Re­née Mar­tel libre de chan­ter

MON­TRÉAL | Cet été, Re­née Mar­tel cé­lé­bre­ra 60 ans de car­rière en plus de son 65e an­ni­ver­saire de nais­sance, elle qui est mon­tée sur scène pour la pre­mière fois à l’âge de cinq ans. Dans le cadre de ces deux évé­ne­ments ex­cep­tion­nels, la chan­teuse lance un

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Agnès Gau­det AGENCE QMI

La chan­teuse a eu le temps de faire un grand bi­lan de sa vie et de sa car­rière en août der­nier, alors qu’elle était hos­pi­ta­li­sée après un bête ac­ci­dent chez elle en al­lant cher­cher un verre d’eau, qui la lais­sa avec une double frac­ture ? Du­rant quatre mois, elle a sé­jour­né d’abord à l’hô­pi­tal, où on lui a ins­tal­lé plaques et vis, en­suite à la mai­son de conva­les­cence.

« J’ai eu le temps de tout re­voir ça, ex­plique-t-elle sim­ple­ment, et je n’ai pas de re­grets. Les er­reurs que j’ai com­mises, j’ai payé pour et pour les bonnes dé­ci­sions, j’ai en­core payé pour ! Mais toutes ces épreuves mises dans le même sac, ont fait de moi la per­sonne que je suis au­jourd’hui.

« En sa­chant ce que je sais au­jourd’hui, il y a deux ou trois claques sur la gueule que j’es­saie­rais d’évi­ter, ajoute-t-elle avec une pointe d’hu­mour. Mais j’ai eu une mau­dite belle car­rière que ben du monde ai­me­rait avoir. J’ai 60 ans de mé­tier, un mé­tier que j’exerce tou­jours in­ten­sé­ment. Je sors un nou­vel al­bum, je pré­pare des spec­tacles. Mer­ci, bon Dieu. »

PEU DE PLACE À L’ER­REUR

Ce nou­vel al­bum ar­rive trois ans après L’hé­ri­tage, un al­bum qui a rem­por­té en 2009 le Fé­lix de l’al­bum coun­try de l’an­née, alors que la tour­née qui a sui­vi a rem­por­té le Fé­lix du spec­tacle de l’an­née in­ter­prète. La barre est haute, et il est faux de croire que l’ex­pé­rience de 60 ans de car­rière est un gage de réus­site.

« C’est de plus en plus dif­fi­cile, ad­met Re­née Mar­tel, parce qu’on veut avoir une cer­taine évo­lu­tion et en même temps on veut que les gens nous re­con­naissent. Quand tu es jeune, ce n’est pas grave de se trom­per, parce que tu te cherches. Mais après 60 ans de car­rière, il n’y a pas beau­coup de place à l’er­reur. »

Une femme libre est un su­perbe en­semble de chan­sons ori­gi­nales. Pour les choi­sir, Re­né Mar­tel, a pris un an, à écou­ter toutes les ave­nues qu’on lui pro­po­sait. Elle s’est fi­na­le­ment en­tou­rée d’une belle gang d’au­teurs­com­po­si­teurs dont Nel­son Min­ville, Ma­rio Pe­lu­so, Paul Da­raîche, Ri­chard Séguin, Steve Ma­rin, Pierre Flynn, Da­niel La­voie et Lyn­da Lemay.

« Ce sont eux qui sont ve­nus me voir, se ré­jouit la chan­teuse. C’est ex­tra­or­di­naire. Da­niel La­voie m’a en­voyé une chan­son par cour­riel, Comme un cou­rant, un vrai poème chan­té. Steve Ma­rin a choi­si exac­te­ment les bons mots pour dé­crire la re­la­tion dif­fi­cile que j’ai dé­jà eue avec ma fille, ado­les­cente. Quant à Une femme libre de Nel­son Min­ville, elle conve­nait par­fai­te­ment à ce que je vis en ce mo­ment. J’ai sen­ti qu’elle était faite pour moi.

« Toutes ces chan­sons faites pour moi, c’est tou­chant, ad­met la chan­teuse, et en même temps c’est un hon­neur. »

TRISTE ET JOYEUX

Pour cet al­bum, la chan­teuse a tra­vaillé avec Marc Pé­russe qui a aus­si réa­li­sé L’hé­ri­tage. Les deux col­la­bo­ra­teurs plus com­plices d’une pre­mière col­la­bo­ra­tion ont fu­sion­né da­van­tage.

« On est al­lé dou­ce­ment. On a pris le temps de bien choi­sir les chan­sons, pré­cise Re­née Mar­tel, et c’est Marc qui a don­né la cou­leur de l’al­bum. On a vou­lu un son ho­mo­gène, et on est res­té dans cette bulle-là. »

Dans Une femme libre on re­trouve un bel équi­libre entre chan­sons tristes et joyeuses, co­quines même. Cet équi­libre était vou­lu.

« Chaque être hu­main passe par toutes ces émo­tions-là, ex­plique la chan­teuse, des mo­ments tristes, heu­reux, drôles. Des re­mises en ques­tion, des pé­riodes de mé­di­ta­tion, des jours où tu te fous de tout, d’autres où que tu as en­vie de dan­ser. Mon nou­vel al­bum, c’est un peu tout ça. »

La chan­teuse dé­die cet al­bum à ceux qu’elle ché­rit le plus au monde, sa mère qui a eu 85 ans à Noël, sa fille Lau­rence, son fils Do­mi­nique et son pe­tit-fils de dix ans, Mon­sieur Hen­ri, sa fa­mille, sa prio­ri­té. Nor­mal, puisque plu­sieurs chan­sons de Une femme libre ra­content sa vie per­son­nelle.

SON ANGE « B »

Par­mi les re­mer­cie­ments, on note ce­lui adres­sé à son « ange B qui veille sur moi. » Vous l’au­rez com­pris, cet ange est son fian­cé Bru­no Mar­tin qui s’est en­le­vé la vie en sep­tembre 2008. L’al­bum se ter­mine avec la chan­son La porte de la vie, seule pièce que Re­née Mar­tel a com­man­dée, à Lyn­da Lemay. « J’ai be­soin d’es­poir. J’ai be­soin de sa­voir. Que je n’ai rien à voir. Dans ton dé­part… » dit no­tam­ment la chan­son.

« Je vou­lais bou­cler la boucle, pré­cise Re­née Mar­tel, et Lyn­da a su trou­ver les mots justes pour ex­pri­mer ce que j’ai vé­cu du­rant deux ans. C’est émou­vant, par­fois dur, mais c’est la réa­li­té crue.

« Ce sui­cide a ser­vi pour les ma­ga­zines. L’his­toire res­sor­tait à tout bout de champ, comme s’il s’était sui­ci­dé 50 fois. J’avais be­soin de dire exac­te­ment ce que j’ai vé­cu, ce que vit la per­sonne qui reste. » Une femme libre se­ra dis­po­nible en ma­ga­sin le 24 jan­vier 2012. La tour­née de spec­tacles dé­bu­te­ra au mois de juin aux Fran­co­fo­lies. Plu­sieurs évé­ne­ments cou­ron­ne­ront les 60 ans de car­rière de la chan­teuse.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.