UNE STÉ­PHA­NIE LA­POINTE EN CO­LÈRE

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agnès Gau­det Agence QMI agnes.gau­det@jour­nalmtl.com

MON­TRÉAL | Dans La peur de l’eau, Sté­pha­nie La­pointe joue le rôle d’une fille de 19 ans, re­belle et en co­lère, qui fi­nit as­sas­si­née par on ne sait qui. Pour bien rendre ce per­son­nage, si loin de sa vraie na­ture, elle a dû re­te­nir ses larmes et uti­li­ser tous les si­lences dis­po­nibles.

Sté­pha­nie La­pointe a mis une pause à la mu­sique pour se consa­crer au ci­né­ma où elle se sent bien, n’ayant pas à as­su­mer seule la charge du suc­cès ou de l’échec.

Tout de suite, elle a ac­cep­té le rôle de Ro­sa­lie dans La peur de l’eau « parce que le scé­na­rio est su­per bien tis­sé, dit-elle, et que même sur pa­pier je sa­vais que ce se­rait réus­si. »

Sté­pha­nie a 27 ans. Pour­tant, elle joue le rôle de Ro­sa­lie, 19 ans, avec ai­sance.

« J’ai vou­lu al­ler au-de­là des crises d’ado­les­cence, plus loin que cette frus­tra­tion que tous les ados connaissent, dit-elle. J’ai vou­lu qu’on res­sente que cette fille est trou­blée, vide à l’in­té­rieur. »

Dans l’op­tique d’une ado en co­lère, Sté­pha­nie au­rait pu jouer cha­cune de ses scènes en­ra­gée. Mais c’est tout en re­te­nue qu’elle vou­lait in­ter­pré­ter ce rôle. Elle s’est ins­pi­rée d’un en­tre­tien qu’elle avait lu entre les met­teurs en scène An­dré Bras­sard et Wa­j­di Moua­wad.

« Ils di­saient que la plus grande li­ber­té qu’ont les ac­teurs, dit-elle, c’est entre les lignes et dans les si­lences. C’est là qu’on peut vrai­ment faire ce qu’on veut. »

À FLEUR DE PEAU

Le dé­fi de Ro­sa­lie est com­pa­rable à ce­lui du rôle de Ma­rie-anne Caron que Sté­pha­nie avait ob­te­nu dans le film Aurore. Mais la plu­part de ses scènes avaient été cou­pées, son par­te­naire de jeu étant pra­ti­que­ment rayé du scé­na­rio. Cette fois, en quelques scènes cru­ciales, on dé­couvre une par­tie de son ta­lent, no­tam­ment alors qu’elle ser­monne sa psy jouée par Pascale Bus­sières.

« Les ac­teurs qui ont beau­coup de mé­tier peuvent te por­ter plus haut, es­time Sté­pha­nie, où alors le stress te gèle sur place. J’ai été chan­ceuse. Ils ont tous été très gé­né­reux avec moi. »

Lors de cette scène entre la psy et Ro­sa­lie, la jeune femme vide son coeur. Con­trai­re­ment à bien des ac­teurs qui ont dû mal à ver­ser de vraies larmes de­vant les ca­mé­ras, Sté­pha­nie est à fleur de peau. « J’ai dû conte­nir mes émo­tions, avoue-t-elle. Je ne vou­lais pas pleu­rer. Pour moi, c’est dif­fi­cile de ne pas pleu­rer. Ça coule tout seul. Je vou­lais me conte­nir et je suis con­tente, j’ai réus­si. »

DI­RI­GÉE EN DOU­CEUR

Dès le dé­but du film, on aper­çoit Sté­pha­nie morte, en bas de la fa­laise. Mais c’est un man­ne­quin de la co­mé­dienne qu’on a fa­bri­qué, du­rant deux jours, à par­tir de son corps en po­si­tion tor­du.

Le réa­li­sa­teur de La peur de l’eau avait choi­si Sté­pha­nie La­pointe pour la force de ca­rac­tère qu’elle in­carne, mal­gré son cô­té frêle. Il a dé­cou­vert une grande tra­vailleuse, « très in­tègre », di­ra-t-il.

De son cô­té, Sté­pha­nie a ap­pré­cié la pa­tience du ci­néaste qui l’a di­ri­gée tout en dou­ceur.

« On au­rait dit qu’il connais­sait per­son­nel­le­ment Ro­sa­lie, dit-elle. Il avait une fa­çon douce de me dire les choses. J’avais be­soin de ça, be­soin de faire confiance et il l’a com­pris. »

Il y avait deux ans et de­mi que Sté­pha­nie n’avait pas joué au ci­né­ma. Ce tour­nage a ré­veillé son goût pour le jeu. « J’ai juste en­vie de re­plon­ger dans une his­toire », avoue-t-elle. Sté­pha­nie vient éga­le­ment de ter­mi­ner le tour­nage du film Li

ver­pool de Ma­non Briand, dans le­quel elle tient le rôle

prin­ci­pal.

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