se­ra tout en sub­ti­li­té, le père de Don Juan étant fait de di­gni­té, d’amour, de dé­cep­tion et de no­blesse. Peut-être, es­père-t-il, qu’il pour­ra don­ner un peu de fougue es­pa­gnole à son Don Luis.

Avec ses 40 ans de mé­tier, il compte bien ai­der, mais aus­si ap­prendre, comme il le fait dé­jà chaque jour en ré­pé­ti­tion, pré­cise-t-il. « Chan­ter, dit-il, c’est bon pour l’âme et le corps. C’est exal­tant. » 5 Quant à AMÉ­LIE B. SI­MARD qui joue­ra Isa­bel, la maî­tresse aban­don­née de Don Juan, elle a beau­coup d’ex­pé­rience, au ni­veau du jeu, elle est co­mé­dienne de­puis son très jeune âge. L’his­toire ne dit pas en­core si elle de­vra teindre ses che­veux noirs en rouge, pour se dis­tin­guer de ses deux bru­nettes ri­vales, Ma­ria et El­vi­ra. EN LIGNE › Les­ré­pé­ti­tions ca­noe.ca/donjuan

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