LA FIN DE QUA­SI­MO­DO, LA SUITE DE ZAR­KA­NA

PA­RIS | Ga­rou a en­ter­ré son per­son­nage de Qua­si­mo­do, tout juste avant la pé­riode des fêtes, avec les trois spec­tacles pa­ri­siens de l’hom­mage à Notre-Dame-de-Pa­ris. Mais foi du chan­teur, la bosse de Qua­si­mo­do ne se­ra ja­mais bien loin.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin RA­PHAEL.GEN­DRON-MAR­TIN@JOUR­NALMTL.COM

« Qua­si­mo­do, je ne l’en­ter­re­rai ja­mais, a dit Ga­rou, ren­con­tré dans une loge du Pa­lais Om­ni­sports de Pa­ris-ber­cy. En même temps, je l’ai dé­jà en­ter­ré, mais il y a tou­jours une pe­tite bosse qui dé­passe. Il y a tou­jours une pe­tite col­line dans mon ho­ri­zon. »

Ga­rou ad­met que ce qui a prin­ci­pa­le­ment bou­le­ver­sé sa vie, et pro­ba­ble­ment celle des co­mé­dies mu­si­cales fran­co­phones, c’est la chan­son Belle.

« Ç’a dé­mar­ré tel­le­ment fort. Je ne peux pas faire de shows sans chan­ter Belle. C’est sûr que je vais la chan­ter toute ma vie. C’est un peu plate parce que c’est un trio et je suis pris pour la chan­ter tout seul ! »

Pour Ga­rou, Notre-dame-de-pa­ris, « c’est une re­nais­sance com­plète. C’est le gars qui chan­tait dans les bars, qui avait du plai­sir, mais qui n’était pas sûr qu’il vou­lait en faire un vé­ri­table mé­tier. Je ne sa­vais pas ce que je vou­lais faire, en fait. Il y a plein d’ave­nues qui m’in­té­res­saient. [...] Sans Notre-da­mede-pa­ris dans ma vie, ce n’est pas du tout le même par­cours. »

Au­jourd’hui, Ga­rou a la car­rière eu­ro­péenne que l’on connaît. « Je me sens très bien im­plan­té dans le pay­sage des Fran­çais », dit-il.

LA RUS­SIE A CRA­QUÉ POUR LUI

Et l’eu­rope de l’est, dans tout ça ? Pour­quoi est-ce aus­si spé­cial pour lui ? « Au dé­but, j’étais par­ti un peu en éclai­reur là-bas. Pour mon pre­mier al­bum, en 2002, il y a la chan­son Gitan qui s’est re­trou­vée chan­son de l’an­née, et qui a été un gros hit dans les pays de l’est. Pour moi, ç’a été la pre­mière ap­proche. Très vite après, j’ai fait une tour­née en Rus­sie, en jouant dans la grande salle du Krem­lin. Il y avait 6 000 per­sonnes dès mon pre­mier concert. Et de­puis huit ans, j’y re­tourne. »

« Ce­la a ou­vert la porte aux autres chan­teurs de Notre-dame. On a un ac­cueil ex­tra­or­di­naire là-bas. La Rus­sie est dans un chan­ge­ment où elle s’ouvre beau­coup aux autres cultures. Les Russes ne sont pas né­ces­sai­re­ment at­ti­rés par la culture an­glo­phone. Chaque fois que j’y re­tourne, je suis bluf­fé. Je veux leur faire des re­prises des Beatles et d’el­vis, mais ils tripent plus quand je leur fais mes chan­sons en fran­çais. Ils sont ve­nus pour triper sur la culture fran­co­phone. »

« Je dois par­fois leur rap­pe­ler que je suis un Ca­na­dien fran­çais, un Qué­bé­cois, et non pas un Fran­çais. Il y a quelques mois, j’ai joué dans un stade en Chine, et on me consi­dé­rait comme le nou­vel am­bas­sa­deur de la chan­son fran­çaise. Al­ler dans des pays non fran­co­phones, comme la Chine, la Rus­sie et l’ukraine, et être por­teur de la langue fran­çaise, c’est ma plus grande fier­té à vie. »

LE CIRQUE AU KREM­LIN

Le 4 fé­vrier pro­chain, Ga­rou se­ra de re­tour au Krem­lin de Mos­cou, cette fois-ci pour jouer dans le spec­tacle du Cirque du So­leil, Zar­ka­na. Après avoir pré­sen­té ce spec­tacle du­rant cinq mois à New York, il joue­ra ain­si de­vant un pu­blic qu’il connaît bien.

« Le Krem­lin est la plus pres­ti­gieuse salle de Rus­sie. C’est la pre­mière fois qu’un show s’ins­talle pour des mois là-bas. » Pour l’ins­tant, il est pré­vu que le spec­tacle soit à l’af­fiche du­rant deux mois et de­mi.

Ga­rou af­firme que l’aven­ture de Zar­ka­na l’a beau­coup sti­mu­lé. « Ça m’a don­né plein d’idée de pro­jets, en groupe et en so­lo. Je ne peux pas en par­ler tout de suite. »

« Pen­dant 13 ans, ma vie n’a pas ar­rê­té. Là, à New York, j’ai pu avoir ma pe­tite rou­tine du­rant cinq mois. J’al­lais me pro­me­ner au Ra­dio Ci­ty Mu­sic Hall et je re­ve­nais. J’avais des jour­nées de congé. »

LE RE­TOUR DES SINGLES

L’été pro­chain, il ai­me­rait bien en­trer en stu­dio pour en­re­gis­trer de nou­velles chan­sons. Mais il ne faut pas né­ces­sai­re­ment s’at­tendre à avoir un nou­vel al­bum de Ga­rou, car le chan­teur re­con­naît ne plus être cer­tain de la per­ti­nence de sor­tir des disques d’une di­zaine de chan­sons.

« À moins d’avoir une idée concep­tuelle, je me de­mande si ça vaut en­core la peine d’en sor­tir. Sou­vent, les al­bums qui marchent ne sont pas ceux sur les­quels on a tra­vaillé le plus long­temps. Peut-être que c’est mieux de faire des chan­sons pour les gens, sans faire d’al­bum. On re­vient un peu à l’époque du single. Il n’y a plus de loi. Le moule est en train de se cas­ser. »

Les ama­teurs du chan­teur ne pour­ront le voir sur une scène qué­bé­coise dans la pro­chaine an­née. « Il n’y a pas de tour­née de pré­vue pour l’ins­tant. Même à la fin 2012, c’est un peu tôt. Mais je n’ou­blie pas le Qué­bec. »

Ga­rou pas­se­ra une par­tie de l’hi­ver en Rus­sie, où il joue­ra dans le spec­tacle Zar­ka­na,

du Cirque du So­leil.

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