Ar­lette Cousture re­trouve ses fans

SON NOU­VEAU LIVRE PE­TALS' PUB

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Ma­rie-france Bor­nais Le Jour­nal de Qué­bec

Pe­tals’ Pub ra­conte Mon­tréal, en 1884-1885, alors que le des­tin de trois filles aux noms de fleurs, Angélique, Vio­lette et Mar­ga­ret, s’en­tre­croise comme des en­tre­lacs celtes, au gré de leurs his­toires d’amour, des aléas de la vie et de leurs vi­sions de la vie. Angélique, l’exal­tée, quitte le couvent pour le bel Eu­gène, Vio­lette tient tête à des pa­trons abu­seurs et Mar­ga­ret, la belle Ir­lan­daise, ré­jouit tout le monde avec son fiddle et sa bonne hu­meur.

« J’ai eu beau­coup de plai­sir à l’écrire même si j’avais beau­coup de co­lère d’avoir per­du le ma­nus­crit. Comme je l’ai dit en avant-pro­pos, ce sont des ju­meaux non iden­tiques. Ce sont des ju­meaux, mais je ne sau­rai ja­mais à quoi res­sem­blait l’autre », comme l’au­teure en en­tre­vue.

COU­RAGE

« Mon cou­rage me di­sait fais-la, Ar­lette, c’est une bonne his­toire. Écris-la, sors-la de ton sys­tème parce qu’au­tre­ment, ça va tou­jours être un re­gret. C’est comme une fille qui fait une fausse-couche et qui dit, j’en fais un autre ou bien j’en veux pas. Moi, j’ai dit : je le re­com­mence. Ah mon Dieu... J’étais donc dé­cou­ra­gée. Mais je me suis dit qu’il faut que je le fi­nisse vite parce que je n’en pour­rai plus. Il était à pleine va­peur. Je l’ai écrit en deux temps, à peu près en un an et de­mi et j’es­père que les gens vont l’ai­mer. »

Dans ce ro­man fluide et di­ver­tis­sant comme un reel ir­lan­dais, où au­cune lon­gueur ne vient alour­dir le ré­cit, on s’at­tache à une époque – Mon­tréal en 1884 – et à un grou­pus­cule tis­sé ser­ré qui évo­lue dans Grif­fin­town, un an­cien quar­tier ou­vrier du sud-ouest de Mon­tréal.

Pour­tant, Ar­lette Cousture avoue avoir re­mis son ma­nus­crit à re­cu­lons. « J’ai dit : écou­tez, je suis tel­le­ment mal à l’aise avec ce ma­nus­crit. Ça fi­nit bien et ça ne me res­semble pas. Ça ne pou­vait pas mal fi­nir! »

L’en­vie de se pen­cher sur l’his­toire de ce quar­tier est ve­nue il y a quelques an­nées. Ar­lette Cousture a dé­jà tra­vaillé sur la rue Duke, où elle fait vivre ses per­son­nages. « Je fai­sais du bé­né­vo­lat pour un or­ga­nisme qui s’ap­pe­lait Les Chan­tiers de Mon­tréal, à l’é- poque. Et quand je parle des ca­fards, des rats... Je n’ai pas vu de rats mais je suis en­trée dans des mai­sons où les ca­fards étaient par­tout, par­tout. Ça se pro­me­nait sur les comp­toirs... J’ai vu cette pau­vre­té qu’on ne soup­çonne pas quand on est une pe­tite fille de Saint-lam­bert. J’étais de­dans, je bai­gnais de­dans. Grif­fin­town, c’était la pau­vre­té crasse. »

DIA­LOGUES EN AN­GLAIS

Ar­lette Cousture a éga­le­ment in­sis­té pour que le titre soit an­glais et que cer­tains dia­logues se re­trouvent en an­glais dans le texte, avec tra­duc­tions en bas de page. « Je trou­vais que ce n’était pas cor­rect de leur faire par­ler fran­çais quand ils ar­rivent ici. Je trou­vais que c’était un non-sens his­to­rique et il ne faut pas oc­cul­ter l’his­toire. Un im­mi­grant qui ar­rive ici ne parle pas né­ces­sai­re­ment notre langue. J’ai trou­vé ça amu­sant à faire. »

Le dia­logue an­glais a donc été écrit en an­glais, par Ar­lette Cousture qui le parle très bien, puis­qu’elle a ha­bi­té au Ma­ni­to­ba pen­dant une an­née, quand elle avait 12 ans. Le texte a été re­vi­sé à Londres par une Ir­lan­daise.

« Je suis très im­pré­gnée de la culture an­glo­saxonne. Quand j’étais pe­tite, je re­gar­dais

How­dy Doo­dy. Mon père est fran­co-ma­ni­to­bain, il par­lait un an­glais ex­tra­or­di­naire. J’ai été éle­vée vrai­ment dans les deux cultures. »

L’écri­vaine est d’ailleurs fan de ci­né­ma an­glo-saxon. « Je vois les films ir­lan­dais, les films écos­sais, les films aus­tra­liens, néo-zé­lan­dais et an­glais. J’aime beau­coup le ci­né­ma an­glo-saxon... et je ne parle pas du ci­né­ma amé­ri­cain. »

RE­TRAITE

Main­te­nant qu’elle a li­vré Pe­tals’ Pub, Ar­lette Cousture rêve tout sim­ple­ment de prendre sa re­traite. « C’est la pre­mière fois que je ne sais pas ce qui va suivre. Je suis dé­jà ar­ri­vée chez mon édi­teur avec deux livres en même temps... le tome 3 des Filles de Ca­leb et Tout là

bas. J’aime la dé­lin­quance. Si un livre m’ob­sède trop, j’es­saie de le sor­tir pour en faire un autre. Mais là, je ne sais vrai­ment pas! »

Pe­tals’ Pub, d’ar­lette Cousture, aux Édi­tions Libre Ex­pres­sion, se­ra dis­po­nible en li­brai­rie et en ver­sion nu­mé­rique dès le 25 jan­vier.

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