<< Je vou­lais mettre un terme à tous les men­songes>>

MI­CHAEL, Á TRA­VERS LES YEUX ET LE CŒUR DE JER­MAINE

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Marie-france Bornais Le Jour­nal de Qué­bec

NEW YORK | Jer­maine Jack­son, le frère aî­né de Mi­chael, fait le point sur les mythes qui cir­culent au su­jet des membres de sa fa­mille dans Not Alone, You Are une bio­gra­phie à la fois éton­nante et bou­le­ver­sante d’un des plus grands per­for­mers de toute l’his­toire du showbusiness. En­fance dif­fi­cile, as­cen­sion ra­pide, suc­cès pla­né­taire, tour­nées gran­dioses, pro­cès sor­dide, pro­prié­tés ex­tra­va­gantes, vie amou­reuse dé­ce­vante, dé­cès tra­gique : Jer­maine ra­conte tout, sans chi­chis ni faux­fuyants. Un té­moi­gnage à dé­vo­rer comme un ro­man, pour com­prendre qui était le vrai Mi­chael. Jer­maine Jack­son a écrit You Are Not

Alone pour mettre un point fi­nal aux ru­meurs, ra­gots, faus­se­tés et men­songes qui cir­culent au su­jet de sa fa­mille et de son frère Mi­chael. « Pen­dant l’écri­ture, j’ai pris le temps de lire tous les livres non au­to­ri­sés qui ont été pu­bliés et j’ai dé­ci­dé de faire le mé­nage dans tous les men­songes et faus­se­tés éta­lés au su­jet de notre fa­mille », ex­plique-t-il en en­tre­vue dans une suite d’un chic hô­tel de Man­hat­tan.

RES­PECT

Après le dé­cès tra­gique de son frère, le chan­teur et bas­siste des Jack­son Five, main­te­nant com­po­si­teur, pro­duc­teur et porte-pa­role of­fi­ciel de la fa­mille Jack­son, a vou­lu mettre les choses au clair. « Nous sa­vons qui nous sommes et nous avons gran­di en ap­pre­nant à nous res­pec­ter entre nous, à res­pec­ter les autres et chez nous, c’est « un pour tous et tous pour un », dit-il d’une voix douce, calme et po­sée. « Ce livre re­pré­sente une gué­ri­son aus­si pour moi. J’étais très en­thou­siaste à l’idée de faire res­sor­tir la vé­ri­té. »

Jer­maine Jack­son, né en 1954, ma­rié et père de sept en­fants, a lui-même connu beau­coup de suc­cès avec les Jack­son Five et en fai­sant car­rière so­lo dans les an­nées 80. Le pu­blic lui doit les hits Dy­na­mite et

Do What You Do, entre autres. Il a mis en­vi­ron un an et de­mi à écrire le livre, sans comp­ter six mois de re­cherche et de ré­flexion, entre la Ca­li­for­nie, Pa­ris, Londres, lstam­bul, Du­baï et l’afrique.

Jer­maine Jack­son était ra­vi de ra­con­ter les mo­ments heu­reux, les belles an­nées. Mais re­la­ter les mo­ments dif­fi­ciles – comme le dé­cès de son frère – lui ont de­man­dé beau­coup. Il en parle en­core la gorge ser­rée. Mais don­ner en­fin sa version des faits lui a per­mis de gué­rir et de gran­dir in­té­rieu­re­ment.

« J’étais en­thou­siaste de par­ler de tout, même des men­songes, pour dire la vé­ri­té. Je vou­lais que le pu­blic sache la vé­ri­té et ap­prenne ce qui s’est vrai­ment pas­sé au cours des in­ci­dents qui se sont pro­duits pen­dant la vie de Mi­chael et pen­dant notre vie. Et comment ces évé­ne­ments ont fait les man­chettes. J’ex­plique ce qui s’est vrai­ment pas­sé, de A à Z. »

LE NOYAU FA­MI­LIAL

« Le livre m’a ap­pris à quel point nous étions sou­dés les uns aux autres, comment nous avons sur­mon­té chaque obs­tacle mis sur notre che­min et toutes les fo­lies qui ont été dites à notre su­jet, comme le fait que nous soyons une fa­mille dys­fonc­tion­nelle et autres choses hor­ribles. »

« Nous sommes forts. Nous sa­vons qui nous sommes et qui nous avons été. Lorsque nous sommes al­lés nous ins­tal­ler en Ca­li­for­nie, nous avions l’in­ten­tion de conser­ver ce noyau fa­mi­lial. Notre fa­mille, c’était ça qui était le plus im­por­tant. Mon père s’est tel­le­ment bat­tu pour que notre fa­mille reste unie... »

PRES­SION MÉ­DIA­TIQUE

Chez les Jack­son, la pres­sion mé­dia­tique était énorme et fai­sait par­tie du quo­ti­dien. « Nous sa­vions que quelque chose nous concer­nant ve­nait de se pas­ser ou que quelque faus­se­té ve­nait de faire la man­chette lors­qu’on était dans le jar­din et que tout à coup, des hé­li­co­ptères sur­vo­laient notre pro­prié­té. On se di­sait : qu’est-ce qui se passe? On al­lait dans la mai­son et on se voyait en di­rect à la té­lé­vi­sion. On était à la té­lé à cause d’un men­songe qui ve­nait d’être dif­fu­sé. Nous avons été in­for­més d’un grand nombre d’évé­ne­ments de cette ma­nière. »

Jer­maine as­sure que per­sonne n’al­lait leur de­man­der leur version des faits. « La seule ma­nière de se faire po­ser des ques­tions était d’al­ler sur le pla­teau té­lé­vi­sé de Lar­ry King ou de Bar­ba­ra Wal­ters, qui fai­saient une émis­sion et sou­hai­taient cla­ri­fier une si­tua­tion. Eux aus­si vou­laient connaître la vé­ri­té. »

« J’ai tou­jours été hon­nête et di­rect dans mes ré­ponses. Et ce livre... je l’ai écrit parce que je vou­lais mettre un terme à tous les men­songes. Mi­chael le mé­rite plus que qui­conque. Quel­qu’un qui a tra­vaillé aus­si fort, qui avait tel­le­ment d’amour à don­ner, qui a été in­com­pris, même le jour de sa mort. In­com­pris même après sa mort. Et qu’après on prenne conscience qu’il était mo­ti­vé par l’amour, les en­fants, la construc­tion d’hô­pi­taux pour en­fants... J’au­rais ai­mé que les gens soient ca­pables de lui dé­mon­trer de l’amour du temps qu’il était vi­vant. » Jer­maine Jack­son, You Are Not Alone. Édi­tions Mi­chel La­fon. 509 pages. En li­brai­rie dès le 3 fé­vrier.

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