LA MU­SIQUE SOURCE DE JOU­VENCE

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Marc-an­dré Le­mieux Agence QMI

MON­TRÉAL | Jean Le­loup a fran­chi le cap des 50 ans en 2011. Mais dans son for in­té­rieur, il de­meure un « p’tit cul ». Nous nous sommes en­tre­te­nus avec l’icône de la pop qué­bé­coise, qui fou­le­ra les planches du Mé­tro­po­lis pour la 25e fois de sa riche et longue car­rière le 3 fé­vrier pro­chain. Il s’agi­ra de la der­nière sup­plé­men­taire de son spec­tacle Elec­tric Voo­do Night, dans le­quel il joue aux cô­tés de ses deux fi­dèles aco­lytes du col­lec­tif The Last As­sas­sins. Vous avez fran­chi le cap de 50 ans en 2011. Était-ce une étape dif­fi­cile à fran­chir? J’ai 50 ans ! Je n’ar­rive tou­jours pas à y croire ! Je ne pen­sais ja­mais me rendre là. J’étais sûr que j’al­lais mou­rir avant ça… Un ac­ci­dent d’au­to ou quelque chose du genre. Je n’ai pas eu la crise de la tren­taine ni celle de la qua­ran­taine. Et je pense que c’est grâce à la mu­sique. Dans ce mé­tier-là, t’es tou­jours dans le même tour­billon : t’écris des tounes, tu montes ton band, tu pratiques, tu te de­mandes si ça va mar­cher… Pis paf ! Ça fonc­tionne ! Ré­sul­tat : tu rem­plis tes salles, tu prends ton cash, pis tu pars en voyage ! J’ai fait le tour du monde plu­sieurs fois. Je re­ve­nais quand je n’avais plus une mau­dite cenne. Pis à chaque fois, je me di­sais : « Criss, je me suis en- core mis dans la merde ! J’au­rais dû être res­pon­sable et m’ache­ter une mai­son ! » Toute cette fo­lie, ça te garde jeune ! Êtes-vous sa­tis­fait de l’ac­cueil que le pu­blic a ré­ser­vé à votre der­nier pro­jet, The Last As­sas­sins? Oui. Ça plaît beau­coup aux gens qui aiment les gui­tares élec­triques, Jim­my Hen­drix, Led Zep­pe­lin et les Whites Stripes. C’est très à gauche. Ce n’est pas de la mu­sique de ma­tante. On a fait un vrai trip al­ter­na­tif avec des gros jams de rock’n’roll. Les fans de tech­no n’aiment pas ça, mais je ne peux rien y faire! Quand tu plais à tout le monde en gé­né­ral, tu ne plais à per­sonne en par­ti­cu­lier. Pour­quoi vous êtes-vous en­tou­ré de Ma­thieu Leclerc et de Virginia Tang­vald pour for­mer The Last As­sas­sins? J’avais en­vie d’écrire avec d’autres per­sonnes pour faire chan­ge­ment. J’ai tou­jours écou­té beau­coup de mu­sique en an­glais, mais je ne parle pas bien la langue. C’est pour ça que j’ai in­vi­té mes chums. Je leur ai dit : Ame­nez-vous ! On va faire un disque en­semble ! » Pour­quoi avez-vous choi­si de chan­ter en an­glais sur cet al­bum? Je n’ai ja­mais trou­vé que le fran­çais et le rock’n’roll fai­saient bon mé­nage. Prends la toune de Step­pen­wolf, Born to Be Wild. En fran­çais, ça donne « Né pour être sau­vage ». C’est pas sé­rieux ! Purple Haze, de Jim­my Hen­drix, ça donne « Va­peur mauve ». C’est moins bon… mais en rou­lant les « r », ça peut être drôle ! Comment votre pu­blic a-t-il évo­lué de­puis vos dé­buts? J’ai tou­jours eu un pu­blic jeune : des ados et des jeunes dans la ving­taine qui aiment la chan­son à texte.

Que pen­sez-vous des ar­tistes qui ac­ceptent que leurs chan­sons soient as­so­ciées à la vente de pro­duits de consom­ma­tion? En dé­but de car­rière, la pu­bli­ci­té, ça ne m’in­té­res­sait pas. Ça ne me ten­tait pas de don­ner mes tounes pour vendre de la bière. J’étais donc po­gné pour faire des shows de deux heures tous les soirs! Mais au­jourd’hui, ce n’est plus pa­reil. Le mi­lieu a chan­gé. Ça ne me dé­range pas de voir que des groupes comme Kark­wa et Ma­la­jube s’as­so­cient à la pub. Je com­prends et je trouve ça ben cor­rect. J’ai com­men­cé à l’époque où les disques se ven­daient beau­coup parce qu’il n’y avait pas d’in­ter­net. Jean Le­loup & The Last As­sas­sins au Mé­tro­po­lis le 3 fé­vrier à 20 h.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.