À l’école des peuples du Nord

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-france Bor­nais Le Jour­nal de Qué­bec

Ni­co­las Va­nier est re­con­nais­sant de tous les ap­pren­tis­sages et les en­sei­gne­ments par­ta­gés par les peuples au­toch­tones ren­con­trés au fil de ses ex­pé­di­tions.

« J’ai sur­tout beau­coup ap­pris au­près de ceux qui vivent en­core comme au­tre­fois et cultivent un art de vivre qui est au­jourd’hui ou­blié. La fa­çon dont vivent au­jourd’hui les in­diens d’amé­rique du Nord et beau­coup d’inuits est très éloi­gnée de ce que peuvent vivre des no­mades éle­veurs de rennes avec qui j’ai par­ta­gé un an de ma vie en Si­bé­rie. C’est un peuple qui vit en­core sans ar­gent, pour le­quel toute leur vie est ba­sée sur le no­ma­disme, sur les rennes, sur leur re­la­tion au ter­ri­toire.

« Ce qui m’a frap­pé sur­tout, c’est le bon­heur de vivre qui émane de ces po­pu­la­tions, alors que ces in­diens d’amé­rique, cloî­trés dans des ré­serves, dé­bous­so­lés, dro­gués, al­coo­li­sés, sont à l’an­ti­thèse de ce­la. Je pense qu’il y a des le­çons à ti­rer de cette dif­fé­rence et de cette consta­ta­tion. »

Le hé­ros du ro­man, Mo­hawks, n’est pas Ni­co­las Va­nier. « Je me suis construit et je suis de­ve­nu ce que je suis, d’un point de vue phi­lo­so­phique, au tra­vers de mes voyages et c’est ce que vit aus­si Mo­hawks. Au dé­but du ro­man, c’est un ado­les­cent plein de doutes, ce que j’étais aus­si. C’est vrai que lors­qu’on voyage, qu’on ren­contre à la fois beau­coup de per­sonnes et beau­coup de si­tua­tions, ça forme la jeu­nesse. C’est as­su­ré­ment ce qui m’a for­mé et ce qui forme Mo­hawks. »

EN­VI­RON­NE­MENT

Ni­co­las Va­nier re­tient aus­si de sa propre ex­pé­di­tion, l’odys­sée blanche, qui l’a conduit de Skag­way, en Alas­ka, à Qué­bec, des images d’un voyage ex­cep­tion­nel. « D’abord, de par les pay­sages que j’ai tra­ver­sés et en­suite tous ces gens à qui j’ai de­man­dé de l’aide et qui ont vrai­ment été d’un sou­tien ex­tra­or­di­naire. C’est vrai­ment une sorte de lien qui s’est tis­sé, un peu comme dans ce ro­man, d’un vil­lage à l’autre, au tra­vers de cet iti­né­raire. »

Ar­dent dé­fen­seur de l’en­vi­ron­ne­ment en France, Ni­co­las Va­nier ob­serve mal­heu­reu­se­ment les consé­quences du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique pen­dant ses ex­pé­di­tions. « J’ai été bles­sé, parce que j’aime pro­fon­dé­ment ces ter­ri­toires et j’ai vu, à tra­vers mes voyages, une évo­lu­tion as­sez dra­ma­tique, dans cer­tains en­droits, de la si­tua­tion. »

AU QUÉ­BEC

Il en­vi­sage d’ailleurs de re­ve­nir au Qué­bec, car il vient d’ap­prendre que des coupes à blanc doivent être faites dans un ter­ri­toire re­mar­quable si­tué au nord du lac Saint-jean, où il avait une pe­tite base pour en­traî­ner ses chiens. « Des com­pa­gnies fo­res­tières vont agir dans l’in­dif­fé­rence gé­né­rale. Alors, je compte peut-être ve­nir pour voir ce que je peux ap­por­ter comme sou­tien pour faire en sorte que ce sac­cage n’ait pas lieu. »

Avec ses chiens de traî­neau, il en­vi­sage éga­le­ment de par­ti­ci­per aux grandes courses que sont la Yu­kon Quest et l’idi­ta­rod, en Alas­ka. « J’ai­me­rais aus­si voya­ger avec mes chiens dans un grand pays qui me fas­cine et que je ne connais pas : la Mand­chou­rie.»

PHO­TOS COURTOISIE

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