DÉ­PAY­SE­MENT TO­TAL

On ne ré­in­vente pas la fa­çon de faire de la co­mé­die, mais on l’ap­prête avec nos épices

Le Journal de Quebec - Weekend - - ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC - De­nise Mar­tel Le Jour­nal de Qué­bec

Jouer dans les cap­sules hu­mo­ris­tiques de lol:-) est sy­no­nyme de dé­fi, et ce, à plu­sieurs pa­liers pour Mar­tin Drain­ville. « C’est du dé­pay­se­ment to­tal, on sort un peu de nos pan­toufles », ad­met-il.

« Comme il n’y a pas de textes, tout re­pose sur le jeu, sur le vi­suel. La grande dif­fi­cul­té est d’ar­ri­ver à ex­pri­mer quelque chose de par­ti­cu­lier sans par­ler et sans tom­ber dans le mime ou la sur­ex­pres­sion. Il ne faut sur­tout pas trop en mettre et faire confiance », af­firme le co­mé­dien, ajou­tant qu’il faut aus­si s’or­ga­ni­ser au plan fa­mi­lial puisque chaque tour­nage à l’étran­ger re­pré­sente une ab­sence de deux à trois se­maines.

Même s’il par­ta­geait une belle com­pli­ci­té avec Pierre Paquin, coau­teur et réa­li­sa­teur, avec qui il tra­vaillait sur Ca­mé­ra ca­fé de­puis plu­sieurs an­nées, Drain­ville a néan­moins pas­sé une au­di­tion. « Pour lol:- ), les be­soins étaient dif­fé­rents. C’était une autre fa­çon de jouer et il fal­lait être en me­sure d’in­ter­pré­ter toutes sortes de per­son­nages dans toutes sortes de si­tua­tions, de la plus dra­ma­tique à la plus lou­foque. »

« Chaque cap­sule, qu’elle dure 15 se­condes ou une mi­nute et de­mie, né­ces­site la même pré­pa­ra­tion. Chaque fois, c’est comme tour­ner un pe­tit film. Quel­qu’un qui zappe en écou­tant la té­lé pour­rait s’ar­rê­ter sur lol:- ) en pen­sant qu’il vient de tom­ber sur un long mé­trage », avance le co­mé­dien, de pas­sage à Qué­bec ré­cem­ment pour par­ler de la po­pu­laire sé­rie qui, l’an der­nier, a at­ti­ré plus d’un mil­lion de té­lé­spec­ta­teurs par se­maine au ré­seau TVA.

Les jour­nées de tour­nage sont tou­jours très longues, sur­tout à l’étran­ger. « On se lève très tôt, genre 4 h, et on fi­nit avec le so­leil, vers 21 h 30. Par­fois, on a de pe­tites réunions après pour par­ler de ce qui nous at­tend le len­de­main, mais il faut qu’on soit quand même un peu au­to­nomes », confie le co­mé­dien.

L’ES­PRIT DE GANG

Ce­ci dit, Mar­tin Drain­ville avoue avoir un plai­sir fou à faire par­tie de l’équipe de

lol:- ) et avoir hâte d’un tour­nage à l’autre. « Le fait de voya­ger tou­jours avec la même gang, ça dé­ve­loppe des liens, sur­tout qu’il ar­rive tou­jours des im­pré­vus. Au Ma­roc, l’an der­nier, il y a 19 des 25 membres de l’équipe qui ont été ma­lades.

« On se voit dans toutes sortes de si­tua- tions et il faut fonc­tion­ner quand même. Il y a une sorte d’in­ti­mi­té, d’es­prit qui s’ins­talle, ça de­vient notre fa­mille à l’étran­ger. On a par­fois l’im­pres­sion de se re­trou­ver avec des amis du se­con­daire », confie le co­mé­dien, ajou­tant que la qua­li­té et la col­lé­gia­li­té du pro­jet en­traînent un réel sen­ti­ment d’ap­par­te­nance à la gang, une belle ami­tié.

En plus de le voir dans lol:- ) toutes les se­maines, les spec­ta­teurs re­trou­ve­ront Mar­tin Drain­ville sur scène dans Les 39

marches, une co­mé­die très écla­tée, pro­duite par De­nise Robert et Steve Gal­lu­cio, qui se­ra pré­sen­tée à Mon­tréal cet été et au Ca­pi­tole de Qué­bec, à l’au­tomne.

lol:- ), pré­sen­tée le di­manche, à 19 h, à TVA

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