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Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Va­nes­sa Gui­mond VA­NES­SA.GUI­MOND@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | Vincent Morisset n’est pas un réa­li­sa­teur comme les autres. En plus d’être pas­sion­né par les nou­veaux mé­dias, ce­lui qui se cache der­rière le do­cu­men­taire Mi­roir Noir, por­tant sur la tour­née Neon Bible d’ar­cade Fire, a si­gné des pro­jets tou­chant à di­verses sphères ar­tis­tiques, au cours des der­niers mois. Après avoir pré­sen­té un film ani­mé pour or­di­na­teur, un film mu­si­cal réa­li­sé pour le compte de Si­gur Rós et le plus ré­cent vi­déo­clip in­ter­ac­tif d’ar­cade Fire, il se pré­pare dé­jà à vivre une an­née 2012 bien char­gée. En­tre­tien avec un ar­tiste qui n’a pas peur d’in­no­ver.

À quelques jours de Noël, Vincent Morisset a pu pré­sen­ter au pu­blic le fruit de plu­sieurs mois de tra­vail en lan­çant le vi­déo­clip Sprawl II d’ar­cade Fire, dont la nou­velle de la sor­tie s’est ra­pi­de­ment ré­pan­due sur le Web. Sa par­ti­cu­la­ri­té ? Son in­ter­ac­ti­vi­té. En se ren­dant sur le site sprawl2.com, l’in­ter­naute peut in­ter­agir avec l’image en bou­geant de­vant son écran ou en se ser­vant de la sou­ris.

« C’est un pro­jet hy­bride, si on veut, puis­qu’il y a aus­si une ver­sion tra­di­tion­nelle que l’on peut voir à la té­lé­vi­sion et sur Youtube, a ex­pli­qué ce­lui qui tra­vaille avec Ar­cade Fire de­puis l’époque de Fu­ne­ral. En un seul tour­nage, d’ar­ri­ver à faire deux pro­jets dis­tincts, c’était dé­jà un gros dé­fi. En plus, nous avons dé­ve­lop­pé une tech­no­lo­gie et un rap­port à l’image et au mon­tage que je n’avais ja­mais vus avant. Nous étions un peu dans la brume et l’in­con­nu. C’est un peu ce qui m’ex­cite, dans ces pro­jets-là. C’est l’fun, mais en même temps, c’est très dif­fi­cile. »

Le tour­nage du clip, une forme de film de zom­bies dan­sant, a du­ré trois jours. Ce­pen­dant, il s’est écou­lé une pé­riode de quatre mois entre sa concep­tion et son lan­ce­ment.

« Nous de­vions tes­ter des choses et va­li­der cer­taines de nos in­tui­tions, a ex­pli­qué Vincent Morisset. Nous de­vions aus­si nous as­su­rer que l’ex­pé­rience in­ter­ac­tive al­lait être com­pa­tible avec tous les or­di­na­teurs. »

SI­GUR RÓS

En 2011, le nom de Vincent Morisset est éga­le­ment ap­pa­ru au gé­né­rique d’in­ni, film qui ac­com­pagne le double al­bum live de la for­ma­tion is­lan­daise Si­gur Rós, pa­ru en no­vembre der­nier.

« J’ai ren­con­tré les membres du groupe après un de leurs spec­tacles, à Mon­tréal, a ra­con­té Vincent Morisset. Nous avons par­lé de nos ex­pé­riences et avons réa­li­sé que plu­sieurs choses se re­joi­gnaient. Deux mois plus tard, il me de­man­dait de faire leur film. »

Pré­sen­té en pre­mière mon­diale à la Mos­tra de Ve­nise, In­ni a d’abord été fil­mé à l’aide d’une ca­mé­ra nu­mé­rique pour en­suite être trans­fé­ré sur une pel­li­cule 16 mm. Pro­je­té sur un écran, il a été fil­mé à nou­veau en uti­li­sant des filtres comme des ob­jets de verres, ques­tion de lui don­ner une fac­ture vi­suelle unique.

« Avec In­ni, j’ai beau­coup voya­gé. Je suis al­lé à Ve­nise, à Athènes et à Co­pen­hague. Ça te per­met de ren­con­trer ton pu­blic, a-t-il ra­con­té. Avec le nu­mé­rique, le cô­té in­té­res­sant, c’est l’ins­tan­ta­néi­té. Tu cliques sur un bou­ton et la pla­nète en en­tier peut voir ton tra­vail. En même temps, ça rend l’échange plus abs­trait. Tu ne ren­contres pas ton pu­blic (...) En ce mo­ment, je pro­fite du meilleur des deux mondes. »

NOU­VEAUX DÉ­FIS

Lorsque vient le temps d’abor­der la ques­tion de ses pro­jets, le réa­li­sa­teur confie vou­loir mettre de cô­té l’uni­vers de la mu­sique, du moins, pour un cer­tain temps.

« J’ai en­vie de faire autre chose que des films sur des groupes de mu­sique. J’ai tra­vaillé avec deux de mes groupes pré­fé­rés, alors je suis com­blé. Je me sens ex­trê­me­ment chan­ceux. À court terme, j’ai en­vie d’ex­plo­rer d’autres ave­nues. »

À la fin du mois, Vincent Morisset ira pré­sen­ter son film Bla Bla, pro­duit par l’of­fice na­tio­nal du film, au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de Rot­ter­dam. Ré­ci­pien­daire de nom­breux prix, ce pro­jet ani­mé in­ter­ac­tif au­ra dé­sor­mais sa ver­sion phy­sique.

« C’est vrai­ment ex­ci­tant. Le film se­ra pré­sen­té dans un pro­gramme qui traite des ex­pé­riences ci­né­ma­to­gra­phiques en de­hors des salles de ci­né­ma. »

Bien qu’il ne puisse ré­vé­ler plus de dé­tails concer­nant ce pro­jet, Vincent Morisset confirme qu’un mu­sée de Cin­cin­na­ti, en Ohio, consa­cre­ra à ses oeuvres mu­si­cales une ex­po­si­tion, cet hi­ver. Tous les liens vers les pro­jets de Vincent Morisset se trouvent à l’adresse vin­cent­mo­ris­set.com.

Une scène du vi­déo­clip Sprawl II d’ar­cade Fire, avec Ré­gine

Chas­sagne.

Ci-des­sous : Vincent Morisset signe la réa­li­sa­tion de

Sprawl II, clip in­ter­ac­tif pré­sen­té

par Ar­cade Fire.

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