Une gym­naste sans at­tache

Le Journal de Quebec - Weekend - - CIRQUE DU SOLEIL PHOTOS ET VIDÉO -

(PON) | Tous les ar­tistes du Cirque ap­pe­lés à ef­fec­tuer des ma­noeuvres aé­riennes ont droit à une sur­pro­tec­tion. À une ex­cep­tion près : Ma­rie-ève Bis­son, qui s’élance jus­qu’à 30 pieds dans les airs sans at­tache et sans fi­let!

La gym­naste de for­ma­tion ori­gi­naire de Qué­bec est consciente du dan­ger qu’elle en­court, « sur­tout dans mes mo­ments de fa­tigue, après une longue sé­rie de re­pré­sen­ta­tions ».

Mais la femme toute me­nue tient à s’af­fran­chir sur scène en toute li­ber­té. « Si on m’avait im­po­sé une at­tache ou un fi­let, j’au­rais dit non. Une ques­tion de thrill, lance-t-elle en riant. Elle ex­pli­que­ra que la par­ti­cu­la­ri­té de son nu­mé­ro de cer­ceau en so­lo l’amène à tour­noyer si vite qu’une at­tache ren­drait l’exer­cice im­pos­sible. « Et, comme je dois aus­si po­ser le pied sur le sol, un fi­let me ren­drait aus­si la chose im­pos­sible. »

UN NU­MÉ­RO DE SON CRU

Après avoir vé­cu l’aven­ture de Qui­dam, Ma­rie-ève Bis­son pour­suit avec la même exal­ta­tion celle de Dralion, sur­tout que cette fois, elle a la chance de pré­sen­ter un nu­mé­ro de son cru, un nou­veau nu­mé­ro hau­te­ment spec­ta­cu­laire qui l’amène à se te­nir en équi­libre par­fois même avec son cou seule­ment qui la re­tient à son cer­ceau. La fi­nale du nu­mé­ro de six mi­nutes et de­mie de­vient ver­ti­gi­neuse lors­qu’elle tour­billonne à une vi­tesse folle, qu’elle éva­lue à 150 tours sur elle-même à la mi­nute. À ce­la s’ajoute son tour de force de de­voir s’ar­rê­ter brus­que­ment face au pu­blic!

DE LA MÉ­DI­TA­TION

« Les pre­mières se­maines, je res­sen­tais des haut-le-coeur et des étour­dis­se­ments, et je me fai­sais des bleus… mais, avec le temps, ça s’est pas­sé… » Elle in­sis­te­ra sur la très grande concen­tra­tion qu’exige sa per­for­mance, une concen­tra­tion qu’elle as­so­cie à de la mé­di­ta­tion. « C’est pas le temps de me de­man­der ce que je vais man­ger après le show », blague-t-elle. Plus sé­rieu­se­ment, elle ajou­te­ra: « Du­rant ma per­for­mance, je n’en­tends plus rien et je ne vois plus rien, mais je reste sen­sible aux ap­plau­dis­se­ments de la foule, qui me ré­éner­gisent. »

UNE VIE DE RÊVE

Celle qui per­son­ni­fie la sé­duc­trice d’un guer­rier dans Dralion adore son ex­pé­rien-

ce au sein de la grande fa­mille du Cirque du So­leil, qu’elle par­tage avec son amou­reux, Jo­na­than Mo­rin, qui évo­lue dans le nu­mé­ro de la roue croi­sée, de sa propre in­ven­tion. « Comme mode de vie, c’est gé­nial. On est tel­le­ment bien en­ca­drés. J’ai la chance de faire ce qui me plaît, je n’ai vrai­ment pas l’im­pres­sion de tra­vailler. Je m’amuse. »

Lors­qu’on lui de­mande si elle mène une vie de rêve, elle ré­pond aus­si­tôt: « Ab­so­lu­ment! » Re­çoit-elle un trai­te­ment de star? « Pas du tout. Nous sommes tous trai­tés sur le même pied d’éga­li­té. »

L’an­cienne gym­naste a eu son coup de chance en 1998, lors­qu’elle fut ap­pe­lée à rem­pla­cer une acro­bate de Qui­dam. Elle n’avait ja­mais fait de cer­ceau aé­rien. « J’ai dé­ve­lop­pé ma propre tech­nique… », ter­mine celle qui, entre Qui­dam et Dralion, a par­ti­ci­pé à des évé­ne­ments spé­ciaux du Cirque du So­leil qui l’ont me­née jus­qu’en Rou­ma­nie, en Chine et en Co­rée!

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