LA PAS­SION la clé de la lon­gé­vi­té

Le Journal de Quebec - Weekend - - NANETTE WORKMAN - Va­nes­sa Gui­mond

MON­TRÉAL | Na­nette Work­man cé­lèbre cette an­née ses 50 ans de car­rière. Lors­qu’on le lui rap­pelle, la chan­teuse nous ré­pond: « Ah, vrai­ment? » À 66 ans, celle qui peut se van­ter d’avoir un riche par­cours, qui a été mar­qué d’épreuves et de réus­sites, n’est pas prête de s’ar­rê­ter. Plus pas­sion­née que ja­mais, Na­nette est loin d’avoir dit, ou chan­té, son der­nier mot.

Na­nette Wor­kan, qui est née de pa­rents ar­tistes, a amor­cé sa car­rière dans le monde du spec­tacle alors qu’elle n’était âgée que de 11 ans. À 18 ans, elle était dé­jà par­tie à la conquête de Broad­way, où elle a été de la dis­tri­bu­tion de How to Suc­ceed in Bu­si­ness Wi­thout Real­ly Trying.

Celle qui s’est fait connaître au Qué­bec en 1966, après avoir fait la ren­contre de To­ny Ro­man, peut se ven­ter d’avoir été cho­riste pour plu­sieurs ar­tistes de re­nom, des Rol­ling Stones à John­ny Hal­ly­day. De toutes ces ex­pé­riences, la chan­teuse au­rait pu en gar­der une plus pré­cieu­se­ment dans son coeur, mais ce n’est pas le cas.

« Hon­nê­te­ment, je n’ai au­cun mo­ment en par­ti­cu­lier qui me vient en tête. Je pense que c’est parce que j’ai vé­cu tel­le­ment de choses ex­tra­or­di­naires. Je ne suis pas ca­pable d’en choi­sir une. C’est un peu pour cette rai­son, d’ailleurs, que j’ai vou­lu pu­blier ma bio­gra­phie. Ce livre, il ne parle pas uni­que­ment de la mu­sique, mais il parle aus­si de mes his­toires de femme. Je sais que je suis de­ve­nue la per­sonne que je suis, au­jourd’hui, grâce à toutes les choses que j’ai vé­cues dans ma vie, les suc­cès ou les échecs. Au moins, j’ai des choses à par­ta­ger dans mes chan­sons. Je suis vrai­ment re­con­nais­sante pour ce­la. »

Sa bio­gra­phie Rock'n'ro­mance, pu­bliée en 2008 et si­gnée par Ma­rio Bol­duc, ra­conte toutes les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par la chan­teuse, au cours de sa vie. De la consom­ma­tion de drogues à ses re­la­tions hou­leuses avec les hommes, tout y est men­tion­né.

« J’ai les mêmes dé­cep­tions, les mêmes sen­ti­ments que tout le monde. Ce n’est pas parce que je sais chan­ter que je suis dif­fé­rente des autres, a-t-elle ex­pli­qué. J’ai fait des choses qui n’étaient pas à mon avan­tage, c’est sûr. Par contre, je ne suis pas ca­pable de les ca­té­go­ri- ser comme étant bonnes ou mau­vaises, puis­qu’elles font par­tie de moi, au­jourd’hui. »

Et au­jourd’hui, c’est une femme qui trans­pire le bien-être qui se pré­pare à pré­sen­ter un nou­vel al­bum.

« Fi­na­le­ment, ce qui compte, c’est que je sois tou­jours ici. J’ai un bel en­fant, j’ai une belle vie et j’ai une belle fa­çon de pen­ser. Je crois en moi et en l’uni­vers. Je suis une per­sonne très spi­ri­tuelle. »

UNE FEMME PAS­SION­NÉE

De­vant une ar­tiste et une femme aus­si confiante, tou­jours ma­gni­fique et jeune, dans son corps et dans son coeur, il est im­pos­sible de ré­sis­ter à la ten­ta­tion de lui de­man­der son se­cret : « Pas­sion, ba­by. Sans la pas­sion, nous sommes morts, af­firme-t-elle. Peu im­porte la pas­sion, que ce soit pour la mu­sique, pour la vie, pour le tra­vail, pour les en­fants, pour les hommes ou pour n’im­porte quelle ac­ti­vi­té, il faut s’y ac­cro­cher. Même si tu es en­core dans ton corps, que tu vis phy­si­que­ment, tu es mort dans ton es­prit. »

« Ma pas­sion, c’est la mu­sique que je fais, mais c’est aus­si mes amis, mon fils, mes fans… C’est ce qui me per­met de conti­nuer, a-t-elle pour­sui­vi. Je ne pour­rais pas ex­pli­quer son ori­gine, mais je vois cette pas­sion comme un jar­din. Tu dois se­mer des graines, t’en oc­cu­per, et tout faire pour que les fleurs poussent. »

Pour ce qui est de ses ad­mi­ra­teurs, Na­nette af­firme être plus près d’eux que ja­mais.

« C’est drôle, j’ai l’im­pres­sion que je les com­prends plus. Je suis là de­puis si long­temps que j’ai l’im­pres­sion qu’ils sont de­ve­nus des membres de ma fa­mille. Je n’avais ja­mais pen­sé à mes fans de cette fa­çon, avant, a-t-elle ad­mis. De pen­ser qu’ils aiment ma mu­sique, ce que je fais même s’ils savent tout de moi, grâce à mon livre, ça me touche. Je les ap­pré­cie vrai­ment. Ils sont es­sen­tiels à mon bon­heur. »

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