VA­RIA­TIONS SUR LE DÉ­SIR AMOU­REUX

MON­TRÉAL | Avec L’art d’ai­mer, son nou­veau film, le ci­néaste fran­çais Em­ma­nuel Mouret ana­lyse le dé­sir amou­reux avec ce ton fri­vole et sub­til qui lui est propre.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Agence QMI maxime.de­mers@jour­nalmtl.com

En six longs-mé­trages (dont les sa­vou­reux Chan­ge­ment d’adresse, Fais­moi plai­sir et Un bai­ser s’il vous plaît), Em­ma­nuel Mouret s’est for­gé un style bien à lui, quelque part entre le ci­né­ma d’éric Roh­mer et ce­lui de Woo­dy Al­len. Le ci­néaste et ac­teur de 41 ans se spé­cia­lise dans des co­mé­dies ro­man­tiques lé­gères, mais in­tel­li­gentes, can­dides et un brin ab­surdes, qui ont su, au fil des an­nées, trou­ver un pu­blic qui lui est fi­dèle.

L’art d’ai­mer, son nou­vel opus qui prend l’af­fiche chez nous ven­dre­di pro­chain, s’ins­crit dans le même ton que ses oeuvres pré­cé­dentes, sans tou­te­fois faire dans la ré­pé­ti­tion. Mi­sant sur une dis­tri­bu­tion de luxe com­pre­nant no­tam­ment Fré­dé­rique Bel, Fran­çois Clu­zet, Judith Go­drèche, Ju­lie De­par­dieu et Gas­pard Ul­liel, la nou­velle co­mé­die ro­man­tique de Mouret suit plu­sieurs courtes his­toires en pa­ral­lèle, cen­trées au­tour de per­son­nages mal­chan­ceux en amour, mais par­fois chan­ceux dans leur mal­chance. Le dé­sir amou­reux et la séduction sont donc en­core une fois au coeur de ce film frais et sans prétention. « Le dé­sir se joue de tous les per­son­nages du film, ob­serve Mouret, ren­con­tré en août der­nier lors de son pas­sage au Fes­ti­val des films du monde de Mon­tréal. « Comme dans la my­tho­lo­gie, le dé­sir est une sorte de Cu­pi­don qui tire ses flèches et qui change constam­ment de cible. Ce sont tous ces mou­ve­ments, et sur­tout comment les per­son­nages se dé­brouillent avec ce­la, qui m’in­té­ressent. L’amour en­globe tel­le­ment de choses qui peuvent être mièvres. Voi­là pour­quoi je trouve plus ex­ci­tant de par­ler de dé­sir plu­tôt que d’amour. « Je me suis aper­çu quand le film a été ter­mi­né que tous les per­son­nages sont en échec par rap­port à l’amour et que, pour la plu­part, il s’agit d’un échec heu­reux. Ce sont des his­toires aux échecs heu­reux. » Alors que la plu­part de ses films pré­cé­dents sui­vaient un ou quelques per­son- nages seule­ment, ce­lui-ci met en scène une im­por­tante ga­le­rie de pro­ta­go­nistes, dont les des­tins se croisent ou s’en­tre­mêlent.

« C’était très ex­ci­tant pour moi de par­tir sur une struc­ture qui n’a pas de ré­fé­rence, sou­ligne le ci­néaste qui joue éga­le­ment un pe­tit rôle dans le film.

« Le dé­fi était de bien do­ser le temps ac­cor­dé à chaque per­son­nage et à chaque his­toire. J’au­rais pu dé­ve­lop­per cha­cune de ces his­toires et en faire trois longs-mé­trages, mais l’idée était de faire en sorte que le spec­ta­teur ne s’en­nuie pas une se­conde tel­le­ment il y a de re­bon­dis­se­ments. »

RE­TROU­VAILLES

Dans L’art d’ai­mer, Em­ma­nuel Mouret re­trouve Fré­dé­rique Bel, son ac­trice fé­tiche, qu’il avait dé­jà di­ri­gée à trois re­prises avant.

La co­mé­dienne y donne la ré­plique à Fran­çois Clu­zet, qui joue un per­son­nage qui doit s’ar­mer de pa­tience en ten­tant de sé­duire sa voi­sine de pa­lier (jouée par Bel).

« J’aime beau­coup l’ef­fet co­mique de l’his­toire de nos deux per­son­nages, dé­clare l’ac­trice.

« C’est un peu comme le des­sin ani­mé avec le coyote qui es­saie d’at­tra­per l’au­truche, l’au­truche étant moi dans ce cas­ci. À chaque fois que mon per­son­nage ar­rive chez lui, elle est dis­po­sée à se lais­ser sé­duire, mais elle fi­nit tou­jours par trop ré­flé­chir et le lais­ser sur sa faim. »

Cu­rieu­se­ment, ce per­son­nage ne l’at­ti­rait pas au dé­part : « Em­ma­nuel m’a fait lire le scé­na­rio as­sez tôt en me de­man­dant quel per­son­nage j’ai­me­rais le plus jouer. Je lui ai ré­pon­du sans hé­si­ter : sur­tout pas elle. Elle est chiante, c’est une tête à claques. Il suf­fi­rait qu’elle soit un peu trop né­vro­sée ou sombre pour que les gens la dé­testent tout de suite. Je sen­tais que je n’étais pas ca­pable de la jouer.

« Mais à la fin de la lec­ture, j’ai tel­le­ment mis de soin à ten­ter de rendre ce per­son­nage drôle qu’em­ma­nuel m’a de­man­dé de la jouer. »

L’art d’ai­mer prend l’af­fiche ven­dre­di (le 27 jan­vier).

Fré­dé­rique Bel et Fran­çois Clu­zet dans une scène de la co­mé­die

ro­man­tique L’art d’ai­mer.

L’ac­teur et ci­néaste fran­çais Em­ma­nuel Mouret

en com­pa­gnie de sa co­mé­dienne fé­tiche Fré­dé­rique Bel lors de leur pas­sage au Fes­ti­val des films du monde de Mon­tréal, en août der­nier.

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