FRAN­ÇOIS PÉ­RUSSE se rend à l’évi­dence

MON­TRÉAL | Il l’a sou­vent dit pu­bli­que­ment, Fran­çois Pé­russe est un être tout ce qu’il y a de plus terre à terre. De ce fait, chaque fois qu’il lance un nou­vel al­bum, il doute de son suc­cès. Mais il a dû se rendre à l’évi­dence, quand il a vu les exem­plair

Le Journal de Quebec - Weekend - - MODE DE STARS - Agnès Gau­det AGNES.GAU­DET@JOUR­NALMTL.COM

En fait, ce sont près de 50 000 exem­plaires de son nou­vel Al­bum du Peuple qui ont trou­vé pre­neurs, en un mois. Fran­çois Pé­russe était, di­sons, sub­ju­gué.

« Dé­jà au Tome 7, qui a très bien fonc­tion­né, je n’en re­ve­nais pas, confie-t-il. Au­jourd’hui, avec itunes de la par­tie, je n’en re­viens tout sim­ple­ment pas de ce qui ar­rive.

« La pre­mière chose qui de­vait se pro­duire, c’est que les gens aiment l’al­bum, pour­suit-il. Ces gens-là n’achètent pas les yeux fer­més. Et je suis ab­so­lu­ment dé­pas­sé par l’ac­cueil qu’ils ont fait à mon Tome 8. C’est étrange de dire ça, mais c’est le mo­ment le plus émou­vant de toute ma vie. »

Quand il fait cette af­fir­ma­tion, l’hu­mo­riste ne plai­sante pas. Il est vrai­ment tou­ché. C’est qu’avec cet al­bum, il pre­nait des risques. Pour la pre­mière fois en car­rière, il pro­po­sait sur un Al­bum du peuple com­po­sé des chan­sons in­édites, ja­mais en­ten­dues et éprou­vées à la ra­dio, « un gros gam­bling (pa­ri) », di­ra-t-il.

DE BEAUX RÊVES

Fran­çois Pé­russe avait tort de s’en faire. L’al­bum du peuple - tome 8 est de­ve­nu très vite un pe­tit phé­no­mène. À peine dix mi­nutes après avoir été ren­du dis­po­nible sur itunes, vers mi­nuit moins dix, le soir du lan­ce­ment of­fi­ciel, le 21 no­vembre der­nier, les fans com­men­çaient à le té­lé­char­ger. L’ar­tiste qui, à son ha­bi­tude, va dor­mir tôt avec sa blonde, gar­dait ce soir-là un oeil ou­vert sur la com­mu­nau­té Twit­ter, trop éner­vé pour se dé­tendre. Il a tout de suite su la bonne nou­velle.

« Les com­men­taires étaient tous su­per po­si­tifs, se ré­jouit-il. Les gens par­laient des tounes, des sketchs, des jokes (blagues). S’il y a une place au monde où tu peux être franc, c’est bien sur Twit­ter. C’est la place où tu peux chia­ler, don­ner ton opi­nion. Alors, j’ai bien dor­mi et j’ai fait de beaux rêves, conclut l’hu­mo­riste. Si les com­men­taires avaient été né­ga­tifs, j’au­rais pas­sé une bien mau­vaise nuit. »

À RÉ­PÉ­TI­TION

Ce Tome 8, Fran­çois Pé­russe y a mis beau­coup de temps, une fois et de­mie plus de temps à le réa­li­ser que les pré­cé­dents.

« Je l’ai peau­fi­né long­temps, re­tra­vaillé ex­plique-t-il. J’ai hé­si­té dans mes choix. J’ai chan­gé d’idée comme on change son fu­sil d’épaule. J’ai mo­di­fié des scé­na­rios, entre autres quand Jack Lay­ton est dé­cé­dé, j’ai ajus­té cer­tains trucs, se­lon l’ac­tua­li­té. J’ai écou­té 500 cap­sules ra­dio et ter­mi­né avec les ins­tru­men­taux. »

Son ar­deur en vaut la peine. Même si le mar­ché de la chan­son est plus dif­fi­cile qu’avant, Fran­çois Pé­russe, qui vend ce qu’il ap­pelle « un gad­get d’amu­se­ment », passe sous le ra­dar.

« Les gens écoutent ça pour s’ac­com­pa­gner en voyage, pour ri­go­ler, dit-il, épa­té. Ils écoutent ça à ré­pé­ti­tion, comme je le fai­sais avec les disques des Cy­niques quand j’étais jeune. »

QUE DES RE­MER­CIE­MENTS

En car­rière, Fran­çois Pé­russe a ven­du 1,6 mil­lion d’al­bums et il conti­nue d’en vendre de tous les tomes de son ca­ta­logue. Au­cun d’eux n’est dis­con­ti­nué. L’hu­mo­riste vend même des al­bums qué­bé­cois en France, où des fans fran­çais se les pro­curent comme ob­jet de col­lec­tion.

Par­fois, des gens lui écrivent pour lui dire qu’ils ont des co­pies en ver­sion cas­sette des an­nées 1990 et qu’ils ra­chètent les mêmes al­bums, en ver­sion CD.

« Je n’ai que des re­mer­cie­ments pour ces gens-là, dé­clare ce der­nier, ceux qui m’en­cou­ragent le plus. »

Fran­çois Pé­russe s’ac­com­mode bien de l’in­ter­net et y vend dé­sor­mais son al­bum sur itunes. Les ventes sont bonnes sur le Web, comme dans les ma­ga­sins. Il avoue qu’il avait des pe­tites craintes à cet ef­fet, craintes au­jourd’hui dis­pa­rues.

« Je crai­gnais ça, mais je dé­couvre que c’est une bonne af­faire, dit-il. Ça donne un vo­lume sup­plé­men­taire. Sur itunes, il y a une pe­tite perte de re­ve­nu, mais un peu moins de frais. »

« Il y a des gens qui me de­mandent si je pré­fère qu’ils achètent mon al­bum sur itunes ou en ma­ga­sin. Je leur dis la vé­ri­té, que les CDS me rap­portent un p’tit peu plus, mais que s’ils pré­fèrent la for­mule itunes pour leurs ap­pa­reils, bien­ve­nue sur itunes. Je vais être aus­si content. » En jan­vier, on au­ra en­fin droit à la pre­mière sai­son du des­sin ani­mé de Fran­çois Pé­russe, Pé­russe Ci­té, à Ra­dio-ca­na­da, qui nous fe­ra dé­cou­vrir ses per­son­nages, dont le mi­nistre Ouel­let de l’en­vi­ron­ne­ment, qui ac­cu­mule gaffe sur gaffe, et Ben, son conseiller. L’hu­mo­riste tra­vaille dé­jà sur la se­conde sai­son. Fran­çois se­ra de re­tour avec des nou­velles cap­sules hu­mo­ris­tiques à la ra­dio de NRJ, en jan­vier.

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